les 3 jours du condor

"Il ne faut jamais dire jamais, mais je suis arrivé à la conclusion que jouer la comédie, c'est fini pour moi." C'est par ces mots que Robert Redford annonce officiellement sa retraite, à l'age de 81 ans, le 6 août 2018. Une annonce qui en a surpris certains, ignorant sans doute que l'acteur avait déjà évoqué cette même envie deux ans auparavant.

Parce que l'homme fait partie des derniers monstres sacré du cinéma et qu'il compte plus de 60 années de carrière, quand certains tentent de réduire sa filmographie à quelques apparitions au cours de ces cinq dernière années (bravo au passage aux auteurs d'une vidéo sur youtube prétendant que sa meilleur oeuvre est Captain America : Civil War), j'ai décidé de lui rendre hommage en évoquant deux films tourné dans la période 70 et 80.

On commence avec Les Trois Jours Du Condor, réalisé par Sidney Pollack en 1975, et adapté du roman de James Grady, Les Six Jours Du Condor, paru un an plus tôt.

A cette époque, Robert Redford à entamé une longue collaboration avec le réalisateur, qui à déjà donné naissance à quatre long métrages : Propriété Interdite, en 1966, puis, Jeremiah Johnson et Nos Plus Belles Années, huit et neuf ans plus tard.

Les deux hommes tourneront encore trois autres films ensemble : Le Cavalier Électrique, Out Of Africa et enfin, Havana, dans les années 90.

Outre Robert Redford, on trouve Faye Dunaway, qui sort tout juste du tournage de La Tour Infernale de John Guillermin, mais aussi, Cliff Robertson et Max Von Sydow. 

L'histoire se concentre sur Joseph Turner, employé dans une unité secrète de la CIA, dont le travail consiste surtout à traduire et corriger les documents publié à travers le monde, qu'on lui envoie.

Un jour, il fait parvenir une lettre à ses supérieurs, évoquant ses soupçons au sujet d'un réseau clandestin dont les responsables sont en contact avec certains membres de l'agence de renseignement.

Le lendemain, alors qu'il est partit acheter de quoi manger pour lui et ses collègues, ceux ci sont assassiné. Après les avoir découvert, Joseph Turner tente d'alerter ses responsables, mais, se rend vite compte que quelque chose ne va pas.

L'homme est vite pourchassé et ne sait bientôt plus à qui faire confiance. Décidé à découvrir la vérité, celui que certains surnomme "Le Condor" se lance dans une fuite éperdue à travers toute la ville. Il y a croisera notamment Katy Hale, une femme qu'il enlève avant d'en faire sa complice provisoire.       

Ce n'est pas un hasard si Les Trois Jours Du Condor est sortit à peine an après le scandale du Watergate, affaire politique qui poussa le président Richard Nixon à démissionner.

Car, en adaptant le roman de James Grady, journaliste et écrivain qui publiera d'ailleurs La Ville Des Ombres, une enquête sous forme de roman sur la fameuse affaire au début des années 2000, Sidney Pollack en profite pour s'interroger sur les véritables fonctions de certaines agences gouvernementale, leurs influences réelles et les secrets d'alcove qu'elles peuvent cacher.

Le réalisateur ne sera pas le seul à se poser ce genre de questions, puisque, la même année, sortiront deux autres long métrages traitant des arcanes du pouvoirs : A Cause D'Un Assassinat d'Alan J. Pakula et Conversation Secrète de Francis Ford Coppola.

A travers un scénario qui mêle l'espionnage et la politique, Les Trois Jours Du Condor évoque également les choix que nous sommes tous amenés à faire dans notre vie. Le personnage de Katy Hale s'apprete à rejoindre son compagnon à la montage lorsqu'elle est enlevée par Joseph Turner. D'abord terrifiée, elle le prendra ensuite pour un fou avant de tomber amoureuse de lui.

