Il y environ un mois est sortit Terminator : Dark Fate. L'occasion d'évoquer cette franchise unique en son genre, avant de s'interesser à ce sixième épisode (mais, troisième selon la nouvelle chronologie), dont vous trouverez la chronique en fin d'acticle.


The-Terminator

1984, James Cameron, alors surtout connu pour avoir signé Piranha 2 : Les Tueurs Volants, considéré par beaucoup comme un pur nanar, réalise son second long métrage.

Autant le dire, personne n’en attend grand-chose, d'autant que ce nouveau film, baptisé Terminator, est destiné, tout comme le premier Halloween, à remplir les étagères des vidéoclubs.

Mais, à l’instar du film de John Carpenter, Terminator va connaître un tout autre destin, en grande partie à cause de la présence de son réalisateur, comme l’explique un Arnold Schwarzenegger admiratif dans son livre Total Recall :

« Sur le tournage, Cameron me rappelait John Millius. Il aimait profondément le cinéma et demeurait intarissable sur la technologie. Avec lui ; c’était une chorégraphie précise qui se mettait en place, notamment durant les scènes d’action. Sur le plateau, il avait les yeux dans le dos et veillait à tout.

Parfois, il me faisait perdre patience avec ses longs discours et je me disais « Tu ne peux pas te contenter de faire ton film ? Pour Spielberg ou Coppola, les caméras suffisent. Alfred Hitchcock réalisait des chez d’œuvres sans se lamenter sur le matériel. Mais, pour qui tu te prends ».  Il m’a fallu du temps pour me rendre compte que James Cameron était une véritable perle. »

Encore aujourd’hui, difficile d’imaginer que Terminator ait été réalisé avec des bouts de chandelles, tant le film regorge d’une rage unique et de scènes qui sont resté dans les annales, comme celle du massacre dans le commissariat, dont la vision saisissante reste toujours aussi forte à ce jour.


21035868_20130903155808083Malgré les tentatives du studio Orion pour saboter la sortie de Terminator, les responsables de la firme préférant miser sur le Amadeus de Milos Forman, car jugé « plus respectable » selon eux, le film de James Cameron sera un succès.

Mais, à l’époque, personne n’imagine un numéro 2, sauf James Cameron et Arnold Schwarzenegger : « Sept ans avaient passé depuis que le Terminator avait lancé nos carrières. On s’était promis de faire une suite. En 1990, James Cameron avait obtenu le financement préliminaire pour Terminator 2 : Le Jugement Dernier. Mais, j’avoue être resté sur le flanc quand il m’a expliqué sa conception du retour de mon personnage : - Quoi, le Terminator ne tue plus personne ? Mais, le public veut le voir fracasser des portes et mitrailler tout le monde, ce à quoi il m’a répondu : -Mais, non, tu es toujours dangereux et violent, mais, cette fois, ce n’est plus lui le méchant ».

Quelques mois plus tard, James Cameron rejoint Arnold Schwarzenegger au Festival de Cannes, ou ce dernier est venu faire la promotion de Total Recall, et lui présente le scénario de Terminator 2.

Une nouvelle histoire qui emballe l’acteur : « Je n’avais jamais pensé que T2 serait une suite banale, mais, le script débordait d’une imagination technologique incroyablement sophistiqué. Du coup, beaucoup de distributeurs étrangers ont voulu s’engager sans attendre. Aucun n’a sourcillé sur le fait que cet opus 2 couterait dix plus cher à tourner que le premier film. Ils savaient que ce seraient un succès ».

Avec Terminator 2 : Le Jugement Dernier, James Cameron réussit à surpasser son premier film tout en approfondissant son univers

Le film reste un véritable classique du genre, un objet monstrueux et fou qui n’a rien perdu de son impact et en remontre à la plupart des suites au rabais que nous sorte régulièrement les studios.


3663232Dire que la franchise à perdu de sa superbe en 2019 est un euphémisme. Estimant avoir tout dit sur le sujet, James Cameron préfère laisser sa place pour les épisodes suivants, au grand soulagement de producteur trouvant le cinéaste trop « ingérable ».

Ce qui nous donne un remake tout mou du 2 qui ne vaut que pour sa scène finale (Terminator 3 – Le Soulèvement Des Machines), un épisode qui tente d’apporter quelque chose de nouveau sans y parvenir pleinement (Terminator 4 – Renaissances), et un cinquième opus, baptisé Genysis, qui marque le retour d’Arnold Schwarzenegger pour un bien triste navet.

Terminator : Dark Fate, le dernier épisode en date, doit donc faire oublier la débâcle du passé et renouer avec l’esprit de Terminator 2.

Il faut dire que le retour de James Cameron, qui officie comme scénariste, et celui de Linda Hamilton qui reprend son rôle de Sarah Connor, laissait espérer en ce sens.

Un sentiment quelque peu gâché par la présence a la réalisation de Tim Miller, responsable du premier Deadpool.

Je tentais malgré tout de rester optimiste en entrant dans la salle. Mais, dés la première scène, j’ai senti ce sentiment me quitter progressivement.

Pour illustrer la mort de John Connor, on a droit à un premier acte absolument hideux, ou un Arnold Schwarzeneger en image de synthèse dégueulasse, c’est à dire encore plus mal fait qui apparaît dans le final de final de Renaissance, abats un gamin au rendu tout aussi moche.

Vu le niveau d’amateurisme de cette scène, il y a de quoi se demander pourquoi ils n’ont pas préféré la bonne vieille voix off pour nous décrire les évènements.

Mais, la suite n’est guère meilleure puisque les cinq scénaristes ayant retravaillé le script de James Cameron (dont David « Blade Trinity » Goyer) nous pondent une histoire bourrée de clichés, notamment sue les Mexicains, et piochant des éléments sur les deux premiers films.

Skynet a été détruit, mais, une nouvelle menace est apparue dans le futur. Cette fois, c’est une jeune mexicaine qui se trouve menacée. Mais, son nouveau protecteur « balance ton port oblige » est une femme qui a déjà du mal à se maintenir en vie elle-même.

Evidemment, le robot tueur est un homme. Si avec ça vous n’avez pas comprit qu’on essaye de nous pondre un film féministe, cette scène ou la gardienne défonce deux types après leur avoir balancé : « Qui vous a donné le droit de regarder mes parties intimes ? » finira de vous convaincre.

Cette orientation aurait pu apporter quelque chose à Terminator : Dark Fate, sauf que le réalisateur préfère nous montrer des femmes fragiles et non des guerrières comme James Cameron

Ajouter a cela une Linda Hamilton qui, visiblement, ne croit plus à son rôle tant elle joue atrocement mal, le reste du casting à la ramasse (hormis Arnold Schwarzenegger dont le personnage pourtant magnifique, est totalement sacrifié dans le film) et vous obtenez un navet de plus au compte d’une franchise qu’il serait peut-être temps de stopper définitivement.

Ce que je ne dois pas être le seul à penser vu le flop retentissant de ce sixième épisode, initialement pensé comme le début d'une nouvelle trilogie dont on risque de ne jamais voir la suite.