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Lorsque sort Rocky 4, en 1985, les choses ont considérablement évolué pour Sylvester Stallone au niveau professionnel.

Celui qui courrait le cachet 10 ans plus tôt en alternant les seconds rôles est devenu un comédien apprécié du public.

A lui tout seul, Sylvester Stallone est parvenu à créer et imposer avec succès deux personnages marquants, le soldat John Rambo et le boxeur Rocky Balboa.

Après avoir tourné un second épisode à son vétéran du Vietnam, le comédien réalisateur décide de signer un quatrième opus des aventures du célèbres boxeur.

Comme il en a l’habitude, Sylvester Stallone décide de s’entourer des fidèles de la franchise, présent pour la plupart depuis le début.

Carl Weathers reprend son personnage d’Apollo Creed, Talia Shire revient jouer la fidèle Adrian de même que Burt Young qui reprend les habits de Paulie Pennino.

Pour incarner le nouvel adversaire de Rocky Balboa, Sylvester Stallone souhaite engager son rival et néanmoins camarade Arnold Schwarzenegger.

Si ce dernier se déclare intéressé, il est malheureusement déjà pris par le tournage du long métrage de Mark L. Lester, Commando.

Déçu, Sylvester Stallone reporte son choix sur un jeune acteur suédois dont il a remarqué la courte présence dans le film Dangereusement Votre, un certain Dolph Lundgren.

Une décision qui aura un impact direct sur le tournage, car, dés le départ, l’homme au physique imposant entre en conflit avec Carl Weathers, à tel point que Stallone devra intervenir pour calmer les deux hommes.

Le comédien réalisateur engage également Brigitte Nielsen, ancien mannequin et également son épouse à cette époque. 

Avec Rocky 4, Sylvester Stallone souhaite réaliser un épisode plus politique, ce qui lui sera largement reproché vu sa proximité du moment avec le président des Etats Unis Ronald Reagan.

L’histoire de ce nouvel opus démarre après les évènements décrit dans Rocky 3. Après son combat spectaculaire contre Clubber Lang, Rocky Balboa à souhaité prendre un peu de recul avec le monde la boxe. Mais, ce n’est pas le cas d’Apollo Creed qui rêve de retrouver sa gloire d’antan.

Au même moment, la Russie s’impose dans la compétition avec un nouveau et redoutable champion : Ivan Drago.

Sûr de lui-même et de son talent, Apollo Creed décide de lancer un défi à ce nouveau challenger. Malheureusement, l’ex star ne se relevera pas de ce nouveau combat.

Bien décidé à venger son ami, Rocky Balboa propose aux entraineurs Russes un nouveau match contre Ivan Drago, qui se déroulera cette fois dans le pays natal du boxeur.

Pour bien comprendre le contexte dans lequel ce nouveau Rocky a été tourné, il faut savoir qu’à ce moment-là, les Etats Unis sont en pleine guerre froide avec la Russie.

Evidemment, lorsque Sylvester Stallone filme au même moment un combattant américain s’imposant par la force dans ce même pays en guerre contre sa nation, il ne le fait pas innocemment.

Rocky 4 devient très rapidement un épisode gonflé à la propagande Américaine, ce qui le rend difficilement défendable.

Pourtant, on y trouve tout de même quelques bonnes choses, dont la prestation géniale de Dolph Lundgreen. Dés le départ, le personnage d’Ivan Drago impressionne tellement par son charisme et sa force au qu’il volerait presque la vedette à Rocky Balboa.

Dommage que Sylvester Stallone filme le tout à la manière d’un vidéoclip, rendant l’ensemble encore plus éloigné de l’esprit initial de la franchise.

Au final, Rocky 4 demeure un épisode certes divertissant, mais, tout de même relativement faiblard et assez décevant.

Rocky_VDurant les années suivants ce 4ème épisode, les choses vont considérablement se compliquer pour Sylvester Stallone.

Au début des années 90, le comédien n’a plus la cote de popularité d’autrefois, la faute à tout une série de bide au box-office.

Après avoir tenté un 3ème Rambo sans succès, puis s’ètre essayé au film carceral avec Haute Sécurité, pour un résultat similaire, Sylvester Stallone décide de reprendre les gants de Rocky Balboa pour un cinquième opus, qu’il souhaite également être le dernier.

