Channel Zéro saison 4

En 2016, la chaîne Américaine Syfy diffuse pour la première fois la série Channel Zéro.

Batie sur le même principe qu’American Horror Story (chaque saison a sa propre histoire), elle s’en détache pourtant en mettant plus l’accent sur les personnages, dans des histoires inspiré de Creepypastas (autrement dit des récit horrifiques qu’on peut trouver sur le net), que certains qualifieront de « plus cérébrales ».

Après Candle Cove, puis, No End House, en 2017, et Butcher’s Block, diffusé en début d’année 2018, voici la quatrième et, pour le moment, dernière saison de la série, baptisé The Dream Door.

A la barre, on retrouve toujours le créateur du programme, Nick Antosca. Celui qui fut l’un des scénaristes de la série Hannibal est cette fois, assisté du cinéaste E.L Katz, surtout connu pour le film Cheap Thrills, en 2013.

Pour The Dream Door, ce dernier officie en tant que co-scénariste et réalisateur des 6 épisodes.

Pour la première fois dans la série, on retrouve, dans le casting, deux comédiens déjà présent sur la saison 3, à savoir Brandon Scott (qui passe du rôle de policier à celui de mari soupçonné d’infidélité) et Diana Bentley (fantôme cannibale dans Butcher’s Block et femme délaissé par son mari dans The Dream Door).

A noter aussi les participations de Steven Weber en thérapeute de couple, et Barbara Crampton en tenancière d’un salon très particulier.

L’histoire de cette saison 4 tourne autour de Tom et Jillian Hodgson, un jeune couple qui vient d’emménager dans une maison ayant appartenu autrefois aux parents du mari.

Tout deux se sont connu très jeune, puis, la vie les a séparés, avant de les réunir à nouveau. Comme beaucoup de couples, Tom et Jillian pensent tout savoir, ou presque, l’un de l’autre. Mais, l’apparition soudaine d’une étrange porte bleue dans le sous sol de la demeure  va leur faire découvrir à quel point ils se trompent.

Cette saison 4, dévoilant comment un couple se retrouve en danger sous le poids des secrets, s’annonçait passionnante sur le papier.

Malheureusement, malgré de bonnes intentions, il n’en est rien. Pour ma part, je dois bien l’avouer : Pour la première fois, j’ai été vraiment déçu par une saison de Channel Zéro, ce qui n’était jamais arrivé jusque la.

Si l’histoire peut sembler intéressante, Nick Antrosca et E.L. Katz en limite beaucoup trop les possibilités.

Personnage centrale de The Dream Door, Jillian Hodgson reste une femme traumatisée par le comportement de son père, qui menait une double vie et a finit par la quitter, elle et sa mère, alors qu’elle était gamine.

Depuis, la jeune femme peine à faire confiance et ce n’est pas le comportement de Tom, qui devient distant et semble lui cacher des choses, qui va arranger la situation.

Mais, très vite, des personnes commencent à disparaître dans l’entourage de Jillian, massacré par un étrange clown contorsionniste baptisé Pretzel Jack.

Créature principale de cette saison, ce dernier, sortie de la fameuse porte bleue, ne parvient jamais à se montrer suffisamment effrayant.

Quant au voisin qui débarque dans la vie du couple et semble vouloir se rapprocher un peu trop de la jeune femme, la révélation sur sa vraie nature est digne d’un soap opéra et s’avère franchement grotesque (c’est le frère de Jillian, il est fou, et il veut se la taper).

Encore une fois, explorer comment les secrets enfouis peuvent détruire un couple est un thème passionnant, mais, ça ne mène qu’à un duel simpliste digne d’un film de super héros, entre deux personnes, l'héroïne et le méchant, qui ont le même pouvoir.

Quant à la réalisation, malgré les efforts d’E.L Katz pour dynamiser l’ensemble, à coup de mouvement de caméra et de jets de couleurs, elle ne cache pas la pauvreté d’un scénario ne parvenant jamais à concrétiser ses promesses de départ.

Quant à Barbara Crampton et Steven Weber, leurs personnages sont aussi superficiel que leur temps de présence à l’écran est réduit. On est loin du traitement royal accordé à Rutger Hauer dans la saison 3.

Au final, The Dream Door constitue une véritable déception, surtout pour une anthologie qui s’était, jusque ici, fait remarquer par sa qualité.