sabrina

Quand on évoque le cinéma d'horreur en général, on pense à des productions Américaines, Allemandes ou Asiatiques, éventuellement Françaises, mais, pas Indonésiennes.

Pourtant, le pays possède une véritable industrie du genre, malheureusement très mal connu chez nous. Parmi les personnalités importantes du cinéma d'horreur locale figure notamment Rocky Soraya.

Après avoir réalisé son premier long métrage en 2008, une comédie romantique pour adolescent baptisé Chika, l'homme change de voie et revient quatre ans plus tard, cette fois en tant que producteur, avec le film Rumah kentang,

Dés lors, celui que certains voient comme le Charles Band Indonésien enchaîne les oeuvres, nombreuses, n'hésitant pas à passer derrière la caméra à l'occasion. En tout, on compte une quinzaine de long métrages produit et parfois réalisé à ce jour.

Depuis quelques temps, l'homme s'est trouvé une certaine affection pour les histoires de poupées démoniaques. Après avoir signé The Doll, en 2016, puis, The Doll 2, un an plus tard, il revient en 2018 avec Sabrina, premier film du bonhomme à parvenir chez nous grace à un partenariat signé avec la plateforme Netflix.

Au casting, on trouve notamment Luna Maya,Christian Sugiono, Demian Aditya, ou encore Sara Wijayanto. Bref, des comédiens très peu connu chez nous.

L'histoire débute par une soirée orageuse au cours de laquelle deux spécialistes du paranormal tentent un exorcisme particulièrement difficile. Quelque mois plus tard, Maïra et son compagnon, Aiden, recueille la petite nièce de la jeune femme, Vanya, dont les parents viennent de mourir.

Malgré les bonnes intentions du couple, la fillette reste morose. Pour tenter de lui redonner le sourire, son oncle lui offre une poupée baptisé Sabrina. Dans le mème temps, l'un des camarades de la fillette lui parle d'un jeu pour contacter les esprits de l'au dela.

Pensant pouvoir parler de nouveau à sa mère, Vanya fait venir, malgré elle, une présence malveillante dont l'arrivée n'est peut ètre pas due au hasard.

Avec Sabrina, le réalisateur/producteur Rocky Soraya montre avant tout qu'il a bien retenu la leçon des Américains, puisque le film peut ètre vu, sur le papier, comme un condensé des derniers succès du moments.

On y trouve un peu d'Annabelle, une pincée d'Insidious et même un petit coté Conjuring, avec la présence d'un couple spécialisé en phénomènes paranormaux, qui vont se révéler tardivement comme les vrais personnages principaux de l'histoire.

Sur la forme aussi, le film fait très Américain. Le réalisateur nous gratifie notamment de deux bullet time et de scène ou il s'amuse à passer sa caméra à travers des portes, ou tout simplement tourner dans un immense appartement.

Mais, malgré tout, il faut bien reconnaître une chose, c'est que l'ensemble se montre relativement plus efficace et réussi que certaines des dernières productions Jason Blum du type La Nonne ou Insidious 4.

A l'évidence, Rocky Soraya connaît son métier, sauf qu'à l'inverse du grand manitou Américain, il ne prend pas le spectateur pour un imbecile et tente de lui offrir le minimum requis.

Il est à préciser que ceux qui pensent avoir affaire à un dérivé de Chucky (en largement plus moche) vont être grandement surprit, car, on est largement plus dans une histoire de possession et de démons, plus méchante que la moyenne.

Tout n'est pas parfait dans Sabrina, mais, le film bénéficie d'une réalisation tout à fait correct et d'un scénario haletant qui ménage quelques surprises. Il s'agit d'un production tout à fait honorable qui ne sombre jamais dans le grotesque, et parvient à maintenir un ton sérieux sur toute la durée du long métrage (qui fait presque 2h tout de même). Un exemple que certains au pays de l'Oncle Sam ferait bien de suivre.

may the devil take youOn rèste en Indonésie avec un autre film, cette fois seulement distribué par Netflix, Sebelum Iblis Menjemput (retitré May The Devil Take You chez nous) mis en scène par Timo Tjahjanto.

Ce nom ne sera sûrement pas inconnu pour certains amateurs, puisqu'on lui doit plusieurs oeuvres très remarqué, notamment Macabre et Killers en 2009 et 2014. Deux films qu'il signe avec son ami Kimo Stamboel, sous le pseudonyme The MoBrothers.

