your name

Si le nom de Makoto Shinkai n’évoque rien pour le grand public, il en est tout autre pour le fan d’animation.

Après un premier court métrage en 1999, l’homme commence à se faire connaître dés 2004 avec son premier film, La Tour Au-Delà Des Nuages, que j’avais déjà évoqué.

Depuis, Makoto Shinkai a fait du chemin, alternant les formats courts (notamment le très beau The Garden Of Words) et longs (le très triste, mais magnifique Voyage Vers Agartha).

En 2016, le réalisateur obtient son premier succès public et critique avec Your Name, adapté d’un roman dont il est lui-même l’auteur.

Même en France, ou les animés asiatiques attirent généralement moins de spectateurs que les grosses productions Américaines, le film de Makoto Shinkai à rencontré son public (malgré une sortie en plein mois de décembre, donc, pas idéal pour se faire une place).

La raison est simple : Your Name semble être une œuvre empreinte de légèreté et de simplicité, du moins, en apparence.

L’histoire tourne autour de deux adolescents qui, de prime abord, ne se connaissent pas et n’évolue pas dans le même coin. Il y a d’abord Mitsuha Miyamizu, une jeune fille qui vit à Itomori, un petit coin de province ou la vie s’écoule paisiblement.

C’est sa grand-mère qui s’occupe d’elle ainsi que de sa jeune sœur, Yotsuha depuis la mort de leur mère. Quant à leur père, actuel maire de la commune, est plus préoccupé par sa campagne pour se faire réélire.

Comme ses amis du lycée, Mitsuha s’ennuie dans son existence et dans sa ville. L’adolescente rêve d’un autre futur, qu’elle envisage à Tokyo.

Mais, pour l’heure, la jeune fille doit se préparer pour grand évènement ainsi qu’une fête au cours de laquelle une comète doit traverser Itomori.

Le second personnage central de l’histoire se nomme Taki Tachibana, un étudiant vivant à Tokyo, qui partage son temps entre ses amis, son école et un petit boulot de serveur dans un restaurant Italien. Lui aussi rêve d’un ailleurs dans un endroit un peu moins agité, mais, pour l’heure, il se contente de son quotidien.

Tout commence lorsque, sans aucune raison logique apparente, Taki se réveille un matin dans le corps de Mitsuha.

Durant une journée, le garçon devra vivre dans le corps de l’adolescente, et partager son quotidien. Un évènement qui se reproduira plusieurs fois, dans les deux sens puisqu’à plusieurs reprises, Mitsuha se réveillera également dans la peau du garçon.

Au départ, chacun croit à un rêve, mais, devant l’incrédulité de leurs proches, ils finissent par admettre la réalité des choses.

Dés sa première scène, Your Name adopte un ton leger, en alternant de nombreux moments amusants comme lorsque Taki, dans le corps de Mitsuha, découvre la sensation d’avoir des seins et se touche la poitrine, suscitant l’incrédulité de Yotsuya qui la surprend.

D’abord étonnés par cette situation inédite, les deux adolescents ne tardent pas à s’en amuser, comme lorsque Mistuha s’arrange pour que Taki ait un rendez-vous amoureux avec sa jeune patronne, qui n’est pas insensible aux charmes du garçon.

Puis, arrivé à la moitié du long métrage, le film change subitement d’ambiance, passant de la comédie au drame.

Partant à la recherche de celle dont il a partagé le corps, et qui a partagé le sien, Taki découvre une douloureuse réalité qu’il était loin de soupçonner.

Dés lors, ce qu’on aurait pu prendre pour un début de comédie romantique se mue en course contre la montre pour changer le destin qui semble inéluctable.

Pour ma part, c’est aussi à partir de cette seconde partie que j’ai commencé à avoir parfois du mal à suivre. Makoto Shinkai semble prendre un énorme plaisir à complexifier à outrance une intrigue jusque-là très simple.

J’avoue que, parfois, entre les moments ou Taki se réveille et ceux ou Mitsuha en fait de même, je ne savais plus qui était dans le corps de qui.

