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Flic durant plusieurs années, Olivier Marchal aspire très vite à autre chose et décide de changer d'orientation à la fin des années 80. Il prend des cours de théâtre et apparait pour la première fois en tant qu'acteur dans le film Ne Réveillez Pas un Flic Qui Dort.

Après avoir quitté en 1994, il commence à enchainer les rôles pour la télévision, notamment dans la série Quai N°1. Six ans plus tard, il devient scénariste de plusieurs séries ou épisodes de séries.

Son travail lui permet bientôt de passer a la mise en scène, avec des films comme Gangsters ou 36 Quai Des Orfèvres. Tout en continuant à faire l'acteur, il développe ses propres projets, comme les séries Flics ou Braquo, qu'il créé en 2010.

Un an plus tard, sort son troisième long métrage, tiré de la véritable histoire de ce qu'on appelé Le Gang Des Lyonnais. Pour ce film, Olivier Marchal s'est surtout inspiré des mémoires d'un ancien mafieux nommé Edmond Vidal.

A l'origine, le réalisateur prévoit d'en tirer un film en 2 parties, à la manière du biopic sur Mesrine. La partie 1 sera concentré sur les jeunes années, et la seconde sur des retrouvailles des membres du gang des années après.

Alain Delon est partant pour jouer le rôle d'Edmond Vidal âgé, tandis que Nicolas Duvauchelle, qui connaît l'univers d'Olivier Marchal puisqu'il figure au casting de sa série, Braquo, prendra les traits du même personnage, mais, dans sa jeunesse.

S'étant lié d'amitié après avoir tourné avec lui Le Fils A Jo, le réalisateur engage également Gerard Lanvin qui doit incarner un gangster, et donner la réplique à Bernard Giraudeau. Les deux comédiens reformeraient ainsi un nouveau duo des années après avoir joué ensemble dans Les Spécialistes.

Malheureusement, les choses vont se dérouler tout autrement. Préférant se consacrer à sa pièce de théâtre, dont la première doit débuter sous peu, Alain Delon décide de quitter le casting. Certains murmurent que le réalisateur et son acteur ne parvenait pas à s'entendre.

Quoi qu'il en soit, Olivier Marchal demande à Gerard Lanvin si il est partant pour le rôle principale. Celui-ci accepte volontiers, d'autant qu'il avait déjà incarné Edmond Vidal trente ans avant dans un téléfilm baptisé La Traque et avait noué des liens d'amitié avec le bonhomme.

Tout semble donc aller pour le mieux, mais, quelques semaines avant le début du tournage, c'est Bernard Giraudeau, trop malade pour pouvoir continuer, qui doit abandonner.

Il décédera peu de temps après et Olivier Marchal lui dédiera le film. Le film, baptisé Les Lyonnais, ne comporte alors plus qu'une seule partie, composé de flash-back qui alterne entre le présent et le passé, plus précisément les années 60 et surtout 70.

Outre Gerard Lanvin, on trouve également au casting quelques routard du cinéma Français, de vraies "gueules" de cinéma souvent peu ou mal utilisé par les réalisateurs : Tcheky Karyo, Lionel Astier, Daniel Duval et Patrick Catalifo, sans oublier la participation d'Etienne Chicot. Quant aux flash-backs, ils mettent notamment en scène Dimitri Storoge, Simon Astier, François Levantal, Francis Renaud, sans oublier Manu Lanvin, le propre fils de Gerard Lanvin.

L'histoire commence durant une réception donnée par Edmond Vidal, que ses proches surnomment Momnon. Il s'agit d'un ancien mafieux désormais rangé et qui coule des jours paisibles au côté de sa femme. Mais, la réapparition d'un de ses ancien camarade, Serge Suttel, disparu depuis 13 ans, va bouleverser cette vie tranquille. 

A peine à t il reprit contact avec sa fille qu'il est immédiatement embarqué par les flics et condamné à la prison. Ayant des liens d'amitié presque familiaux avec lui, Momnon ne peut se résoudre à laisser Serge croupir en prison. Mais, l'homme à également fait une promesse à son épouse le jour ou il a cessé toute activité. C'est pourquoi il laisse faire un gang de jeunes braqueurs.

Mais, les choses se passent mal et, si Serge est effectivement libéré, l'histoire ne fait que commencer. En parallèle, on découvre les jeunes années de Momnon, Serge et toute la bande des Lyonnais. Leur rencontre, leurs activités au sein du S.A.C, puis, les braquages en série, les tabassages durant les gardes à vues par des policiers essayant de les faire parler, ou la prison.

Avant tout, Les Lyonnais est un film de personnages, notamment Edmond Vidal, présenté comme un individu très diffèrent de ses camarades.

Alors que ces derniers sont des loups solitaires, cumulant les conquêtes d'un soir sans attaches, des truands sans états d'âme, sans principes, lui est un homme qui n'aura qu'un seul amour, son premier et dernier à qui il promets, dès le premier soir, de finir sa vie avec elle.

Momnon refuse de toucher à la drogue ou de tuer sans raison. Il ne le fera que si on le menace directement ou si on touche à sa famille et à ses proches. C'est un type loyal envers les autres qui place l'amitié et la fidélité en premier dans son échelle de valeur.

Au bout de quelques années, il deviendra père de famille et, malgré les galères, lui et sa compagne resteront liés l'un à l'autre.

Malheureusement, ses valeurs ne correspondent pas forcement à celles de ces camarades. C'est ce qu'il va découvrir dans la partie ou il est plus âgé.