La jeune femme devra alors décider si elle veut mener une vie dangereuse, en étant sans cesse pourchassée, ou la sécurité auprès de celui qui l'attends. 

Doté d'un excellent casting et d'une réalisation parfaitement maîtrisé, Le long métrage de Sidney Pollack reste un grand film d'espionnage très prenant, et dont la dernière scène s'avère glaçante. Assurément, un classique du genre qui n'a rien perdu de son efficacité.

brubaker

Quittons maintenant les rivages du film d'éspionnage pour aborder un long métrage dramatique avec Brubaker, tourné en 1980 par Stuart Rosenberg. Le réalisateur d'Amityville, la Maison Du Diable adapte, cette fois, le roman Accomplices to the Crime: The Arkansas Prison Scandal, écrit par Tom Morton et John Hyams à la fin des années 60. 

Un livre autobiographique ou les deux auteurs faisaient surtout un état des lieux plutôt alarmant de la gestion d'une prison en Amérique.

Robert Redford est évidemment la tète d'affiche principale de ce film, mais, on trouve aussi une belle brochette de comédiens, la plupart souvent abonnés au second rôles, mais, très reconnaissable pour le cinéphile observateur.

C'est le cas de Yaphet Kotto, qu'on a pu voir dans le premier Alien, Vivre Et Laisser Mourir ou Running Man, David Keith, M Emmett Walsh, Joe Spinnell (Maniac forever), ou un comédien encore débutant, à l'époque, du nom de Morgan Freeman.  

L'histoire se déroule à la prison de Wakefield, établissement pénitentiaire de haute sécurité considéré comme un des meilleurs du pays. Régulièrement arrivent de nouveaux détenus et parmi la dernière livraison figure Henry Brubaker.

Au départ, personne ne fait attention à lui. Après tout, il n'est qu'un détenu parmi d'autres. Mais, l'homme prend le temps d'observer son environnement et le fonctionnement de la prison. 

Il y découvre la corruption des gardiens, les violences physiques infligés aux prisonniers, l'exploitation des détenus que l'on fait travailler, de manière non déclaré, pour le compte de certaines entreprises de la ville ou le manque d'hygiène puisque tous les prisonniers sont entassé dans un baraquement lugubre qui s'écroule progressivement.

Il faudra quelque jours avant qu'Henry Brubaker dévoile les véritables raisons de sa présence à Wakefield. Il en est le nouveau directeur, chargé de réformer les lieux.

Mais, ses méthodes, parfois orthodoxes et peu banales, ne lui valent pas que des amis. Difficile d'instaurer un changement quand certains, que ce soit parmi les gardiens ou les membres du conseil d'amnistritation, veulent que les choses restent en l'état.

Le film de Stuart Rosenberg est surtout l'histoire du combat d'un homme qui souhaite faire évoluer le système carcérale. Dés sa prise de position, l'ancien directeur le prévient : "Vous avez une chose intelligente, c'est d'arriver en prisonnier, et, une chose bête, c'est d'avoir brisé votre anonymat".

Mais, Henry Brubaker est un homme aussi têtu que courageux, qui commence par remettre de l'ordre dans certaines pratiques, ce qui fait déjà grincer quelques dents. mais, lorsqu'un détenu vient évoquer la présence de cadavres enterrés sur un terrain attenant à la prison, et que le directeur se mets en tète de creuser pour trouver ces fameux cadavres, le politique locale commence à mettre la pression sur lui.

Dans la peau de cette homme engagé pour une tache qu'il compte bien mener jusqu'au bout, Robert Redford domine le reste de la distribution, ce qui n'enlève rien au talent des autres comédiens.

Le film aurait pu être encore plus réussi avec une mise en scène élaboré. Malheureusement, Stuart Rosenberg filme le tout à la manière d'un téléfilm, ce qui a tendance à amoindrir le sujet.

Malgré ce défaut, Brubaker reste un biopic engagé et fort sur un système carcérale dont certaines pratiques n'ont malheureusement pas forcement changé aujourd'hui.