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A la fin des années 60, Harry Julian et Rita M. Fink, deux jeunes scénaristes, décident de s’inspirer de l’affaire dite du « tueur du zodiaque » pour un écrire un script baptisé Dead Right.

Les auteurs tentent d’y raconter l’enquête d’un policier de New York tentant d’arrêter un tueur en série.

Le scénario est rapidement acheté par la chaîne de télévision ABC et destinée a devenir un téléfilm.

Mais, malgré plusieurs réécritures, les responsables se montrent incapable de gommer les passages violents de l’histoire.

Dead Right passe alors entre les mains de la société Warner Bros. Cette fois, il est question d’un long métrage avec, dans le rôle principal, Frank Sinatra, réalisé par Sidney Pollack.

Mais, le comédien et chanteur est contraint de subir une intervention chirurgicale, ce qui le pousse à renoncer au projet.

Pour le remplacer, les responsables de la Warner contactent plusieurs autres acteurs, comme Georges C. Scott, Robert Mitchum, Steve McQueen ou Burt Lancaster. Tous refusent en raison d’un script qu’ils jugent trop violent. Arrive alors un certain Clint Eastwood.

A cette époque, l’homme est déjà une star montante du cinéma qui a prouvé ce qu’il valait, aussi bien en tant qu’acteur que comme réalisateur.

Emballé par l’histoire, il appelle immédiatement Don Siegel, avec qui il a déjà tourné plusieurs films, dont Un Sherif A New York et Les Proies.

Le scénario est rebaptisé L’Inspecteur Harry et Clint Eastwood s’y octroie le rôle principal. En raison d’un budget relativement modeste, il demeure la seule star du film.

Pour jouer le personnage du psychopathe, le comédien et le réalisateur veulent engager Audie Murphy, mais, celui ci meurt dans un accident peu avant le tournage et il sera finalement remplacé par Andrew Robinson, qui incarnera quelques années plus tard le père de famille du premier Hellraiser.

L’histoire tourne autour d’Harry Callahan, un flic de San Francisco. En raison de son franc parler et d’un tempérament rebelle, le policier, connu pour sa réputations à résoudre coûte que coûte les affaires les plus glauques, à été surnommé « Harry Le Charognard ».

Le film commence au moment ou une femme est assassinée d’une balle dans sa piscine exterieur. Arrivé sur place, Harry Callahan découvre un méssage d’un certain « Scorpion ». Ce dernier se décrit comme un redoutable tueur et menace de recidiver très vite, à condition que la ville lui verse une forte rançon.

Le policier, pas du genre à negocier, va tout faire pour stopper ce sniper psychopathe, quitte à enfreindre toutes les lois en vigueur.

Si, à sa sortie, L’inspecteur Harry demeure un énorme succès, il suscite également la polémique, certains lui reprochant de sombrer dans le fascisme en raison d’une seconde partie voyant le policier négliger la loi et traquer le tueur jusqu'à l’éliminer prêt d’une usine désaffecté avant de jeter son insigne.

Pourtant, c’est omettre que le comportement d’Harry Callahan a aussi un revers, sa femme est décédé et, depuis, il vit dans la solitude la plus complète.

On peut également voir ce long métrage comme la dénonciation d’un système particulièrement faillible et d’une justice à deux vitesses.

Malgré les années, L’Inspecteur Harry reste une œuvre qui n’a pris une ride, son contenu étant plus que jamais d’actualité.

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Après le succès du film, personne n’envisage de tourner une suite, sauf Clint Eastwood. Ce dernier n’a pas digéré certaines critiques formulées lors de la sortie du premier épisode.

L’acteur et réalisateur souhaite donc réagir, à sa manière. Il ressort l’une des ébauches de script écrite pour L’Inspecteur Harry et rejeté, à l’époque, par Don Siegel.

Un manuscrit écrit par un certain Terrence Malick et que Clint Eastwood demande à John Milius de prendre pour base de départ.

L’histoire de cette suite, baptisé Magnum Force, sera finalement achevé par un autre futur réalisateur, Michael Cimino, avec qui Clint Eastwood tournera l’année suivante le film Le Canardeur.

Au casting de Magnum Force, on trouve notamment Hal Holbrook, David Soul, Tim Matheson, Mitch Ryan, Robert Ulrich et John Mitchum.

Pour succéder à Don Siegel, qui ne souhaite pas rempiler, Clint Eastwood choisit Ted Post, réalisateur chevronné a qui l’on doit des œuvres comme Le Secret De la Planète des singes ou Le Merdier.

Cette suite nous ramène à San Francisco, ou travaille toujours l’inspecteur Harry Callahan.

Malgré les injonctions de ces supérieurs, le policier n’a rien changé dans ces méthodes de travail.

Son chef, le Lieutenant Briggs a bien tenté de le coller dans la simple surveillance d’endroits publics, ça n’empêche pas Harry Callahan de se faire remarquer, notamment en intervenant lorsqu’un avion est prit en otage par des terroristes.

Dans le même temps, une série de meurtres commence à secouer la ville. Toutes les victimes avaient eut affaire avec la justice et souvent relâché faute de preuves.

En menant son enquête, le policier va finir par s’intéresser à une bande de jeunes recrues fraîchement débarqué dans le commissariat, mais, déjà extrêmement doués dans le maniement des armes.

Avec Magnum Force, Clint Eastwood choisit de prendre le contrepied total du premier film. Beaucoup avaient critiqué le fait de voir un policier faire sa propre justice en flinguant du voyou au cœur de la ville.

Cette suite met donc en scène Harry Callahan face a un conglomérat de flics ayant leurs propres règles, des ripoux qui, ironie volontaire de l’histoire, ont prit l’inspecteur Harry comme modèle. le scénario développe ainsi l’idée que les criminels ne sont pas forcement toujours à rechercher dans la rue. C’est finalement cette différence avec le premier film qui fait tout l’intérêt de ce second épisode.

De son coté, Clint Eastwood est toujours aussi impeccable dans la peau de ce flic râleur et adepte du franc parler. Un héros solitaire qui fait notamment face au génial Hal Holbrock, parfait en supérieur bien plus complice qu’il n’y paraît dans cette histoire. Bref, Magnum Force est une excellente suite, aussi différente que réjouissante.