Avec Les Lyonnais, Olivier Marchal met de côté la police qu'il avait mis en scène dans ses deux précédents films pour se placer du côté des truands. Malgré tout, on trouve tout de même dans Les Lyonnais quelques personnages de policier.

Fresque ambitieuse, le film pâtit parfois d'un montage quelques peu rapide, et le fait d'alterner constamment entre le passé et le présent peut agacer, pourtant, l'ensemble est suffisamment prenant pour que ça passe. 

Pour Les Lyonnais, Olivier Marchal offre un très grand personnage à un Gerard Lanvin absolument formidable en parrain désabusé. Mais, surtout, il redonne une vraie présence à Tcheky Karyo, acteur sous-estimé chez Luc Besson et qui trouve ici, dans l'univers du réalisateur, un personnage totalement à sa mesure. D'une présence incroyable malgré peu de dialogues, l'acteur est ici absolument parfait et obtient sans doute son meilleur rôle.

Très sombre et parfois violent, Les Lyonnais peut sans peine être considéré comme une vrai tragédie mafieuse réussi et un très grand film français.

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Après ce film, Olivier Marchal mettra sa carrière de réalisateur en pause et préfèrera faire l'acteur pour d'autres. Ce n'est qu'en 2017, soit six ans après Les Lyonnais, que le bonhomme fait son retour derrière une caméra avec Carbone.

le réalisateur s'inspire, encore une fois, d'un fait divers réel, survenu en 2008. A l'époque, l’Union Européenne décide d’imposer une taxe aux entreprises considéré comme les plus polluantes en Europe. Un impôt qu’elle peuvent se faire rembourser sous certaines conditions, comme le contrôle des émissions de gaz à effets de serres.

Les entreprises doivent s’engager via un formulaire à remplir sur Internet. Des truands en profitent pour s’engouffrer dans la brèche. Au total, plus de 5 milliards sont détournés dans toute l’Europe. Au bout d’1 an, toute la bande est attrapé et conduit directement en prison, mais, une bonne partie de l’argent ne sera jamais retrouvé.

"Ce qui m'a intéressé dans cette affaire c'est de savoir comment des petits escrocs avaient eu cette idée brillante. Ils ont été obligés de s'acoquiner au grand banditisme. C'est cette partie qui m'a intéressé", expliquera l’ancien policier lors de la sortie du film.

Au casting de Carbone, on trouve notamment Benoit Magimel, Gerard Depardieu, le rappeur Gringe, Laura Smet, Michaël Youn, la chanteuse Dani et Patrick Catalifo.

Le film tourne autour d’Antoine Rocca, un chef d’entreprise sur le point de perdre l’affaire familiale dont il a hérité à la mort de son père.

Si l’homme est déjà dans la panade au niveau professionnel, sa vie personnelle n’est guère plus réjouissante.

Son union avec la fille de l’homme d’affaire Aron Goldstein l’oblige à côtoyer régulièrement cet homme froid et autoritaire qui voit son gendre comme un raté.

Et ce n’est pas la femme d’Antoine Rocca, qui vit sous la crainte de son paternel, d’ou viendra un quelconque soutien.

 Un jour, l’ami d’Antoine, le financier Laurent Melki, lui explique le principe de la TVA sur les quotas de carbone dans les entreprises de l’Union Européenne. 

Le chef d’entreprise a alors une idée : Organiser une gigantesque fraude permettant de détourner l’argent de la taxe à son propre profit.

Antoine Rocca met alors plusieurs personnes dans la combine et tous décident d’aller emprunter une somme conséquente à Kamel Dafri, figure redoutée du grand banditisme.

Toute la bande l’ignore, mais, cette décision va sceller leurs destins.

"En fait, je ne suis pas très intéressé par les escrocs. Les voyous, les braqueurs eux me fascinent parce que j'estime qu'il faut malgré tout du courage pour choisir cette vie-là. C'est donc de très loin que j'avais suivi cette affaire d'arnaque européenne à la taxe carbone. En préparant le film, j'ai vraiment découvert les ressorts du dossier et j'ai compris que c'était une escroquerie très brillante mais aussi très complexe".

Des propos tenus par Olivier Marchal lui-même à la sortie du film et qui promettait une œuvre aussi noire, violente et sans espoir que ses précédents films.

Malheureusement, Carbone est tout le contraire de ça. Pour la première fois, Olivier Marchal signe un film terriblement prévisible sur un sujet qu’il ne semble absolument pas maitrisé.

Personnellement, avec Carbone, j’avoue ne pas avoir reconnu le style habituel du réalisateur.

Ce dernier ne semble d’ailleurs pas du tout à l’aise avec cette histoire. Il faut dire que le film patit de nombreux défauts : D’abord, ces titres rap balancé n’importe comment dans plusieurs scènes et qui ne cadrent pas avec le sujet. Un choix que l’on doit sans doute à Gringe, ce dernier en profitant pour faire la promotion de ses morceaux et ceux de son pote Orelsan.

On peut regretter aussi le choix de certains acteurs, comme Benoit Magimel ou Gerard Depardieu. Le premier n’est pas franchement charismatique dans le rôle d’Antoine Rocca, tandis que le second nous sort son numéro de méchant en jouant le beau-père envahissant qui n’avait pas grand-chose à foutre dans cette histoire.

Quant à Michaël Youn, si utiliser l’amuseur/acteur dans un rôle à contre-emploi était une bonne idée, son personnage est trop peu présent pour susciter l’adhésion.

Au final, Carbone est une œuvre décevante. Olivier Marchal passe à côté de sujet et transforme une histoire qui aurait pu être intéressante en thriller sans intérêt.