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Un beau jour de 1998, alors qu’il vient de remporter un franc succès avec une série de pièces de théâtre qu’il a lui-même écrit, Martin McDonagh tombe par hasard, aux abords d’une bourgade dans le Texas, sur des panneaux demandant justice pour un crime non résolus.

Il apprendra plus tard que ces pancartes ont été mise par un père de famille suite au viol et à l’assassinat de sa petite fille en 1991.

Vingt ans plus tard, Martin McDonagh est devenu un réalisateur remarqué, notamment grâce à Bon Baisers De Bruges, son premier long métrage ou il met en scène deux tueurs à gages un peu loosers.

Pour son troisième film, il décide de s’inspirer des fameux panneaux tout en rendant hommage au cinéma des Frères Cohen, qu’il vénère.

Pour renforcer cette intention, il contacte France McDormand, égérie des deux frangins avec qui elle a tournée plusieurs fois.

Hasard de la vie, c’est justement Joel Cohen, devenu son mari à la ville, qui la convaincra d’accepter le rôle principal de 3 Billboards – Les Panneaux De La Vengeance.

Pour entourer la comédienne, Martin McDonagh engage notamment Woody Harrelson (déjà au générique du film No Country For Old Men des Frères Cohen), Sam Rockwell, Peter Dinklage, Abbie Cornish, Samara Weaving et Caleb Landry Jones.

L’action se situe dans la petite ville d’Ebbing, dans le Missouri. C’est là qu’un jour, Mildred Hays, une femme ayant perdu sa fille adolescente sept mois plus tôt, décide de jouer les panneaux situés à l’entrée de la bourgade.

Elle va y inscrire des messages mettant clairement en cause le sheriff du coin, Bill Willoughby, ainsi que l’ensemble des policiers d’Ebbing, qu’elle accuse d’être totalement inefficace.

Mais, elle est loin de se douter que ces panneaux vont ébranler la ville entière et causer une série d’évènements dramatiques.

Comme le souhaitait martin McDonagh, 3 Billboards – Les Panneaux De la Vengeance rappelle effectivement beaucoup le cinéma des Frères Cohen.

On y retrouve notamment ce soin apporté aux personnages. C’est d’ailleurs eux qui font tout l’intérêt du long métrage, au-delà de cette histoire de vengeance et du meurtre de cette adolescente dont on ne connaitra finalement jamais le vrai coupable

Mildred Hays, le protagoniste principal du film, apparaît dans un premier temps comme une battante prête à tout pour savoir la vérité. Mais, progressivement, il apparaît que c’est surtout une femme rongée par la culpabilité, et terriblement isolée au point que seule la haine lui permet encore de continuer à vivre.

En outre, sa quête lui a couté beaucoup puisque son mari est parti et que son fils ne la comprend plus.

Face à elle, il y a Bill Willoughbyn le sheriff d’Ebbing et le descendant d’une longue lignée de représentant de l’ordre.

Malgré son sentiment d’avoir fait correctement son travail et sa compassion a l’égard de Mildred Hays, l’homme a tout de même un sentiment d’inachevé.

Bon père de famille et père attentionné, il sait qu’un cancer le condamne à court terme à laisser sa ville et ses proches.

Et puis, il y a Jason Dixon, son adjoint. Raciste, alcoolique, violent et pas réputé pour son intelligence, l’homme vit encore avec sa mère, la seule à le soutenir à Ebbing.

Avec 3 Billboards – Les Panneaux De la Vengeance, Martin McDonagh décrit comment une ville d’apparence tranquille peut devenir le théâtre de violence à cause d’un simple élément anodin.

Porté par un trio de comédiens absolument parfaits (notamment Sam Rockwell en parfait imbécile dont l’utilité va vraiment prendre tous son sens au cours de l’histoire), et des seconds rôles bien choisit (Peter Dinklage en amoureux de Mildred Hays), le film est véritable petit bijou de cinéma parfaitement mis en scène et dont les notes d’humour ne font que rajouter à l’excellence de l’ensemble.