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Au début des années 40, l'écrivain Paul Morand écrit ce qui reste son livre le plus célèbre, L'homme Pressé, ou l'histoire d'un antiquaire qui mène une vie infernale, refusant de perdre une seule seconde.

A sa sortie, le bouquin connaît un vive succès. En 1970, Jean Yanne envisage d'en tirer une adaptation cinématographique, qui constituerait sa première réalisation. Dans ce but, il rencontre l'ecrivain, avec qui il ne parvient pas à s'entendre.

Dés lors, le projet échoue, pour rebondir sept ans plus tard, sous l'impulsion d'Alain Delon. Ce dernier est également un grand amoureux du livre, dont le personnage central lui plaît beaucoup.

Un rôle qu'il souhaite incarner sur grand écran, dans un long métrage produit par ses soins. Mais, avec ce projet, le comédien souhaite surtout jouer à nouveau avec sa partenaire de l'époque, Mireille Darc, rencontré en 1969 sur le film Jeff.

Il lui offre d'être sa partenaire principale sur ce film, et lui laisse le choix du metteur en scène. L'actrice lui suggère le nom d'Edouard Molinaro, avec qui elle s'est particulièrement bien entendu sur le tournage du film Le Téléphone Rose, sorti deux ans plus tôt.

Alain Delon convoque le metteur en scène, qui accepte très vite le poste, ravi de pouvoir travailler avec le comédien. Une joie de courte durée, puisque l'entente entre Edouard Molinaro et sa star, durant le tournage, ne sera pas aussi idyllique, ce dernier faisant de nombreux caprices et menaçant même de quitter le plateau à plusieurs reprises.

A noter qu'une seconde adaptation sera tourné en 2004, sous forme de téléfilm, dans laquelle Anthony Delon reprendra le rôle autrefois incarné par son père.

Pour cette version de 1977, outre le couple Alain Delon/Mireille Darc, on trouve également au casting Michel Duchaussoy, Marie Déa, la comédienne de théâtre Monica Guerritore, et les apparition de Henry Attal et Philippe Castelli.

Contrairement au livre, qui situe son action durant les années 40 sous l'occupation Allemande, la version cinématographique se déroule à l'époque actuelle.

Collectionneur d'art compulsif, Pierre Noxe passe sa vie à courir après les pièces et objets les plus inaccessibles. Pour lui, seule compte la traque et l'achat de l'oeuvre en question.

Un jour, il fait l'acquisition d'une maison ayant appartenu à la famille de Bois-Rosé. Le lendemain de la vente, une femme débarque dans son appartement en le traitant de voleur.

Il s'agit d'Edwige, l'une des dernières descendantes de la fratrie, qui conteste cet achat. D'abord méfiante, elle ne mettra pas longtemps à tomber sous le charme de Pierre Noxe, jusqu'à se marier avec lui.

Mais, cette homme qui ne cesse de courir n'a que peu de temps à consacrer à l'amour et elle finira pas s'en rendre compte. Ce qui n'empechera pas le collectionneur d'art de continuer l'aventure. Un rythme infernal qui finira par lui ètre fatale.

Malgré son succès à sa sortie, cette adaptation de L'Homme Préssé demeure très peu cité aujourd'hui par les fans d'Alain Delon. Ce qui peut se comprendre en voyant le film qui, il faut le dire, n'a rien de très exceptionnel.

Avec un personnage courant sans cesse après le fait de posséder, dans une société ou l'argent est roi, le spectateur était en droit de s'attendre à une certaine critique du capitalisme.

Mais, il n'en est rien et jamais le scénario ne cherche véritablement à analyser la démarche psychologique de Pierre Noxe, savoir pourquoi il reste sans cesse en mouvement.

Pour autant, difficile de nier que le film tient, malgré tout, la route, en grande partie grâce à la prestation sans faille d'Alain Delon, qui assure à lui seul le spectacle en déployant une énergie communicative.

Ses premiers face à face avec le personnage incarné par Mireille Darc, ou chacun se défient verbalement, sont un bonheur, tout comme certaines répliques, particulièrement bien ciselés.

Les scénaristes de cette adaptation, à savoir Christopher Frank et Maurice Rheims, en profitent pour montrer certaines dérives de la profession, comme dans ce passage en Afrique ou Pierre Noxe et son associé se retrouvent arrété pour avoir ramené en France, sans autorisation, des pièces rares appartenant au gouvernement du pays.

On pourra également juger la réalisation d'Edouard Molinaro assez moyenne. Mais, ce dernier fait néanmoins correctement le job.

Au final, cette adaptation de L'homme Pressé vaut surtout le coup d'oeil pour ses comédiens, en particulier Alain Delon, Mireille Darc et Michel Duchaussoy en associé rusé et complice, ainsi que pour une poignée de scènes particulièrement réussit (notamment cette ou le maire d'une commune vient menacer Pierre Noxe). Pas un grand film, mais, ça reste divertissant.