hanging rock

En 2018, la chaîne Américaine Showtime lança une adaptation du roman de Joan Lindley, Pique-Nique A Hanging Rock, sous forme de minisérie.

Mais, beaucoup se rappelèrent qu'il existait déjà une première version, réalisé en 1974 par Peter Weir.  

A cette époque, le réalisateur s'était fait remarquer avec un premier film atypique, Les Voitures Qui Ont Mangé Paris.

Deux ans plus tard, il choisit de porter à l'écran le roman de Joan Lindsay.

Avec un financement assuré par des fonds publics et un casting Australien et Anglais, le cinéaste nous emmène en 1900, dans une petite bourgade paisible nommé Hanging Rock.

Le jour de la saint valentin, plusieurs jeune filles du pensionnat d'Appleyard participent à un pique-nique, sous la supervision d'un de leur professeur. Le temps est magnifique et le lieu de l'événements, précisément au pieds des collines, superbe.

Pourtant, cette journée va rapidement prendre une tournure beaucoup plus inquiétante. A peine installées sur le site, plusieurs personnes remarquent que leur montre s'est arrêté, comme si le temps s'était figé.

Curieuse de découvrir l'endroit, Miranda et trois de ses camarades décident de partir en exploration vers les rochers, en prenant pour prétexte une baignade. A mesure que le temps s'écoule, tout le monde semble être prit d'une envie de dormir.  

Le soir mème, Madame Appleyard, la directrice, commence à s'inquiéter du fait qu'aucune des participantes du pique-nique ne soit revenus. Les heures passent et enfin, la calèche emmenant le petit groupe refait surface. Seulement, il manque trois personnes, dont le professeur accompagnant le groupe.

Seule une des filles sera finalement retrouvée plus tard par les policiers, en pleine crise d'hystérie et refusant de dire quoi que ce soit.

Les recherches s'organisent alors pour retrouver les disparues. Mais, le mystère s'épaissit de plus en plus.

Plusieurs flics interrogent la survivante, qui finit par expliquer qu'elle à croisée pour la dernière fois son professeur en petite tenue, gravissant la colline.

Au bout de quatre jours, devant le manque d'indices, les recherches sont abandonnées. Un jeune Anglais dont la famille est en vacances dans la région, et qui a croisé les filles le jour du drame, décide de mener son enquète.

Au final, deux élèves resteront à jamais introuvable et les répercussions de cette tragédie sur les habitants du coin, ainsi que sur l’école d'Hanging Rock, seront gravissime.

A la découverte de cette histoire, une question se pose : Tout cela est-il vrai ou non ? Une question qui restera à jamais sans réponse, l'auteur du roman original elle-même préférant garder un certain mystère sur tout cela.

Peter Weir signe avec cette adaptation une œuvre très étrange, à mi-chemin entre le fantastique onirique et le drame psychologique.

Un long métrage qu'on peut clairement diviser en deux parties. La première est, à mon sens, la plus forte, puisque le réalisateur y dépeint les circonstances du drame. La première image nous montre deux jeunes filles dans une chambre du pensionnat. Elles y récitent un poème d'Edgar Allan Poe, puis, un simple dialogue suffit à dépeindre l'attachement et la tendresse existant entre les deux filles.

L'une d'elle, à cause d'une punition concernant un devoir non fait, n'accompagnera pas sa camarade au pique-nique. La seconde n'en reviendra jamais.

Peter Weir installe une sorte de malaise à peine le groupe arrivé, à grand renfort de plan inquiétant, sur les fameuses collines. Au cours de leur exploration, les jeunes filles semblent progressivement comme hypnotisée alors qu'elles avancent vers le sommet, tandis que d'autres élèves semblent pris d'une fatigue intense.

Encore une fois, quelque chose semble avoir arrêtée le temps et enveloppe progressivement le petit groupe d'une aura inquiétante.

La seconde partie débutera après la découverte d'une survivante, alors que les recherches viennent d’être abandonnés et que le jeune Anglais s’est retrouvé étrangement inconscient et blessé sur les fameuses collines.

A partir de ce moment, Peter Weir dépeint les retombées que ce drame provoque chez les personnes de l'entourage.

Le pensionnat commence considérablement à perdre de son prestige ; Alors que les parents des jeunes filles restantes les retire une par une, les professeurs finissent par démissionner.

