Robo_Cop_2

En 1987 sort le film Robocop, réalisé par Paul Verhoeven. L'oeuvre connaît rapidement un énorme succès au point d'ètre considéré aujourd'hui comme un long métrage culte et indispensable.

Rapidement, le tournage d'une suite est lancé. Au départ, les producteurs proposent à Paul Verhoeven de la réaliser. Mais, à la lecture du scénario, ce dernier se montre si peu enthousiaste qu'ils préféreront se tourner vers un remplaçant.

Arrive alors Tim Hunter, metteur en scène de télévision qui vient de cartonner avec le long métrage River's Edge, un drame sortit chez nous sous le titre Le Fleuve De La Mort, avec Keanu Reeves et Crispin Glover.

Mais, ce dernier finit par quitter le projet pour cause de "diffèrent artistique" avec les producteurs. Ces derniers contactent alors le metteur en scène norvégien Nils Gaup, qui signera dans les années 90 le film Grand Nord, avec Christophe Lambert.

Ce dernier refuse tout net la proposition. C'est finalement Irvin Kershner qui accepte le job. L'homme à commencé sa carrière dans les années 50 avec des films policiers, mais, on le connaît surtout pour sa participation à la saga de Georges Lucas, dans les années 70. Il signera d'ailleurs la mise en scène du second épisode de Star Wars, à l'époque, L'Empire Contre Attaque.

En 1983, il dirige Sean Connery dans un James Bond "non officiel" : Jamais Plus Jamais. Après avoir tenté une reconversion en tant qu'acteur dans La Dernière Tentation Du Christ, Irvin Kershner terminera sa carrière avec cette suite du film de Paul Verhoeven qui restera sa dernière réalisation pour le cinéma. Il prendra ensuite sa retraite avant de décéder en 2010.

Le tournage de Robocop 2 sera un véritablement cauchemar pour le metteur en scène, soumit à une pression constante. Pour ne rien arranger, la comédienne Nancy Allen, qui rempile dans le rôle de l'officier Anne Lewis, ne s'entendra absolument pas avec le nouveau réalisateur et ne cessera d'avoir des prises de becs avec lui, comme elle l'expliquait elle même dans l'interview du magazine Mad Movies N°257 : 

"Irvin Kershner est une personne épouvantable, je ne me suis pas du tout entendu avec lui. Il a ruiné le film. Le script que j'ai lu n'est pas le script qui a été filmé. C'était à l'origine un bon scénario, mais, il a tout gaché. Il a été abominable avec moi. Je n'arrive pas à trouver un autre mots. Il ne m'aimait pas, je ne vois pas d'autres explications. Avec lui, chaque jour de tournage à été une torture."

Comme le souligne la comédienne, l'un des principaux problèmes durant le tournage de cette suite vient du fait que, si les producteurs ont laissé toute liberté à Paul Verhoeven sur le premier opus, le succès engendré par ce dernier les poussent cette fois à faire tout l'inverse.

Après que le scénario de Tim Hunter ait été écarté en mème temps que le réalisateur, c'est au tour de celui de Frank Miller de voir son script "remanié", car, jugé trop coûteux. Le célèbre créateur et dessinateur de bande dessinée, à qui l'on doit notamment Spirit ou Sin City, s'estimera, trahit par les responsables Hollywoodiens et sortira une version papier de son scénario rejeté quelques années plus tard.

Au niveau du casting, outre Peter Weller et Nancy Allen qui rempilent, on trouve également Tom Noonan, John Glover, Leeza Gibbons et Belinda Bauer.

Robocop 2 reprend peu après la fin du premier. Tandis que le robot flic est toujours en activité, les responsables de la firme OCP continuent à envisager l'avenir, qui passe surtout par la création de la machine qui aurait du précéder Robocop, à savoir le robot nommé ED 209, mais, aussi par le remplacement de l'ancienne cité de Détroit par une nouvelle mégalopole.

Pendant ce temps, une drogue appelé le Nuke, fait des ravages parmi les habitants. Ses concepteurs sont les membres d'une sorte de secte meurtrières avec à leur tète un leader charismatique nommé Caïn.

