Le_Contrat

Au début des années 80, Arnold Schwarzenegger est devenu une star grâce à ses prestations dans des films comme Conan Le Barbare ou Terminator. 

Mais, ses succès n’empêchent pas le comédien d’avoir un serieux problème avec le producteur Dino De Laurentiis, avec qui il est lié par contrat.

Le nabab n’est pas décidé à laisser filer sa poule aux œufs d’or, dont il compte bien continuer à exploiter le charisme à outrance.

Quelques mois après la sortie du film Commando, Arnold Schwarzenegger reçoit une nouvelle proposition de Dino De Laurentiis, pour un film baptisé Raw Deal (Le Contrat, en vf).

L’acteur accepte uniquement à la condition qu’il puisse en terminer avec le producteur à l’issue du tournage.

A la barre du long métrage, John Irvin, a qui l’on doit quelques films de guerre comme Hamburger Hill ou Les Chiens De Guerre.

Autour d'Arnold Schwarzenegger, un beau casting de trognes comme on en voit plus. Robert Davi, qu'on a pu notamment voir en agent du FBI dans Piège De Cristal, Ed Lauter, Sam Wanamaker ou encore Darren Mc Gavin.

L’histoire tourne autour de Mark Kaminsky, shérif dans une petite ville, qui voit ressurgir dans sa vie Harry Shannon, son ancien chef, du temps ou il bossait au FBI, dont il a été viré après brutalisé un peu trop le meurtrier d'une petite fille.

Harry Shannon vient de perdre son fils, abattu alors qu'il protégeait le témoin d'un procès contre Luigi Patrovita, le chef tout puissant de la mafia de Los Angeles .

En échange d’une réintégration au FBI, l'ancien chef de Mark Kaminsky lui propose d’infiltrer l’entourage de Luigi Patrovita, pour mieux le coincer.

Le Shérif accepte, se fait passer pour mort et prend l'identité du criminel Joseph P. Brenner. Mais, il ignore jusqu’ou cette mission va le conduire.

A sa sortie, Le Contrat ne connut pas le succès (il se fit notamment doubler par Cobra, avec Sylvester Stallone), ce qui dut faciliter la transaction de départ entre Arnold Schwarzenegger et Dino De Laurentiis.

Encore aujourd’hui, le film de John Irvin est loin d'être le plus cité par les fans du comédiens.

Ce qui s’avère plutôt dommage, car, si l'oeuvre possède pas mal de défauts et a quelque peu vieilli, ça reste un film honnête et bien rythmé.

Mais, surtout, contrairement à un long métrage comme Commando, la star est ici plus exploité pour ses talents de comédiens que pour sa propension à faire tout exploser.

Et c’est sans doute ce qui a valut au film d’être rejeté par le grand public. Bien sur, on trouve quelques scènes orienté action, comme celle qui clôture le film, ou Arnold Schwarzenegger flingue à tout va des méchants, mais, une bonne majorité du métrage est centré sur l’histoire d’un homme ayant une vie minable, une femme, alcoolique, qui lui casse les burnes, et qui se retrouve soudainement dans le monde du pouvoir et de l’argent facile, ce qu’il n’a jamais connu.

Un univers qui va rapidement lui tourner la tète, jusqu'à ce que le danger le ramène à la raison. .

Certains trouveront sans doute qu’il se passe pas grand chose dans le film de John Irvin, mais, pour ma part, je trouve que Le Contrat permet de voir une autre facette d’Arnold Schwarzenegger, plus dans la prestation que dans l’action.

Encore une fois, si le long métrage reste imparfait, c’est loin d’être le pire dans la carrière du comédien.

sabotage

Passons maintenant au second film de cette double chronique, qui nous entraîne dans un bon dans le temps d’une dizaine d’années.

Nous sommes en 2016 et, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’Arnold Schwarzenegger n’est plus la star qu’il fut autrefois. Pourtant, à plus de 60 ans, le comédien continue d’y croire et multiplie les tentatives pour revenir au devant de la scène. Après sa parenthèse électorale, il enquille à nouveau les longs métrages, mais, tous se soldent par des échecs au box office.

Un an an après Le Dernier Rempart et Evasion, Arnold Schwarzenegger retente sa chance en 2014, avec Sabotage,

Un projet qui, à l'origine, devait ètre une adaptation du roman d'Agatha Christie, Les Dix Petits Nègres, et s'intitulerTen. Bruce Willis devait jouer le rôle principal, et Patrick Alessendrin, le réalisateur de 15 Aout et la suite de Banlieue 13, était censé assurer la mise en scène.

Mais, les deux hommes finiront par renoncer. Seul Skip Woods, le scénariste, et le producteur Joe Roth, resteront à la barre. Au bout de quelques mois, ils finiront par engager David Ayer a la réalisation. 

Immédiatement, le réalisateur de Training Day et Au Bout De La Nuit se dit ravit de tourner avec Arnold Schwarzenegger : "c'est un extraordinaire acteur de film d’action, mais ce rôle est différent de ce qu’il a fait jusqu'à présent, cette fois il ne porte pas le film tout seul, il est entouré par de formidables partenaires ".

[Ces "formidables partenaires" sont, entres , Sam Wortington, Josh Holloway, Terrence Howard, Olivia Williams et Mireille Enos.

Le film tourne autour d’une unité secrète de la DEA, spécialisé dans les opérations difficiles. Lors d’une mission, l’équipe doit démanteler un réseau de trafiquants de drogue et récupérer l’argent de la came pour le compte du gouvernement.

Mais, il s’avère rapidement qu’il manque 10 millions de Dollars sur la somme récolté. Immédiatement, une enquête est ouverte et le chef du groupe, John « Breacher » Wharton, est soupçonné.

Comme si ça ne suffisait pas, les agents commencent à être tué les uns après les autres, poussant certains à se demander quel secret peut bien se cacher dans l'équipe.

A sa sortie, Sabotage s’est largement fait déchirer par une majorité de critiques. Il faut dire que le film a joué de malchance dés le départ (plusieurs scènes ainsi que la fin initialement prévu ont été changé, pour ne pas déplaire aux fans d'Arnold Schwarzenegger et aux producteurs).

Le résultat donne un film qui ne sait jamais dans quel direction aller. La première scène fait penser à un dérivé d’Expandables, avec cette bande de costaud s’en allant defoncer du trafiquant de drogue.

Puis, le film change de tonalité en lorgnant vers le thriller sans grande tension, le seul suspense étant de savoir qui a piqué l’argent et qui tue les agents (le spectateur qui a suivit le film jusque là en aura une idée assez précise et évidente).

Ce n’est que dans les dernières scènes qu’on revient à l’action, avec un rebondissement final totalement improbable, faisant d’Arnold Schwarzenegger un type pouvant mitrailler n’importe quel terroriste en un minimum de temps, mais, incapable de protéger sa famille des méchants et contraint d’attendre des années avant de pouvoir le faire. Le concept de justice expéditive propre au comédien en prend un sacré coup.

A mon sens, Sabotage aurait pu être une belle réussite. Les comédiens y sont plutôt bons, la vulgarité des dialogues ne m’a pas spécialement choqué (les conversations entre mecs, c’est rarement du Molière, et ça tournent souvent au dessous de la ceinture), mais, ce n’est pas le cas, la faute à un scénario bancale (déjà derrière les scripts de Die Hard 5, Opération Espadon ou Hitman. Bref, un vrai pro de l'écriture)  et stupide qui multiplie les incohérences. Bref, ce qui s'annoncait comme une bon petit plaisir coupable est en fait un vrai pétard mouillé dont l'interet est très proche du zéro.