Your Name aurait pu être un très joli film animé, mais cette seconde partie à tendance à amoindrir l’impact de l’œuvre, qui en parfois confuse.

Pour autant, il faut reconnaître qu’avec ce long métrage, le réalisateur ne se trahit pas et reste dans son univers (le thème du destin, très présent dans son cinéma, ainsi que quelques références à The Garden Of Words , comme le personnage de Yukari Yukino, présent dans les deux œuvres, et qui est ici le professeur de Mitsuha).

Malgré mes réserves concernant la seconde partie du long métrage, difficile de nier que Your Name est une belle réussite (visuellement, le film est un bonheur pour les mirettes) d’un des cinéastes les plus prometteur de sa génération. 

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Attardons-nous maintenant sur Fireworks, un autre film d’animation sortit presque un an après le long métrage de Makoto Shinkai, et qui entretient beaucoup de similitudes avec ce dernier, au point que certains trouveront ça plus que troublant.

D’abord, les deux films sont produit et distribué par la même société, que ce soit au Japon avec la Toho ou en France avec Eurozoom.

Mais, surtout, les scénarios des longs métrages se ressemblent a tel point que les deux réalisateurs de Fireworks, Akiyuki Shinbo et Nobuyuki Takeuchi, devront se justifier dans de nombreuses interview.

Selon les deux hommes, le film serait surtout le remake d’un moyen métrage sortit en 1993, réalisé par Shunji Iwai, le futur réalisateur du très bon Hana Et Alice Mène L’Enquête.

Comme pour Your Name, les deux personnages principaux de Fireworks sont deux adolescents, un garçon et une fille. La différence est qu’ils vivent dans la même ville et fréquentent le même lycée.

Mais, Norimichi Shimada et Nazuna Oikawa ne se sont jamais parlés. Au moment ou le film commence, alors que les vacances d’été approchent, l’adolescente s’apprette à déménager, sa mère ayant un nouveau compagnon et souhaitant tout recommencer ailleurs.

Mais, si tout deux n’ont jamais vraiment fait connaissance, ils se sont bien remarqué. C’est pourtant par hasard que Norimichi est témoin du moment ou la jeune fille est violemment emmené par sa mère, alors qu’elle tentait de fuguer.

Malgré la scène qui aurait dû le faire réagir, il reste impuissant et totalement figé. De rage, il jette en l’air une petite balle aux couleurs vives que lui avait donné Nazuna. Il ignore que l’objet est magique.

Fireworks est tout entier construit sur le thème des choix à faire dans notre vie, qu’ils soient bons ou moments, et la façon dont ils influencent, en bien ou en mal, dans notre existence.

Comme souvent en en matière d’amour, le héros, Norimichi, n’arrive pas à avouer ses sentiments à Nazuna, même si celle ci semble bien en avoir pris conscience et n’y semble pas indifférente.

Cette dernière, flanqué d’un nouveau beau-père et contrainte de déménager, se rebelle et envisage de partir.

Totalement pétrifié en voyant celle qu’il aime balancée dans une voiture, l’adolescent décide de changer les choses, mais, sans jamais parvenir à inverser une destiné qui semble inéluctable. C'est la qu'on retrouve également cette thématique du destin déjà présente dans le film de Makoto Shinkai.

D’une nature assez lâche (il est incapable de répondre lorsque son ami lui demande ce qu’il éprouve pour Nazuna), le héros apprends le courage et choisit de prendre des risques, même si ce n’est que pour une journée à partager avec celle qu’il aime.

Il est certain que Fireworks n’a, ni la complexité, ni les qualités visuelles de Your Name. On se rapproche plus de la bluette adolescente un peu naive.

Malgré tout, il faut reconnaître que le film fonctionne grâce à son ambiance et des personnages qui finissent par être attachant. En somme, une oeuvre imparfaite, mais intéressante et divertissante, ce qui n'est déjà pas si mal.

Neanmoins, je terminerais en lançant un appel : Si quelqu'un pouvait m'expliquer la dernière scène que je n'ai absolument pas comprise, je l'en remercie d'avance.