Lors d'une intervention, Robocop tente d'arrêter la bande, mais, tombe dans un piège et finit en morceau. Dans un premier temps, l'OCP refuse de réparer un robot que ses responsables jugent désormais désuet. Pour Juliette Faxx, nouvelle responsable du projet, il faut reprogrammer le robot jugé trop violent et pas assez pédagogue.

C'est donc un nouveau Robocop qui est lâché dans les rues, passant désormais plus de temps à faire la morale qu'a arrêter les truands. Pendant ce temps, Caïn, qui est à l'hopital dans un état quasiment végétatif, subit une opération ordonné par Juliette Faxx. Son cerveau se retrouve alors intégré à l'ED 209.

Robocop 2 fut très mal accueillit à sa sortie par les spectateurs et écopa de critiques incendiaires de la part de la presse, ces derniers lui rprochant une violence jugé outrancière, notamment lors de scènes comme la mort du jeune Hob.

Pourtant, cette suite a le mérite de respecter le style et l'ambiance de son modèle tout en parvenant à le prolonger, toujours dans le respect du classique de Paul Verhoven. Ainsi, lors d'une scène, on retrouve Robocop épier son épouse et son fils du temps ou il était Alex Murphy.

Irvin Kershner prend également le parti de respecter le coté satire du premier épisode tout en y ajoutant sa touche. On retrouve ainsi le fameux sous texte sur l'arrivisme poussé ici beaucoup plus loin, notamment via le personnage de Juliette Faxx, femme ambitieuse qui n'hésite pas à coucher avec le grand patron d'OCP uniquement pour pouvoir se retrouver à la tète du projet.

Les responsables prennent également le risque de désacraliser quelque peu le personnage de Robocop, notamment via une scène qui fut totalement détesté par les fans lors de la sortie du film, et qui est pour beaucoup dans le rejet qu'éprouve certains fans envers cette suite. Il s'agit d'un passage ou le robot flic est remis en circulation après les modifications de l'OCP. On le voit alors se promener dans la ville et faire la morale à tout le monde. Robocop devient alors une sorte de clown moralisateur ridicule.

Les nombreux problèmes vécu par l'équipe durant le tournage et avant la conception de cette suite se ressentent grandement à la vision du résultat. Malgré ses nombreuses bonnes idées, comme celle de faire d'un gamin le patron du cartel de la drogue, Robocop 2 souffre d'un gros problème de rythme.

On regrettera également un combat finale entre Caïn et Robocop pas suffisamment exploité et trop vite expédié. Ce sont ses défauts qui empêchent principalement cette suite de se hisser au niveau du premier film. Mais, malgré tout, Robocop 2 reste une épisode plus que recommandable de la franchise.

Robo_Cop_3Trois ans après cette première suite, un nouvel épisode voit le jour. L'une raison à son lancement est d'ordre financier. La société Orion, qui détient les droits du personnage, est très mal en point financièrement. Ses cadres comptent donc sur Robocop 3 pour renflouer les caisses.

Mais, face aux nombreuses critiques émises à l'encontre du second épisode, les dirigeants décident de changer le ton de la franchise et optent pour un film plus familiale susceptible d'attirer les petites tètes blondes et leurs parents dans les salles. 

Conséquence : Le script de Frank Miller, jugé trop "politiquement incorrecte" subit une réécriture. Le dessinateur scénariste en sortira définitivement dégoûté.

Le responsables du carnage est un certain Fred Dekker, scénariste et réalisateur, notamment du très bon et relativement méconnu  The Monster Squad. Le metteur en scène explique alors à la presse que le succès de la série provient avant tout, selon lui, du personnage de Robocop et compare déjà son film à un mélange entre Indiana Jones et James Bond.

Pourtant, en coulisses, les choses se déroulent mal et Fred Dekker croule sous les problèmes avec les responsables du studio. D'ailleurs, le film sera un tel échec à sa sortie qu'il détruira la carrière pourtant prometteuse de son réalisateur qui se recyclera à la télévision.

Lorsque Robocop 3 sort finalement deux ans plus tard, c'est la consternation totale face à un épisode qui n'a plus rien à voir avec le second film, et encore moins le premier.

