11Nous sommes au matin de la fin d'année 2009, dans la ville de Lyon. Un convoyeur de fond nommé Tony Musulin vient de quitter la banque de France avec son véhicule de transport. A l'interieur, la plus grosse somme d'argent que l'entreprise ou il travaille ait jamais chargé.

La destination d'arrivée est le centre fort de Loomis. Soudain, alors que ses deux collègues viennent de descendre du véhicule, Tony Musulin effectue une marche arrière et disparaît.

Immédiatement, l'affaire est médiatisé, et la police recherche le précieux chargement. Mais, il demeure introuvable, tout comme le convoyeur de fond.

Seul le véhicule de transport sera retrouvé, vide. Durant plusieurs semaines, Tony Musulin restera comme l'homme le plus recherché de France, mais, c'est lui qui finira par se livrer à la police monégasque, qui le livrera le 16 novembre aux autorités tricolore.

Deux ans après les faits, la journaliste Alice Géraud-Arfi décide d'écrire Toni 11,6. Histoire du convoyeur, un livre dans lequel elle livre plusieurs confessions que lui aurait faite Tony Musulin.

C'est sur ce bouquin que se base le film 11.6, réalisé par Philippe Godeau en 2013. l'homme est plus connu en tant que producteur (notamment à travers sa société Pan Européenne, dont il demeure un des dirigeants) que pour sa filmographie (il n'avait signé qu'un seul film avant celui ci, Le Dernier Pour la Route, en 2009).

Pour ce second long métrage, il engage à nouveau le comédien François Cluzet, déjà à l'affiche de son précèdent film.

Dans 11.6, on trouve aussi Bouli Lanners, Corine Masiero, Eric Bernard, et les apparitions de Mehdi Nebbou et Lionel Astier.

L'histoire suit les grandes lignes du fait divers de l'époque. On suit un homme nommé Tony Musulin, convoyeur de fond peu considéré par sa direction, et qui vit avec la propriétaire d'un bar, dans son établissement, à Lyon.

Un jour, constatant une différence de salaire sur son bulletin par rapport à son collègue qui a fait le même nombre d'heures que lui, Tony Musulin monte à l'étage voir son patron.

Mais, celui ci le reçoit froidement et le chasse vite du bureau, sans vraiment prendre la peine de l'écouter. Pour le convoyeur, c'est l'humiliation de trop. Il décide de punir l'entreprise à sa manière.

Il loue un garage et commence à y faire des aménagements toutes les nuits, s'arrange pour se fâcher très sérieusement avec son meilleur ami et collègue, Arnaud, et fait en sorte que sa compagne, Corine, le quitte.

Le matin du 05 novembre 2009, sans en avoir parlé à quiconque, il disparaît avec 11 600 000 euros, planqué dans un fourgon qu'il transportait.

Je dois l'avouer, même si , d'ordinaire, j'apprecie beaucoup le jeu d'acteur de François Cluzet, j'avais vraiment du mal à l'imaginer dans la peau d'un tel personnage avant de voir le film.

Pourtant, si il y a bien un élément à retenir dans 11.6, c'est la prestation parfaite du comédien. Peu bavard, mais, extrêmement manipulateur, en plus d'ètre un énorme mythomane, le personnage, tel qu'il apparaît dans le long métrage, est surtout un homme qui rêve à une vie qu'il ne pourra avoir. Alors, il invente, quitte a mentir, ce qui ne lui pose aucun soucis.

Il s'achète une voiture de sport ultra luxueuse et prétend que c'est pour faire plaisir à sa compagne, alors que lui est connu pour aimer ce genre de véhicule, et qu'elle s'en fiche. Il drague une femme lors d'une soirée, presque en la harcelant, et prétendra aimer la montagne juste parce qu'elle est guide.

Au final, ou est la vérité ? On le ne saura pas, tout comme le fait de savoir si Tony Musulin a commit son vol pour humilier son entreprise ou par pure envie de célébrité.

Phillippe Godeau ne juge jamais, ni le personnage, ni ses actes, et laisse le spectateur se faire sa propre opinion sur les faits. Du même coup, il évite de se pencher sur la psychologie de Tony Musulin et c'est, à mon sens, ce qui manque véritablement au film, qui se borne à retracer les faits.

Malgré une réalisation trop classique, 11.6 demeure un thriller haletant qui doit beaucoup à ses comédiens, notamment François Cluzet, mais, aussi Bouli Lanners en ami fidèle victime des brimades des collègues qui le trouvent simplet, et Corine Masiéro, en patronne de restaurant dont le seul tord est d'ètre trop amoureuse de Tony Musulin.

Bref, le long métrage de Philippe Godeau n'est pas forcement la réussite qu'on aurait pu attendre au vue du sujet, mais, ça reste une oeuvre intéressante porté par d'excellents acteurs.