dark-shadows-afficheRévélé au début des années 80, Tim Burton se fait rapidement fait une place à part dans le monde du cinéma, grâce à des long métrages comme Beetlejuice, les 2 Batman avec Michael Keaton, Ed Wood, Sleepy Hollow ou encore Edward Aux Mains D’Argent.

Puis, à partir de 2001, alors que sa carrière est plutôt couronné de succès, c'est la dégringolade, Son remake de La Planète Des Singes déçoit unanimement la presse et le public, tout comme son adaptation de Charlie Et la Chocolaterie ou sa version d'Alice Aux Pays Des Merveilles.

Mais, surtout, ces films montrent que le réalisateur est entré dans une espèce de conformisme. Tim Burton peine désormais à retranscrire ce coté imaginatif qui avait fait son succès.

En 2012, le réalisateur annonce deux nouveau projets. Tout d'abord un long métrage d'animation baptisé Frankenweenie, et une adaptation d'une série télévisée des années 70, Dark Shadows.

Pour ce nouveau film, Tim Burton s’entoure d'actrices et de comédiens familier de son univers. Johnny Deep (son acteur fétiche depuis des années), Michelle Pfeiffer (qui avait déjà travaillé avec le réalisateur sur le second Batman), Helena Bonham-Carter (femme du réalisateur à la ville et actrice sur Sweeney Todd ou Alice Aux Pays Des Merveilles) ou la participation du regretté Christopher Lee (également coutumier des caméo chez le cinéaste, à l'époque, et qui se fait ici hypnotiser par le vampire, joli clin d’œil pour l’ancien interprète de Dracula).

A ce casting s’ajoute des petits nouveaux comme Chloé Grace Moretz, Eva Green, Jackie Hearl Haley et une apparition de Alice Cooper en personne.

Le film s’ouvre tout simplement de manière dantesque avec une présentation du personnage principal ou Tim Burton semble retrouver son génie. Nous sommes en 1752 et la famille Collins déménage de Liverpool en Amérique, afin de démarrer une nouvelle vie. C’est le début d’une grande période de richesse pour la famille.

Le père fait construire un port de pèche qui lui rapporte beaucoup d’argent avant de bâtir autour une ville baptisé Collinsport. 20 ans plus tard, c’est au fils, Barnabas, de reprendre l’entreprise familiale. Habitant désormais un grand manoir, le nouveau responsable est un séducteur riche, puissant et sur de lui qui multiplie les conquètes féminines, notamment Angelique Bouchard, une jeune servante qui tombe folle amoureuse de lui. Mais, Barnabas ne souhaite pas de liaison durable et rompt avec elle au bout de quelques temps.

Grossière erreur, car, la jeune femme est une sorcière. S’ensuit la mort des parents de Barnabas ainsi que le suicide de sa fiancée avant que lui même ne se retrouve changé en vampire et enfermé par des villageois manipulés par Angelique dans une caisse ou il sera enterré vivant.

Deux siècles plus tard, une jeune femme du nom de Victoria Winters arrive au manoir ou elle vient d'être engagé par la famille Collins Stoddard comme nounou pour s’occuper du jeune David.

Sur place, elle fait la connaissance des occupants, à savoir Roger Collins, le père de famille et donc, le jeune David qui continue à affirmer voir régulièrement le fantôme de sa mère pourtant décédé récemment, la nouvelle compagne du mari,  Elisabeth Stoddard, qui tente de gérer la maison ainsi que sa fille, Carolyn, une adolescente rebelle, mais, aussi le Dr Julia Hoffman, qui suit David, et Willie Loomis, le gardien des lieux.

Dés le début, Victoria se trouve face à l’ambiance particulière régnant entre tout les occupants du manoir auquel elle tente de s’habituer.

Pendant ce temps, des ouvriers en train de creuser le sol tombe sur la caisse contenant Barnabas et, par curiosité, défont les chaînes, ce qui libère le vampire qui, immédiatement, s’en prend aux hommes.

Ayant fait le plein de sang frais, Barnabas découvre alors cette nouvelle époque à laquelle il ne connaît rien, et se rend vers le manoir ou il fait la connaissance d’Elisabeth qui le fait passer pour un cousin éloigné.

La vampire apprend alors que l’entreprise familiale subit de plein fouet la concurrence d’un autre groupe puissant dirigé par Angelique Bouchard elle même (ses pouvoirs de sorcières lui ont permis de rester jeune tout en traversant les époques).

Décidé à redonner au nom des Collins son prestige d’antan, Barnabas compte bien lutter contre la sorcière qui, de son coté, fera tout pour renvoyer une bonne fois pour toute le vampire dans sa caisse.

C’est donc un film fantastique qui penche beaucoup moins du coté de la comédie qu’on aurait pu le penser. En fait, c’est surtout le cas sur certaines scènes dont la plupart sont franchement réussi (lorsque Barnabas découvre le sigle Mac Donald et qu’il assimile le M à Mephistophèles, la scène d’amour entre le vampire et Angelique sur du Barry White, la réflexion de Barnabas au sujet d’Alice Cooper : « C’est la femme la plus laide que j’ai jamais vu »), mais, pour le rèste, Tim Burton parvient à garder un ton sérieux, n’hésitant pas à signer des passages bien violent (le massacre des ouvriers, notamment ou encore les scènes de morsures de Barnabas).

En ce qui concerne le casting, tout les comédiens sont au diapason, que ce soit Michelle Pfeiffer, excellente en châtelaine ou encore Johnny Depp qui interprète parfaitement ce vampire torturé, parfois cruel, mais, très attachant. Mais, c’est sans aucun doute Eva Green en méchante et perverse sorcière qui effectue la meilleur performance.

Par contre, petit regret, la révélation finale concernant le personnage incarnée par Chloe Moretz est un peu trop vite expédié, sans compter une séquence bestiale beaucoup trop courte, et des maquillages un peu trop minimaliste pour une telle créature.  

Même si le film ne figure pas parmi les meilleurs de Tim Burton, Dark Shadows montre que le réalisateur en a encore sous le pieds et peut, lorsqu'il s'en donne la peine, se montrer particulièrement en forme.