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Pour beaucoup, le nom de Caleb Carr n’évoque pas grand-chose. Pourtant, l’homme est considéré comme un des grands auteurs de polar actuel.

Dans les années 90, il reçoit plusieurs récompenses pour son second roman, The Alienist, dont le grand prix de littérature policière.

Etrangement, ce n’est qu’en 2018 et sous forme de série que le bouquin se voit adapté. A la production, on trouve plusieurs noms connus, dont celui d’Hossein Amini, Eric Roth, et, surtout, Cary Joji Fukunaga, déjà responsable de la première saison de True Detective ainsi que de la mini-série Maniac.

Au casting, on trouve l’acteur d’origine Allemande Daniel Brühl, révélé par le film Good Bye Lenin ! et revu depuis dans Rush de Ron Howard ou Captain America Civil War des Frères Russo.

A ses côtés, figure Dakota Fanning, qui a bien grandie depuis Man On Fire et La Guerre Des Mondes, Luke Evans, apparu ces dernières années dans pas mal de longs métrages comme Fast And Furious 6, Dracula Untold ou le film d’horreur Ma, et Ted Levine, l’inoubliable serial killer du film Le Silence Des Agneaux. 

A noter également les participations de Michael Ironside et Q'orianka Kilcher, qui jouait Pocahontas dans Le Nouveau Monde de Terrence Malick.

Dans l’Amérique de la fin du 19ème siècle, la société est en plein bouleversement. Alors que la psychologie commence doucement à se développer, des spécialistes des maladies mentales se mettent à exercer. On les appelle des aliénistes. Le Dr Laszlo Kreizler fait partie de ces nouveaux praticiens, pas toujours très reconnu par la société civile.

L’homme possède une institution spécialisée et un cabinet à New York. Si le peuple ne le voit pas toujours d’un bon œil, c’est aussi le cas de la police locale, le Dr Kreizler ayant la fâcheuse habitude de se mêler aussi de certaines affaires criminelles.

Pourtant, avec l’arrivée du jeune Théodore Roosevelt comme commissaire, les choses changent. Ce dernier est bien décidé à éliminer la corruption qui gangrène la ville. Tandis que plusieurs meurtres sauvages sont commis, il charge le Dr Kreizler de mener l’enquête. Pour l’aider, l’aliéniste pourra compter sur son meilleur ami, John Moore, ainsi que sur Sarah Howard, la secrétaire de Théodore Roosevelt. Un trio de choc pour une affaire qui va plonger Laszlo Kreisler dans un véritable cauchemar.

Contrairement aux apparences, la première saison de l’aliéniste va bien au dela d’une simple enquête policière. Les responsables invitent le spectateur dans une véritable plongée des bas-fonds pauvres et crasseux d’une ville ou des jeunes garçons orphelins sont vendus à des bordels miteux, déguisé en fille et balancé sur le trottoir ou ils feront, pour de riches clients, « tout ce que les filles refusent de faire ».

Pendant ce temps, la police corrompue fait sa propre loi. Autant dire que l’arrivée d’un responsable bien décidé à remettre de l’ordre n’est pas forcement bien vu.

Les obstacles seront nombreux pour le Dr Kreizler, John Moore et Sarah Howard. Parmi leurs ennemis, l’ancien commissaire Thomas F. Byrnes, homme aussi intelligent que violent, qui fera tout pour que rien ne change.

L’Aliéniste s’appuie également beaucoup sur la psychologie de ses trois personnages principaux. D’abord le Dr Kreizler, homme extrêmement intelligent, susceptible (il pique d’énormes colères quand il est contredit) et trop sûr de lui, ce qui sera sa plus grande faiblesse.

John Moore, son ami, est un homme né dans une bonne famille, mais, c’est également un lâche incapable de prendre de grandes décisions, y compris pour lui mème. D’ailleurs, lors d’un épisode, il se retrouve enfermé dans la chambre d’une maison close, attaché et soumit sexuellement à plusieurs employés, mais, ne parlera jamais par la suite de ce qui s’est passé.