Derrière l'armure du robot flic, ce n'est plus Peter Weller, trop occupé par le tournage du film Le Festin Nu, de David Cronenberg. Une éviction due également aux nombreuses critiques émises par le comédien sur Robocop 2.

C'est donc Robert John Burke, comédien de télévision, qui le remplace. De son coté, Nancy Allen choisit de rempiler, plus par respect envers la franchise que véritable envie ou obligation contractuelle. On retrouve également plusieurs autres comédiens fidèles au poste depuis le premier épisode, à savoir Robert DoQui qui incarne le Sergent Reed, Felton Perry, qui reprend son personnage de Johnson, ou Angie Bolling qui apparaît lors des flash back d'Alex Murphy ou elle joue sa femme.

Quant aux petits nouveaux, figurent notamment Jill Hennessy, vue dans la série Preuve A L'Appui ou le film Komodo, mais, également CCH Pounder, Remy Ryan et le regretté Rip Thorn.

L'histoire commence alors que la multinationale OCP connaît une grave crise financière qui menace d'anéantir la société. Dans le but d'enrayer cette crise, les responsables optent pour une fusion avec une firme japonaise. Mais, les nouveaux patrons exigent des résultats quel qu'en soit le prix. le patron de l'OCP s'engage donc à faire construire au plus vite la fameuse mégalopole Delta City, tant vanté depuis le premier film.

Le problème est que ce projet exige une démolition totale des bâtiments et, donc, l'évacuation de la population locale. C'est la que les Rehabs interviennent. Il s'agit d'une unité d'agent financé par l'OCP, chargé de débarrasser les lieux des habitants.  

Face aux médias locaux, le responsable de cette unité, Paul McDaggett, explique que les gens sont emmenés dans des véhicules à destination de structure plus moderne et mieux accueillante. Mais, la vérité est que les camions qui charge les habitants n'ont aucune destination précise et qu'il s'agit juste de flanquer de pauvres gens à la rue, au nom du profit.  

Parmi ses personnes, les parents de la jeune Nikko sont enlevé de leur appartement en pleine nuit et bientot séparée de leur enfant. La fillette ne les reverra jamais.

Nikko se retrouve alors enrôlée dans un groupe de rebelles ou ses talents de hackeuse font merveille. Le petit groupe commence par prendre d'assaut une usine de l'OCP.

Appelé sur les lieux, l'officier Anne Lewis se retrouve dans un guet-apens en plein territoire hostile. Roulant vers l'usine, Robocop perçoit l'appel de détresse de la jeune femme et choisit de faire demi-tour. Une attitude pas du tout du goût des responsables de l'OCP qui exigent que toute trace d'humanité soit évacué des circuits du robot.

Mais, le professeur Mary Lazarus, en charge de Robocop, choisit de ne pas obéir. Finalement récupéré par les rebelles après avoir été trahit par Paul McDaggett et ses hommes, le robot flic est remonté et décide se battre au coté de Nikko et des autres.

Voila les grandes lignes du scénario de ce troisième épisode, qui dévoilent rapidement ses intentions dés ses premières minutes, montrant le début du calvaire vécu par le jeune Nikko, un personnage que les producteurs et le réalisateur semblent vouloir placer au centre de l'histoire, reléguant Robocop au second plan.

Au passage, on remarquera que le robot flic n'effectue sa première apparition que très tardivement. Le spectateur aura également droit à une scène atterrante de stupidité visant à  ridiculiser définitivement l'ED 209.

Le robot n'est d'ailleurs pas le seul à être tourné en dérision, puisque même le personnage de Robocop apparaît comme totalement empoté ici, lors de combats foireux avec des ninja bionique ou ceux ci s'amusent à le piétiner pour le faire tomber. Bref, ce troisième opus s'avère être une catastrophe intégrale.

Dans cette débâcle, inutile de préciser que ce Robocop 3 n'a plus rien à voir avec les deux premiers épisodes. Désormais, la saga s'oriente vers le divertissement familiale nauséeux et vide de sens, triste fin pour une franchise qui avait si bien commencé.