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Ari Aster débute sa carrière de cinéaste au début des années 2010 avec un court métrage baptisé The Strange Thing About the Johnsons.

Un drame sur l’inceste qui laisse déjà deviner un cinéaste exigeant avec son public.

Ce que confirmera Hérédité, premier long métrage et premier succès d’Ari Aster en 2018.

La promotion du film n’est pas encore terminé que le cinéaste travaille déjà à sa prochaine œuvre, baptisé Midsommar, que le réalisateur définit ainsi : 

« Il s’agit d’un conte de fées qui se dirige vers une conclusion prédestinée. Comme dans mon film précédent, j’ai voulu travailler autour de la notion de crainte et d’inéluctabilité. Le film ne cherche pas à faire sursauter d’effroi les gens dans leur fauteuil, ni à cacher des éléments dans l’obscurité pour les effrayer, l'idée est de créer la sensation que l’étau se resserre dans un monde totalement ouvert où tout est visible, tout le monde sourit et où il n’y a aucun endroit où se cacher. »

Dans la distribution de Midsommar, on trouve notamment Florence Pugh, jeune comédienne anglaise révélé par le film The Young Lady, Jack Reynor, Will Poulter que certains ont peut ètre vu dans la trilogie Le Labyrinthe, et William Jackson Harper.

L’histoire du film d’Ari Aster tourne autour d’un couple, soit Dani et Christian. Alors qu’ils vivent déjà une période conjugale difficile, l’univers de la jeune femme bascule après un terrible drame familiale.

Apprenant que Christian s’apprête a profiter d’un voyage en Suède organisé par un de ses amis, Dani décide de s’inviter , espérant que cela lui change les idées.

Sur place, le couple et plusieurs autres personnes rejoignent une confrérie prônant le respect de la nature et les valeurs chrétiennes.

Dans un immense terrain au cœur d’une foret, tous le monde est rassemblé pour feter le Midsommar, autrement dit le dieu soleil.

Une célébration qui n’a lieu que tous les 90 ans. Si Dani, Christian et leurs amis sont d’abord enchanté par l’accueil et le début des cérémonies, plusieurs évènements vont les inciter a penser que cette fête n’est peut être pas ce qu’elle semble être.

Hommage revendiqué au film The Wicker Man, le second long métrage d’Ari Aster est également une œuvre complexe dont la principale qualité est de posséder plusieurs niveaux de lecture.

Outre une ambiance lumineuse qui tranche avec le coté volontairement sombre d’Hérédité, le scénario de Midsommar est surtout centré sur deux personnages victimes de leur manque de communication.

Dés la scéne d’ouverture, Dani est seule dans son appartement, un isolement qui ne va faire que se renforcer au cours du film, et ce malgré les personnes autour d’elle.

La jeune femme est inquiète suite à un message de sa sœur, mais, elle se montre incapable d’en parler ouvertement à son compagnon lorsqu’elle lui téléphone.

Après un drame qui ne va faire que la fragiliser encore plus, Dani va tenter de se raccrocher à Christian, mais, celui ci ne ressent plus rien pour elle et si il l’impose à ses amis pour le voyage en Suède, c’est uniquement par lâcheté.

Un défaut qui caractérise la plupart des personnages masculins formant le groupe d’amis de Christian.

Il est clair que la plupart n’apprecient pas vraiment Dani, mais, ils préfèrent jouer la carte de l’hypocrisie face à elle.

Contrairement à ce que j’ai pu lire dans certains articles, je ne pense pas que la jeune femme soit folle au départ.

Dani est juste une personne  fragile qui se retrouve seule, sur le point de sombrer émotionnellement. Sa seule boué de sauvetage est Christian, son compagnon.

Mais, l’homme est beaucoup trop égoiste  pour soucier de quelqu’un d’autre que lui même. Il suffit de voir comment il impose Dani dans le groupe ou tente de court-circuiter l’un de ses prétendus amis en lui volant le sujet de sa thèse.

Avec Midsommar, Ari Aster aborde aussi le comportement parfois déplacé de certains vacanciers débarquant dans un autre pays a travers une séquence ou l’un des copains de Christian urine sur arbre mort, geste rapidement considéré comme un sacrilège par les membres de cette communauté prônant le respect de la nature.

Jouant sur une terreur diffuse plutôt que les effets chocs, le réalisateur parvient à signer un film très réussi et original. Bref, un vrai long métrage horrifique absolument pas formaté et riche de sens.