nuitmysteresVincent Price débute sa carrière au théatre dans les années 30, mais, se fait vite remarquer par le cinéma, notamment le cinéaste Otto Preminger, qui lui offre son premier rôle avec Laura, tourné en 1944.

Ill lui faudra pourtant attendre véritablement les années 50, et le succès du long métrage la Mouche Noire, pour enfin accéder à la célébrité.

Tout juste un an après le film de Kurt Neimann, le producteur William Castle a l'idée de l'engager sur un autre long métrage, La Nuit De Tous Les Mystères, aussi appelé Le Manoir Hanté, qu'il réalise lui même.

Pour le début et la fin du film, le cinéaste à l'idée de faire dire quelques phrases à ses acteurs en s'adressant à la caméra. Par ailleurs, il utilisera un squelette en plastique fondant sur les spectateurs à un moment bien précis.

Avec les années, La Nuit De Tous Les Mystères à acquis une réputation d'oeuvre culte et aura d'ailleurs son remake en 1991.

En ce qui concerne l'oeuvre original, hormis Vincent Price, le reste de la distribution est constitué d'inconnu pour un film tourné dans une demeure qui servira plus tard de décor au film Blade Runner.

L'oeuvre s'ouvre sur un cri de femme avant que ne se présente un homme du nom de Watson Prichard qui raconte, face caméra, l'histoire d'une demeure réputé hanté. Puis, c'est Frederik Loren qui explique qu'à l'occasion de l'anniversaire de son épouse, lui et sa femme ont convié plusieurs personnes dans la fameuse maison.

Chacun des invité est décrit en détail, ainsi que les raisons pour lesquels tous sont venus, à savoir l'argent. En effet, Loren à promit une grosse somme à ceux capable de passer une nuit complète dans cette endroit.

Il n'y a donc aucun mystère de ce coté la, les membres invité de cette soirée sont la pour l'argent et ne s'en cache pas, que ce soit une journaliste trop porté sur le jeu, un médecin ou une jeune secrétaire qui travaille pour Frederik Loren.

Personne n'est vraiment enclin à croire au fantômes et pourtant, cette nuit va leur révéler quelques surprises effrayantes et mettre à jour une machination diabolique contre le riche propriétaire.

Malgré les années, le film fait toujours son petit effet et garde son charme, notamment grâce à un scénario plutôt bien troussé (à condition de ne pas connaître le remake, auquel cas la plupart des révélations vous sont déjà connu) et de bons comédiens, dominé par un Vincent Price magistral.

Certes, les quelques trucages ont bien vieilli (le squelette) et certains passages sont un peu facile (la lumière qui s'éteint pour cacher la surprise d'un évènement), mais, ça reste un film sympathique, à condition de ne pas attendre d'éffet choc, car, au final, le réalisateur garde bien le mystère sur cette maison pas comme les autres.  

J'avoue, pour ma part, que je préfère la version de 1991, mais, le film original est néanmoins à découvrir, d'autant que, suite à une erreur, La Nuit De Tous Les Mystères s'est retrouvé libre de droit et peut donc se trouver très facilement sur le net.

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Passons maintenant à autre long métrage dans la filmographie de Vincent Price, à savoir Théatre De sang, réalisé par Douglas Hickox au début des années 70.

Le cinéaste débute sa carrière dans les années 50, ou il officie comme monteur ou assistant à la réalisation, notamment au côté d’Eugène Lourié sur le film de monstre Béhémoth The Sea Monster.

Son premier véritable long métrage en solo, Douglas Hickox le tourne en 1972 avec La Cible Hurlante, adaptation d’un roman de Laurence Henderson, avec Oliver Reed.

Un an plus tard, il enchaine donc avec Théâtre De Sang (ou Théâtre Of Blood) son second film.

Vicent Price est notamment entouré de deux membres du casting de la série Chapeau Melon Et Bottes De Cuir, à savoir Diana Rigg et Ian Hendry, qui apparaissait dans le septième épisode de la saison 1. 

L’idée de Théâtre De Sang provient de deux hommes : Stanley Mann et John Kohn. Tous deux se sont rencontré en 1965 sur le long métrage L’Obsédé de William Wyler, pour lequel ils ont écrit le scénario.

S’en est suivit une solide amitié et l’envie débordante de retravailler ensemble. Avec la collaboration d’Anthony Greville-Bell, qui a notamment œuvré sur le film de cambriolage Perfect Friday avec Sean Connery et Ursula Andress, ils décident de raconter l’histoire d’un acteur de théâtre, nommé Leonard Lionheart, humilié par plusieurs critiques, et qui décide de se venger.

Un scénario extrêmement simple qui va aboutir à une œuvre dont l’ambiance rappelle fortement la série des années 60 avec Patrick Mcnee.

Théâtre De Sang est un long métrage à part, une comédie horrifique assez barré dans laquelle on voit notamment Vincent Price déclamer de manière enjouée du Shakespeare à une troupe de sans-abris.

L’acteur n’hésite pas à s’auto parodier avec bonheur dans ce film ou il se montre particulièrement génialissime.

L'oeuvre de Douglas Hickox navigue constamment entre l’humour noir et la folie furieuse, avec une bonne dose de satire sociale, puisque le film décrit un monde artistique sans pitié, ou les critiques sont des personnes cruelles et quelque peu stupide, plus intéressé par le fait de se goinfrer de petit four et de verres de vin, que de livrer des avis objectifs sur ce qu’ils voient.

Théatre De Sang est un œuvre qui doit également sa réussite à des mises à mort particulièrement original puisque s’inspirant chacune d’une pièce de Shakespeare.

Au menu, entre autres : Une séance chez le coiffeur (ou Vincent Price, à chaque fois déguisé, arbore une coiffure afro) qui se termine en électrocution, un homme noyé dans un tonneau de vin, ou ce type trop porté sur la nourriture qui se rend compte qu’il vient de manger ses propres chiens, cuisiné dans un épais gâteau.

Au niveau réalisation, Douglas Hickox nous gratifie de cadrages souvent originaux (la caméra qui bascule sur le coté, ou filme en contre plongée, lors de certaines scènes). Le film peut compter également sur ses comédiens absolument parfait (Diana Rigg, qui incarne la fille et la complice du comédien vengeur, est incroyable, même affublé d’une paire de lunettes de soleils et d’une grosse moustache),

Ajouter à cela quelques idées plutot hilarantes (les flics du coins sont vraiment idiots), et des passages de pur non-sens (Vincent Price qui se réveille après une chute vertigineuse du haut d’un immeuble, le combat d'escrime digne d'un film de cape et d'épées), et vous obtenez un véritable petit bijou du cinéma d’horreur des années 70, une époque ou certains avaient encore des idées et savaient comment les exploiter.