&merican horror storyJusqu'ici, on avait eut droit à des séries à sketchs (je pense, notamment, aux Contes De la Cryptes ou à la Quatrième Dimension). mais, avec American Horror Story, Ryan Murphy et Brad Falchuk change la donne et inventent un nouveau concept.

Concrètement, une histoire s'étale sur une saison entière, avec un début et une fin. Et si certains comédiens reviennent dans d'autres saisons, c'est pour incarner des personnages totalement différents.

Aujourd'hui, je vais vous parler de la saison 1, lancé en 2011 sur la chaîne Américaine FX, et baptisé par les fans Murder House.

Ce n'est pas la première fois que Ryan Murphy et Brad Falchuk travaillent ensembles. Le duo compte déjà à son actif la série Nip/Tuck sur le quotidien, pas toujours reluisant, de deux chirurgiens esthétiques.

Avec Américan Horror Story, ils ont, cette fois, l'ambition de créer une vraie série horrifique et bénéficient d'une relative liberté.

Pour cette première saison, le duo se lance dans un véritable pari : Raconter une histoire de maison hanté étalé sur la longueur, soit, donc, douze épisodes d'environ 45 à 50 minutes environ.

Au casting, on retrouvent, aussi bien, des comédiens à la carrière bien rodé, comme Dylan McDermott, Connie Britton, Zachary Quinto, France Conroy, Jessica Lange ou Denis O'Hare que de jeunes acteurs, parmi lesquels Evan Peters, Taissa Farmiga, ou Kate Mara. 

Signalons également la participation, entre autres, de Mena Suvari, Charles S. Dutton, Lily Rabe et Eric Close.

L'histoire commence de manière classique, dans la tradition des films de maison hanté. Espérant se racheter d'avoir trompé sa femme avec une étudiante, le psychiatre Ben Harmon emménage avec son épouse et sa fille adolescente, Violette, dans une maison ancienne. Le but de cette nouvelle vie est de reconstruire une famille plutôt désunie. Mais, bien évidemment, la bâtisse est hanté et les esprits présents sont bien décidé à faire vivre aux Harmon un véritable cauchemar.

Raconté de cette manière, il est certain que Murder House ne se montre guère excitant. Mais, pour que l'entreprise réussisse, Ryan Murphy et Brad Falchuk savent qu'ils ne doivent pas rester sur des sentiers balisés.

Si le début du premier épisode demeure assez classique, avec ses deux jumeaux tètes à claques pénétrant dans la maison par défi et se faisant bouffer par une étrange créature dans la cave, la suite l'est moins.

Toutes bonnes séries doit avoir des personnages crédibles, et c'est parfaitement le cas ici. Passé un générique macabre en diable, on découvre une famille alors qu'ils sont encore dans leur ancien appartement.

Rentrant de son rendez vous avec le gynécologue, Vivian Harmon, une femme encore traumatisé par sa fausse couche récente, découvre son mari, Ben, au lit avec une jeune fille.

On ne verra rien de cet acte infidèle, mais, la réaction de l'épouse suffit. Lorsque la famille emménage dans la nouvelle demeure, le mari jure à sa femme qu'il s'en veut. mais, Ben apparaît vite comme un homme faible.  

Tout le long de la saison, il tentera le maximum pour maintenir sa famille unie, quitte à mentir. Mais, plus il s'acharnera et plus il échouera, refusant de voir la réalité en face.

Il perdra, notamment l'estime de sa fille Violette, une adolescente dépréssive qui se consolera dans les bras d'un certains Tate, sans imaginer qu'il s'agit d'un des fantômes de la maison. 

Le jeune homme prétend avoir tout oublié de l'époque ou il était vivant. Il faut dire qu'il est responsable d'un véritable massacre dans un lycée, et d'avoir immolé son beau père par le feu.

Tate n'est pas le pire des esprits qui hante cette demeure pas comme les autres. Un endroit remplit d'un passé criminel particulièrement chargé, qui nous est dévoilé à chaques débuts d'épisodes.

Construite, dans les années 20, par un médecin qui a véritablement perdu la tète suite à la mort de son enfant, retrouvé démembré après un kidnapping, l'endroit à ensuite connu des meurtres en pagailles. Une infirmière et une étudiante ont été massacré en 1968, une femme à tué son mari et la maîtresse de celui ci dans les années 80, un homme à vu sa femme et ses enfants immolés par le feu au milieu des années 90, et enfin, un couple gay à été assassiné par un étrange personnage vêtu d'un costume en latex noir, quelques temps avant l'arrivée de la famille Harmon.

Mais, la vraie particularité de cette maison vient surtout du fait que l'esprit des personnes décédé dans la bâtisse reste, à jamais, enfermé dans cette demeure maudite. Un endroit qui nourrit du regret et de la souffrance.

C'est, plus ou moins, ce qui relie les nombreux esprits de cette maison, au delà de leur différences (leur coté démoniaque, ou non, dépend de ce qu'ils étaient dans leur vivant).

Seul personnage véritablement au courant de la vraie nature de la maison, Constance, une étrange voisine. Cela n'a rien d'étonnant quand on découvre son passé, qui contient aussi quelques cadavres et demeure fortement lié à la maison.

Dans ce rôle trouble de femme de caractère, Jessica Lange demeure absolument parfaite. Le reste du casting ne démérite pas non plus, notamment Evan Peters, qui incarne un personnage flippant à souhait et pouvant passer de la douceur, au point qu'on aurait presque pitié de lui, à la folie la plus meurtrière. Tout les comédiens sont excellents, mais, je voulais accorder une mention spéciale à Kate Mara.

La comédienne, qu'on a vu dans quelques films comme Le Secret De Brokeback Mountain, ou Shooter Tireur D'Elite, incarne dans Murder House, la fameuse étudiante avec laquelle Ben Harmon trompe sa femme.

Prénommé Hayden, il s'agit d'une jeune fille éperdument amoureuse du docteur et qui semble prête à tout pour finir avec lui. Mais, son passage vers l'au dela va révéler son vraie visage : celui d'une manipulatrice sociopathe particulièrement cruel et l'un des pires esprits contenus dans la maison.

Avec tout ça, peut être vous demandez vous si Ryan Murphy et Brad Falchuk ont réussi leur pari ? Pour ma part, je répondrais sans hésiter par l'affirmative.

Grace à des épisodes variés (on croise aussi bien des fantômes que des tueurs), des personnages particulièrement profonds, et des thèmes divers (la sexualité, très présente, mais, aussi, le mal être adolescent, ou le revers de la célébrité), cette première saison d'Américan Horror Story se montre particulièrement juste et fortement recommandable.