Il reprend contact avec John G. Avildsen, réalisateur du premier épisode. Entre temps, ce dernier s’est fait une popularité, déjà avec Rocky 1, mais, également avec la trilogie Karaté Kid.

Ce dernier accepte de revenir, en sachant que Sylvester Stallone restera comme le seul maitre à bord.

D’ailleurs, c’est lui qui imposera que la fin de ce nouvel opus, qui devait montrer la mort du personnage principal, soit modifié.

Niveau casting, on retrouve Talia Shire, Burt Young, Richard Grant, Ben Piazza, Kevin Connolly, Burgess Meredith, Tommy Morrison et Sage Stallone, le propre fils du réalisateur.

Ce n’est pas la première fois que Sylvester Stallone fait apparaitre un de ses enfants dans la franchise, puisque, dans Rocky 2, le bébé qu’on pouvait apercevoir dans les bras d’Adrian était le frère ainé de Sage Stallone.

L’histoire de Rocky 5 démarre au moment ou le boxeur, bien aidé par sa femme, décide de prendre sa retraite.

Malgré les sollicitations de la presse, plus question pour Rocky Balboa de remonter sur le ring, d’autant que des soucis de santé l’en empêche désormais.

Malheureusement, la famille découvre que Paulie s’est fait avoir en signant une procuration à un comptable.

Ruinés, les Balboa sont contraint de tout vendre et de repartir habiter le quartier pauvre de Philadelphie. Un changement surtout pour Rocky Balboa Jr qui n’a jamais connu ce mode de vie.

Alors qu’Adrian tente d’empêcher un manager escroc de pousser son mari à remonter sur le ring, Rocky fait la connaissance de Tommy Morrison, un jeune plein de talent qu’il finit par entrainer.

Ce dernier, aveuglé par les promesses d’argent et de célébrité, finira pourtant par son retourner contre Rocky Balboa.

Une chose est certaine, c’est que si Sylvester Stallone comptait remonter la pente du succès avec ce Rocky 5, il s’y est prit de la plus mauvaise des manières.

A sa sortie, le film a fait un véritable flop, et s’est payé des critiques assassines, au point que certains ont qualifié ce nouvel opus de pire épisode de toute la franchise.

Après visionnage du bouzin, difficile pour moi de ne pas leur donner raison. Pourtant, le film partait d’une idée interessante puisqu’il s’agissait de transition.

Dans Rocky 5, le personnage en titre se retire de la compétition, mais, trouve celui qui va lui succéder, avec la même force et une rage similaire en lui. Au point que l’ancien boxeur, en regardant un combat de son poulain, s’identifie à lui et fait les mêmes gestes d’affrontement devant sa télévision.

Mais, ce thème n’est finalement qu’esquissé dans Rocky 5, puisque le scénario se perd à nous raconter également la difficulté de changement de vie du fiston et ses relations difficiles avec son père, surtout quand ce dernier s’occupe plus de Tommy Morrison que de lui.

Une sous intrigue pas franchement passionnante et qui occasionne pas mal de longueurs, d’autant que Sage Stallone, pour sa première apparition dans un long métrage, ne montre pas franchement de grandes qualités d’acteur.

Mais, plus que le combat final dans la rue entre Rocky Balboa et Tommy Morrison, certes ridicule mais, pas plus que de voir le boxeur et Apollo Creed courir ensemble sur une plage dans Rocky 3, c’est surtout le traitement infligé au personnage en titre qui demeure le plus grave.

Car, dans Rocky 5, le boxeur est montré comme quelqu’un de faible, ce qu’il n’a jamais été. Ici, on a droit à l’image d’un homme totalement soumis à son épouse, et qui demeure incapable de lui tenir tête.

Rocky 5 demeure l’exemple typique de ce qu’il faut faire pour bousiller une franchise qui, jusque-là, n’était jamais tombé aussi bas.

Avec ses comédiens qui n’y croit plus (notamment Talia Shire), et des mauvaises idées en pagailles (la présence du manager énervant), ce nouvel épisode est clairement celui de trop.