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Le nom de Jeannot Szwarc évoque, pour beaucoup, des comédies Françaises pas vraiment mémorables tournées dans le milieu des années 90, tels que La Vengeance D’Une Blonde ou encore Hercule et Sherlock.

Pour d’autres, le nom du réalisateur est associé à des films comme Les Dents De la Mer 2 ou encore Supergirl, avec Faye Dunaway.

Bref, une filmographie peu glorieuse pour un cinéaste qui, au cours de sa carrière, a tenté de s’illustrer dans presque tous les genres, avec plus ou moins de succès.

Mais, s’il est un long métrage qui bénéficie d’une bonne réputation parmi toutes les réalisations de Jeannot Szwarc, c’est bien Les Insectes De Feu.

Nous sommes en 1973 et le réalisateur Français, partit étudier le cinéma aux États Unis, vient de tourner son premier long métrage, baptisé Extrême Close Up. Un film écrit par Michael Crichton sur le thème du voyeurisme, inspiré par Fenêtre Sur Cours d'Alfred Hitchcock, qui ne connaîtra pas un grand succès.

Ce qui n’empêche pas l’œuvre d’être vu par quelques professionnels d’Hollywood, parmi lesquels le producteur, scénariste et réalisateur William Castle.

Depuis le succès de Rosemary’s baby, qu’il a produit et dans lequel il a également joué, celui-ci multiplie les projets, dont peu se concrétiseront.

Sous contrat avec la société Paramount, il propose à ses dirigeants une adaptation du livre de science-fiction The Hephaestus Plague, écrit par Thomas Page et sortit en 1973.

Ces derniers acceptent et William Castle se met immédiatement à l’écriture d’un scénario, avec l’aide de l’auteur de bouquin original. Sa rencontre avec Jeannot Szwarc convaincra le producteur qui lui laissera la réalisation de Bug, qui arrivera chez nous le titre Les Insectes De Feu.

Le film restera comme le dernier long métrage de la carrière de William Castle, puisque celui ci décèdera un an après le tournage.

Pour cause de budget trop modeste, le long métrage ne contient aucune star, mais, on y trouve, malgré tout, quelques comédiens solides, parmi lesquels Bradford Dillman qui, à cette époque, entame un virage vers les petites productions horrifiques (on le retrouvera au générique de Piranah et L’inévitable Catastrophe, quelques années plus tard), ou Johana Miles, dont c’est la première apparition, et qu’on reverra par la suite dans New York Ne Répond Plus, au coté de Yul Bruner, ou Judge Dredd, version Sylvester Stallone.

L’histoire se déroule dans une petite ville Américaine, dont la tranquillité vole en éclat après un violent tremblement de terre.

Si la secousse fait peu de dégâts, elle provoque une énorme fissure a proximité d’un champ. C’est par cet endroit que des insectes d’une forme très ancienne et inconnue s’engouffre et découvre la ville.

Particularité de ces charmantes créatures, elles sont capables de prendre feu instantanément. Face aux nombreuses morts et aux incendies à répétions, la panique s’installe vite dans la ville. Le professeur James Parmiter, qui officie dans le lycée du coin, décide d’étudier ses créatures aux facultés pour le moins surprenantes.

Les Insectes De Feu est un film assez particulier. La première partie se montre très classique , et rappelle certaines productions des années 50.

On oscille entre le sympathique divertissement, avec quelques scènes fortes (le chat qui se fait cramer la tête, la fille et son oreille brulée), mais, aussi quelques maladresses qui manquent de plonger le film dans le comique involontaire (quelques stock shot, le professeur qui parle à son écureuil, la femme et sa perruque qui flambe dans sa cuisine).

Puis, arrivée à moitié du long métrage, le ton change brusquement et on comprend mieux pourquoi le film garde encore une bonne réputation aujourd’hui.

Au lieu d’avoir un esprit de vengeance suite à la mort de sa femme, Le Professeur Parmiter décide de s’enfermer dans une cabane isolée, avec quelques-uns de ses créatures.

Certains trouveront sans doute cela illogique, mais, ça permet au film d’adopter un traitement plus intimiste, puisqu’hormis l’attaque d’une amie du héros, le film se concentre uniquement les observations du professeur quant à ses créatures inconnu.

Une expérience qui influera également quelque peu sur sa santé mentale, comme si les insectes prenaient le contrôle de son esprit, ce que sous-entend le scénario lors d’une scène ou le professeur épelle des lettres que forment ensuite les créatures, par mimétisme.

Dés lors, il est regrettable que la scène finale fasse retomber le film dans le coté divertissement un peu maladroit de la première partie.

Parfois maladroit et pas toujours bien interprété, Les Insectes De Feu est plus une curiosité du cinéma, une série B dont le principal mérite est de tenter de se démarquer des habituelles histoires d’agressions animale, ce que le film ne parvient pas toujours à faire.