Sarah Howard reste sans doute le personnage que j’ai préféré dans cette saison. Malgré sa stature de jeune femme fragile, c’est une personne de caractère dont le comportement tranche avec celui de l’époque. Indépendante et forte en apparence, elle est également très intelligente, mais, parfois, un peu trop fonceuse. 

Porté par un très bon casting et une ambiance aussi sombre que menaçante évoquant parfois le film Seven de David Fincher, la saison 1 de l’Aliéniste demeure aussi captivante que réussi.

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Dés son lancement, le programme connait un grand succès et vaut plusieurs prix à ses comédiens.

En 1998, Caleb Carr décide de donner une suite à son roman. Un nouvel opus qui sert de base pour une seconde saison.

Sous titré Angel Of Darkness, cette saison 2 réunit la plupart des comédiens de la saison précédentes, a savoir Luke Evans, Daniel Brülh, Dakota Fanning, ou Ted Levine.

L’histoire se situe toujours à New York, mais, nous emmène quelques années après les évènements de la saison 1.

Sarah Howard est désormais à la tète de sa propre agence de détective. Elle y emploie plusieurs femmes et travaille sur diverses affaires. De son coté, John Moore bosse comme journaliste pour le New York Times, et s’apprête à se marier bientôt avec la fille d’un riche homme d’affaire. Quant au Dr Lazlo Kreizler, ce dernier a laissé partir la plupart de ses employés de maison (dont l’un tient désormais un bar avec sa fille dans un quartier trouble de la ville) et il vit désormais seul.

Lorsque la saison commence, le trio se retrouve à l’occasion du procès de Martha Knapp, une femme accusée d’avoir assassiné son bébé.

Malgré le fait qu’aucun corps n’ait été retrouvé, la justice la déclare coupable. Sarah, John et Lazlo sont les seuls a la croire innocente, mais, ça ne suffit pas et Martha est finalement la première à ètre executé dans une chaise electrique, devant un assistance aussi effrayé que fasciné.

Le trio pense l’affaire terminée jusqu’à ce que Sarah soit convoqué chez Les Linares, une famille riche venue d’Espagne.

Ces derniers viennent de se faire voler leur bébé. La détective engage alors ses camarades dans une mission qui leur réserve bien des surprises.

Cette saison 2 prend le pari de changer de personnage central, Sarah Howard remplaçant le Dr Kreizler. Cela permet d’approfondir un membre du trio jusque la à peine esquissé, comme l’explique Dakota Fanning lors d’une interview :

. «Cette nouvelle saison montre que Sarah Howard a du mal à être prise au sérieux en tant que détective féminine et qu’elle découvre ce que signifie être une femme indépendante et les sacrifices que cela implique. Ce n’est pas toujours facile de faire ce qu’il faut et de parler pour ceux qui ne peuvent pas utiliser leur voix. Sara utilise son privilège pour faire cela. C’est une valeur fondamentale pour elle et je suis très fière de jouer ce personnage » .

Contrairement à la première saison ou l’enquête prenait une bonne place, elle est ici resolu dés le 5ème épisode. C’est véritablement la personnalité complexe de la coupable qui fait finalement tout l’intérêt de cette saison 2, et qui va poser beaucoup de problèmes au trio d’enquêteurs.

D’une manière général, Angel Of Darkness s’avère assez différent de la première saison, même si l’ambiance est toujours aussi sombre vu que le scénario aborde des bébés assassinés et mutilés selon un rituel bien précis (pas besoin de trop en montrer, les photos en noir et blanc suffisent à installer le malaise).

Au cours de cette aventure, Sarah Howard va en apprendre plus sur elle même et devoir faire des choix cruciaux.

Certains pourront tout de même reprocher, a raison, que la romance entre la détective et John Moore (déjà sous jacente dans la saison 1 prennent ici plus de place.

Ca n’empêche pas The Angel Of Darkness d’être une très bonne suite à une excellente série. En attendant peut être de retrouver un jour le trio si Caleb Carr parvient à terminer l’écriture de son troisième tome.