Pendant ce temps, la directrice sombre dans l’alcool, Quant à la fille qui partageait la chambre de Miranda, elle finit par se suicider, inconsolable après la perte de son amie, seule et menacé de retourner dans l'orphelinat d'où elle vient.

L'une des scènes les plus terribles de cette seconde partie est sans doute celle ou la seconde survivante de la tragédie vient saluer ses camarades avant de quitter le pays définitivement avec sa famille.

Alors que le professeur propose quelques minutes de liberté aux élèves qui veulent saluer leur camarade une dernière fois, un silence se fait, remplit de reproches à travers les regards.

Puis, c’est une véritable scène d’hystérie, ou des filles se jettent sur la pauvre survivante en l'inondant de questions sur le déroulement précis des évènements.  Une violence qui terrifiera à ce point l'une des enseignantes qu'elle quittera son emploi.

Sans jamais chercher à donner d’explication sur les évènements, Peter Weir signe un très grand film, très bien interprété, ponctué d'images allant du magnifique (la nature) au terrible (le suicide de la fille).

Une œuvre unique, envoutante, complexe, terrifiante, onirique, qui à connut un grand succès dans son pays d'origine à sa sortie et n'a rien perdu de son impact fascinant et singulier, le tout porté par une bande originale ou se mélange du classique avec la musique de Ludwig Van Beethoven, de la flute de pan avec un disque de Georges Zamfir, et enfin, des compositions un peu plus contemporaines dues à Bruce Smeaton.

A l'heure actuelle, j'ignore ce que vaut la nouvelle version, mais, une chose est certaine, c'est que le film de Peter Weir reste un long métrage à connaitre absolument.

virgin suicidesParmi les œuvres influencés par Pique-nique à Hanging Rock de 1975, il y a incontestablement Virgin Suicides, réalisé par Sofia Coppola dans les années 90 (les deux oeuvres sont, sur la forme, assez similaire).

Après être apparue brièvement dans quelques films de son père, Francis Ford Coppola, comme Peggy Sue S'est Marié ou Rusty James, notamment, la jeune femme décide de se lancer dans l'aventure d'un long métrage à la fin des années 90, après s'être fait la main sur un court métrage.

Evidemment, tout le monde attend la nouvelle réalisatrice au tournant. Il faut dire que Sophia Coppola n'a pas choisi un sujet simple, puisque Virgin Suicides traite du suicide adolescent, un thème encore relativement tabou et peu traité dans le cinéma contemporain.

Adapté d'un roman de Jeffrey Eugenides, le film réunit un beau casting, puisqu'on retrouve notamment James Woods, Kathleen Turner, Josh Hartnett, Kirsten Dunst et dans de courtes apparitions, Danny De Vito, Giovanni Ribisi, Scott Glenn et Hayden Christensen, le tout produit par le papa, Francis Ford Coppola.

L'histoire se déroule dans les années 70, dans une charmante bourgade, ou le quotidien est soudainement bouleversé par la tentative de suicide d'une jeune adolescente de 13 ans, Cecilia Lisbon. Elle parviendra heureusement à en réchapper.

Pour lui remonter le morale, ses parents organisent une soirée, mais, personne ne fait vraiment attention à Cécilia, les garçons n'ayant d'yeux que pour se sœurs plus âgées.

Se sentant mal dans sa peau et abandonnée, la jeune fille montera dans sa chambre, et sautera par la fenètre avant de s’empaler sur les grilles devant la maison.

Sous le choc, sa famille tente de surmonter le chagrin, tandis que les autres filles Lisbon commencent à avoir des envies de liberté et d'évasion.

Après le bal de fin d'année, l'une des filles passera la nuit avec un garçon, ce qui déclenchera un événement qui sera décisif dans le destin des adolescentes.

Chronique tragique en forme de rêverie, sur fond de rock'n roll, , Virgin Suicides reste une œuvre intemporelle et tout simplement marquante sur un sujet pour le moins difficile.

Dans la peau des parents, James Woods et Kathleen Turner effectue une grande performance, car, tous deux sont tellement engoncé dans leur principe qu’ils ne voient pas le mal être de leur enfant et la tragédie que leur comportement finit par provoquer. 

Virgin Suicides est une œuvre assez particulière, lente et mélancolique, mais, si on accepte simplement de se laisser porter, le voyage en vaut vraiment la peine. Assurément, un très grand film, peut être le meilleur de sa réalisatrice.