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Si Sylvester Stallone est aujourd’hui une star incontestée, ça n’a pas toujours été le cas et on peut même dire que ses débuts dans le cinéma ont été pour le moins difficiles.

Nous sommes au début des années 70. Sylvester Stallone est alors un jeune homme plein d‘ambition qui rêve d’être acteur. Après quelques apparitions dans des pièces à New York, il intègre le milieu du cinéma.

Mais, personne ne veut miser un centime sur lui. Pour subvenir à ses besoins, Sylvester Stallone doit se contenter de jouer dans de petites productions, comme le film érotique The Party at Kitty and Stud's, qui sortira chez nous sous le titre L'étalon Italien, ou La Course A la Mort De L’An 2000, une production Roger Corman ou il endosse le rôle du méchant de service.

Mais, tout change lors de cette soirée de mars 1975 ou le comédien assiste au match de boxe opposant Muhamed Ali à Chuck Wepner.

Le lendemain, Sylvester Stallone écrit l’histoire de Rocky Balboa, ou la vie d’un homme simple qui rève de réussir. Une ode à l’Amérique triomphante en somme.

Le comédien propose ensuite le scénario à des producteurs, qui se montrent très enthousiastes  sur le sujet, et beaucoup moins sur les conditions imposées par l’acteur.

Car, celui-ci veut incarner le rôle principal. Or, les dirigeants hollywoodiens préfèreraient engager des célébrités comme Ryan O’Neal  ou James Caan.

Sylvester Stallone se voit même proposer une forte somme d’argent pour renoncer à ses ambitions d’acteur. Mais, le comédien refuse catégoriquement :

« Si j’avais cédé, toutes les valeurs que j’avais mises dans cette histoire et ce personnage aurait été oubliés » expliquera t il plus tard.

En désespoir de cause, les producteurs finissent par accepter et le tournage débute finalement en fin d’année 1975.

A la barre, le réalisateur John G. Avildsen, alors surtout connu pour quelques longs métrages mineurs, comme Joe C’est Aussi L’Amérique ou Sauvez Le Tigre.

Outre Sylvester Stallone, on trouve également au casting Talia Shire, déjà remarqué dans les deux premiers épisodes de la saga Le Parrain de son frère Francis Ford Coppola, mais aussi Burt Young, Burgess Meredith, Carl Weathers, et Joe Spinell.

A noter que le film compte également les apparitions de Lloyd Kaufman, futur patron de la firme Troma, Frank Stallone, le propre frère du comédien, et Joe Frazier, boxeur de légende qui se permet ici un caméo.

L’histoire est celle de Rocky Balboa, un homme sans le sou qui vit dans le quartier pauvre de Philadelphie. Passionné de boxe, il subsiste comme il peut, entre des petits combats sans envergure et un boulot ingrat pour Tony Gazzo, l’usurier mafieux du coin.

Pour la plupart des gens qui l’entourent, Rocky Balboa n’est qu’un raté qui ne fera jamais rien de bon dans sa vie. Seul son ami Paulie Pennino le voit différemment et c’est d’ailleurs lui qui l’encourage à sortir avec sa sœur, Adrian.  

Mais, tout change pour Rocky Balboa le jour ou le boxeur de légende Apollo Creed le choisit comme adversaire pour son prochain combat.

Avec Rocky, Sylvester Stallone connait son premier vrai succès cinématographique. Le public et les critiques s’enflamment pour ce film sortit de nulle part, rapidement comparé au cinéma de Frank Capra et qui obtiendra 3 Oscars lors de la prestigieuse cérémonie.

Aujourd’hui, le film est considéré à juste titre comme une œuvre culte. Même si, pour ma part, j’ai tendance à avoir une préférence pour l’autre personnage important de la carrière de Sylvester Stallone, à savoir l’ancien soldat John Rambo, difficile de ne pas s’attacher à Rocky Balboa, un homme considéré comme sans envergure et qui va se révéler au cours d’un combat de légende.

Le personnage n’est pas un héros et ne se considère pas comme tel, c’est juste un individu parmi tant d’autre qui essaye de s’en sortir et c’est ce qui rend le rôle aussi fort.

Mais, au-delà de ça, on peut aussi faire un parallèle entre la situation de  Rocky Balboa et celle de son interprète, Sylvester Stallone.

Comme le boxeur, le comédien à été obligé de survivre comme il pouvait et ne trouve son salut que grâce au destin et à sa ténacité.

Impossible de ne pas voir les similitudes entre la carrière du personnage et celle du comédien dans la scène ou l’entraineur incarné par Burgess Meredith, qui a humilié et renvoyé sauvagement Rocky, vient le supplier pour qu’il soit son entraineur après que le combat contre Apollo Creed ait été annoncé.   

Encore aujourd’hui, Rocky est autant un classique qu’un film à part. une particularité due à sa simplicité, aussi bien dans sa réalisation, proche de celle d’un documentaire, que dans le jeu des comédiens, tous excellents sans en faire trop.

Autant dire que, malgré les années, le film de John G Avildsen n’a rien perdu de sa force et se regarde toujours avec un certain plaisir, même pour ceux qui ne sont pas des fans acharnés du monde de la boxe.