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Dustin Hoffman n’est encore qu ‘un jeune acteur venu du théâtre lorsque, au début des années 60, le réalisateur Mike Nichols le repère et le fait jouer dans Le Lauréat ; pour lequel il remporte un oscar.

Dix ans plus tard, Dustin Hoffman est devenu une star du cinéma, enchainant les succès.

Deux ans après avoir été à l’affiche du long métrage Les Chiens De Paille de Sam Pekinpah, le comédien se retrouve au coté d’une autre grande star de l’époque, Steve McQueen, pour un film baptisé Papillon.

Il s’agit d’une adaptation d’un roman prétendument autobiographique du français Henri Charrier. Un projet qui, à l’origine, était prévu par les producteurs pour Roman Polanski, avec en tète d’affiche Jean Paul Belmondo et Warren Beatty.

Mais, le réalisateur se montre peu enthousiaste et est finalement remplacé par Franklin J. Schaffner.

C’est lui qui décide de réunir Steve McQueen et Dustin Hoffman. A noter qu’il existe une autre version, réalisé en 2017, avec cette fois Charlie Hunnam et Rami Malek.

Pour en revenir à l’adaptation de 1973, Steve McQueen  incarne donc Henry Charrier, un bagnard surnommé Papillon. Après de nombreuses tentatives d’évasions, l’homme est envoyé dans le bagne de Cayenne, en Guadeloupe.

Nous sommes au milieu des années 60 et l’endroit est réputé pour ses conditions infernales.

A peine monté sur le navire prison, Papillon se lie d’amitié avec Louis Delga, un faussaire dont tout le monde sait qu’il possède une fortune caché.

A peine arrivé sur place, Henry Charrier n’a plus qu’une idée en tète : S’évader de « l’enfer vert ».

Malgré les privations, le climat difficile et les humiliations des gardiens, l’homme n’abandonnera jamais cette idée et fera huit tentatives, dont une avec son ami.

Ce dernier ne cessera jamais de prendre soin de lui, même à distance, jusqu’au jour ou Papillon parviendra enfin à son but.

Si le film de Franklin J. Schaffner s’inscrit bien dans l’univers du film carcéral, il est également bien plus que cela.

C’est surtout une très belle histoire d’amitié entre deux hommes très differents : D’abord Louis Delga, un faussaire maigrichon qui porte de grosses lunettes et ne semble, à priori, pas vraiment taillé physiquement pour survivre dans cette enfer. Pour ne rien arranger à sa situation, tous les prisonniers savent que le bonhomme possède une grosse somme d’argent bien caché, et beaucoup sont prêt à le faire avouer avant de l’éliminer.

Mais, Louis Delga est particulièrement malin et sait se fondre dans la masse. C’est ce coté insignifiant qui lui permettra de survivre dans de bonnes conditions.

Il y a aussi la protection que va lui offrir Henry Charrier, alias Papillon. Ce dernier fait rapidement figure de rebelle. Envoyé en prison pour un crime qu’il n’a pas commis, le prisonnier n’a céssé de multiplier les tentatives d’évasion, ce qui lui vaut de finir dans le bagne de Cayenne.

Papillon ne se considère pas comme un détenu et va continuer à monter des plans pour sortir de Guadeloupe.

Plusieurs fois, il se retrouvera en isolement dans une petite cellule, privé de nourriture et victime de multiples tentatives des gardiens pour le briser psychologiquement.

Même durant ces moments difficiles, Henry Charrier recevra le soutien discret de son ami, qui lui fera livrer de la nourriture en cachette.

Dans les deux rôles principaux, Dustin Hoffman et Steve McQueen sont tout simplement parfait et leur alchimie fonctionne magistralement. En clair, Papillon reste un chef d’œuvre incontournable qui n’a pas prit une ride.

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Trois ans plus tard, Dustin Hoffman ajoute un autre succès à sa filmographie, un long métrage à suspense baptisé Marathon Man.

L’œuvre est une adaptation d’un roman de William Goldman par l’auteur lui même. L’homme n’est pas un inconnu, puisque c’est lui qui est déjà derrière les scénarios de films comme Détective Privé (avec Steve McQueen), Butch Cassidy Et Le Kid, Les Femmes De Stepford ou encore La Kermesse Des Aigles.

Par ailleurs, toujours en 1976, il écrira à nouveau l’histoire d’un autre grand film de cette époque, Les Hommes Du Président, qui mettra à nouveau en scène Dustin Hoffman.

Sur le plateau de tournage de Marathon Man, le comédien se retrouve à côtoyer un autre monstre sacré du cinéma : Laurence Olivier.

Malheureusement, les relations entre eux ne sont pas très bonnes, ce qui n’empêchera pas l’acteur de recevoir plusieurs prix pour son personnage de méchant nazi, lui même inspiré par le terrifiant Dr Mengele, praticien cruel responsable de nombreux massacres durant la seconde guerre mondiale.

Dans la distribution, on trouve également Roy Scheider, William Devane, Marthe Keller, Fritz Weaver et Jacques Marin, qui fait une apparition lors d’une scène dans un restaurant.

L’histoire se déroule à New York, et commence par ce qui pourrait passer pour un fait divers tragique. Deux hommes perdent la vie dans un banal accident de la route.

Sauf que l’un des deux est le frère du docteur Christian Szell, criminel de guerre nazi recherché par toutes les polices du monde.

Henry Levy, surnommé Doc, est membre d’une organisation secrète affilié au gouvernement américain.

Par hasard, ce dernier se retrouve dans la ligne de mire de Szell qui finit par l’assassiner. Un meurtre qui met en danger Thomas Levy, le jeune frère d’Henry.

Ce dernier, simple étudiant et grand sportif, ignorait tout des activités de son aîné. Pourtant, il va se retrouver directement menacé par l’ancien nazi, prêt à tout pour récupérer un ancien trésor de guerre.

Résumé de cette manière, Marathon Man semble suivre la voix classique des films d’espionnage des années 70, avec comme point central le héros seul contre tous.

Pourtant, le film de John Schlesinger s’avère largement plus complexe que cela.

D’abord, le méchant est un ancien tortionnaire de la seconde guerre mondial que personne n’a jamais pu attraper.

Mais, Christian Szell est surtout un homme sans aucun remords, toujours prêt à la plus impitoyable des cruautés comme lors de cette scène choc ou il arrache les dents de Dustin Hoffman. Un passage qui fut d’ailleurs largement censuré lors de la sortie du film, avant d’être réintégré des années plus tard pour l’édition dvd.

A ce jour, Marathon Man est toujours interdit aux moins de 16 ans et il y a fort à parier que cette séquence y soit pour beaucoup.

Le film de John Schlesinger doit une partie de sa réussite à ce duo d’antagoniste Dustin Hoffman/Laurence Olivier.

Si, dans le rôle du méchant, le second se montre génialement glaçant, Dustin Hoffman, malgré le fait que son personnage soit un jeune étudiant alors que lui même avait 38 ans au moment du tournage, demeure formidable dans la peau de l’homme victime qui finit par se rebeller.

Hormis un dernier acte un peu trop expéditif, Marathon Man est une belle réussite, porté par une réalisation parfaite qui tient haleine et des comédiens tous extraordinaires.