Après s'être fait la main en solo sur des sketchs pour les anthologies The ABCs Of Death et V/H/S/ 2, Timo Tjahjanto se lance dans son premier long métrage, Sebelum Iblis Menjemput, donc.

A noter que, suite à ce film, le bonhomme à enchaîné avec une autre oeuvre, un film de mafia baptisé The Night Comes For Us, également disponible sur Netflix.

Pour le casting de son premier essais , le réalisateur s'entoure de jeunes acteurs assez peu connu chez nous, à l'exception de Ray Sahetapy, qu'on a pu voir dans The Raid ou Killers.

L'histoire commence avec un homme nommé Lesmana. Ce bon père de famille rêve d'être riche et célèbre et, pour cela, il décide de contacter une sorcière qui lui fera signer un pacte avec un démon.

Dix ans plus tard, Lesmana a connu l'enrichissement avec la réussite de sa société, ainsi qu'un second mariage avec une ancienne actrice, épousé après le suicide de sa première épouse.

Curieusement, les choses se sont ensuite vite dégradé et l'entreprise est actuellement dans une fâcheuse posture financière. Comme si ça ne suffisait pas, Lesmana est soudainement atteint d'une étrange maladie qui le plonge dans un coma irréversible. Prévenus qu'il lui reste peu de temps à vivre, ses héritiers se réunissent à son chevet. Il y a Alfie, sa fille biologique née de son premier mariage, et les enfants conçus de son union avec la comédienne : Maya, Ruben et Nara.

Les retrouvailles sont immédiatement tendu, car, Alfie est haïe autant par sa belle mère que par l'une de ses demi soeurs. Et quand cette dernière découvre qu'il est question de vendre une ancienne villa appartenant à Lesmana sans la consulter, elle voit rouge.

Mais, la soirée dans ce bâtiment éloigné et lugubre va rapidement prendre un tour cauchemardesque quand le démon invoqué autrefois par le père est libéré et réclame ce qui lui revient, à savoir l'âme des héritiers. Si le film et son scénario vous évoque Evil Dead, c'est tout à fait normal. Car, avec Sebelum Iblis Menjemput, le réalisateur Timo Tjahjanto à décidé de s'inspirer du cinéma de Sam Raimi

Evil Dead n'est pas le seul film cité (même si le cinéaste en reprend également quelques mouvement de caméra), puisqu'on trouve également quelques références à The Grudge (certaines apparitions du démon sont flagrantes), mais aussi Jusqu'en Enfer (la dernière scène ou l'héroïne se retrouve dans un trou remplit de terre humide et d'eau boueuse en est un quasi copier/ coller). Certains iront plus loin, puisque le film peut faire penser à Démons, le film des années 80 signé Lamberto Bava, à travers certains aspect des possédés.  

Pour autant, Sebelum Iblis Menjemput ne se limite pas un festival de citation stérile. Le réalisateur, également responsable du scénario, parvient à signer une oeuvre qui sait se montrer originale.

D'abord avec un plein ancrage dans les croyance spirituelles de l'Indonesie, mais, aussi, à travers des personnages plus profond que la moyenne. Je pense surtout à Alfie, née du premier mariage de Lesmana et abandonnée très jeune par ce dernier après le fameux pacte avec le démon.

Alfie à vu sa mère emportée par la créature et demeure la seule à savoir que celle ci ne s'est pas suicidée. Pour sa froide et autoritaire belle mère, elle n'est qu'un élément nuisible et ne fait pas partie du clan. L'ancienne actrice n'est pas la seule à le penser et cette élément reviendra à plusieurs reprises dans l'histoire, notamment lorsque Maya, l'une de ses demi soeurs, acceptera volontairement de se faire posséder, uniquement par haine contre Alfie.

Seul garçon de la fratrie, Ruben est un véritable lâche sans envergure. Incapable de prendre une décision, il passe son temps à subir des reproches, y comprit de sa femme, une riche héritière capricieuse. Sebelum Iblis Menjemput contient de nombreuses scènes très réussit (notamment quand le démon, dans le corps de Maya, utilise des poupées vaudous pour massacrer ses victimes) et des effets particulièrement saisissants (la mort de Ruben est aussi forte que cruel), allié à une réalisation pleinement maîtrisé.

Malheureusement, il faut bien dire également que l'oeuvre manque parfois de surprises et possède quelques longueurs (le film compte une vingtaine de minutes en trop, à mon sens).

Cela n'empèche pas Sebelum Iblis Menjemput d'ètre un film d'horreur intéressant et fortement recommandable.