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En 2014 apparaît sur la chaine Américaine HBO la série True Detective. A l’instar d’autres programmes comme American Horror Story, Il s’agit d’une anthologie, ce qui signifie que les saisons sont indépendantes.

La saison 1, diffusé en janvier aux Etats Unis, obtient très vite un énorme succès, confirmé lors de son passage en France quelque mois plus tard.

Avec des épisodes écrit par le romancier Nic Pizzolatto, qui est aussi le créateur de la série, une réalisation signée Cary Fukunaga, et un duo de comédiens en grande forme, à savoir Woody Harrelson et Matthew McConaughey, le programme démarre très fort et la suite était vivement attendu au tournant.

Comme la précédente, elle contient 8 épisodes, mais, s’orne d’une casting plus prestigieux : Colin Farrell, Rachel McAdams, Taylor Kitch, Kelly Reilly, Vince Vaughn, et les participations de David Morse et Fred Ward.

Du coté de la réalisation, ce n’est plus un, mais, six metteur en scène qui se partagent la mise en scène des épisodes, à savoir Justin Lin, Janus Metz, Jeremy Podeswa, John Crowle, et Daniel Attias, porté disparu depuis le très détesté Peur Bleue, tourné dans les années 80 et adapté de Stephen King.

A noter que Cary Fukunaga, Woody Harrelson et Matthew McConaughey sont toujours mentionné au générique de cette saison 2, mais, cette fois en tant que producteurs.

Qui dit anthologie dit changement d’ambiance et nouveaux personnages. Le premier épisode s’ouvre donc avec un nouveau générique au son de la chanson Nevermind de Leonard Cohen.

On quitte l’ambiance putride et menaçante de la Louisiane pour l’univers plus coloré de la ville fictive de Vinci, à quelques kilomètres de Los Angeles.

C’est la que vivent l’inspecteur Ray Velcoro, le sheriff Antigone ou Ani Bezzerides, l’ancien militaire devenu flic de la route Paul Woodrugh, et le mafieux Frank Semyon ainsi que sa compagne Jordan.

A l’exception de Ray et Frank, aucun des protagonistes de l’histoire ne se connaît lorsque tout commence.

C’est un meurtre qui va les réunir, celui d’un gérant nommé Ben Caspere, dont le cadavre a été retrouvé mutilé sur une aire d’autoroute.

Du fait de l’endroit ou a été trouvé le corps, plusieurs services doivent collaborer et envoient certains de leur éléments pour résoudre cette enquête au plus vite. De son coté, Frank Semyon était en affaire avec la victime et la disparition de Caspere implique aussi celle d’une grosse somme d’argent. Le mafieux est donc, lui aussi, décidé à découvrir l’assassin de son ancien associé.

Lors de la diffusion de cette saison 2, beaucoup ont pointé du doigt une réalisation pas forcement adéquate. Il est certains qu’en troquant la mise en scène de Cary Joji Fukunaga, responsable de la dernière adaptation en date du roman Jane Eyre, contre celle de Justin Lin, à qui l’on doit une grande partie des Fast And Furious, la différence est pour le moins flagrante.

Mais, ce qui distingue surtout cette saison 2, par rapport à la précédente, au-delà de l’aspect visuel, c’est surtout le fait que l’enquête policière semble être ici une sorte de prétexte secondaire, Nic Pizzolatto préférant mettre en avant une galerie de personnages qui ont tous en commun d’être des flics à la dérive.

Ray Velcoro, un homme torturé qui se débat pour garder contact avec son jeune fils au milieu d’un divorce difficile, et des soupçons de corruptions, certains l’accusant d’ètre un ripoux ayant touché des pots de vins.

De son côté, le sheriff Ani Bezzerides n’est pas mieux loti. Fille du gourou d’une secte new âge, elle s’est forgé une carapace de dur à cuire et tente de faire sa place au milieu d’un univers d’homme, mais demeure traumatisé par la mort de sa mère.

La plupart de ses ceux qui l’entoure la jugent coincé et frigide. Pour leur prouver qu’ils ont tort, elle ose sortir avec un de ses collègue, avec qui elle tente ensuite de rompre. Ce qui va s’avérer être une de ses plus grosses erreurs.

Après avoir interpellé une starlette sur l’autoroute, le flic de la route Paul Woodrugh se retrouve embringué dans un scandale sexuel, tandis que d’autre tentent de lui mettre sur le dos certains faits survenus durant la guerre en Irak.

Sur un plan personnel, l’homme se bat aussi contre sa nature, puisqu’il a des tendances homosexuelles qu’il ne parvient pas à assumer.

Quant à Frank Semyon, il s’agit d’un mafieux puissant qui tente de se racheter une conduite, mais découvre que quelqu’un essaie de l’éjecter du circuit.

La mort de Ben Caspere va tous les réunir, de manière plus ou moins direct, certains enquêtant sur lui tandis que d’autres étaient simplement en affaire.

Exit le tueur en série de la saison 1, on plonge cette fois dans une histoire pretexte mêlant sexe, drogue et corruption politique pour un résultat moins intéressant, mais pas aussi mauvais que certains le disent.

Clairement, ce qui sauve cette saison 2, c’est son casting particulièrement bien choisit.

Colin Farrell n’est jamais meilleur que lorsqu’il joue des personnages rebelles et torturés. Autant dure que le rôle de Ray Velcoro était taillé pour lui. Contrairement à son collègue, Rachel McAdams évolue plutôt dans des rôles plus légers, mais, sa performance dans cette saison 2 de True Detective est particulièrement forte.

Mais, la plus grande surprise vient de Taylor Kitch et Vince Vaughn. Le premier n’a pas franchement été gâté au cinéma. Le rôle de Paul Woodrugh lui permet enfin de montrer de réelles qualités d’acteurs. Quant au second, on l’a plus vu dans des comédies, mais, il demeure parfait dans ce personnage de mafieux plus attachant qu’on pourrait le penser.

Dans ce contexte, il est tout de même dommage que tous les protagonistes de l’histoire ne soit pas traité sur un pied d’égalité au niveau scénario. Certains sont en effet plus intéressant que d’autres.

Je pense surtout au rôle incarné par Taylor Kitch, dont il aurait été plus intéressant de creuser son passé de soldat, et l'affaire qui va avec, que son coté homo refoulé.

Au final, très différente de la saison 1, la saison 2 de True Detective vaut donc plus pour la qualité de son casting et ses personnages que pour son scénario, largement moins inspiré.