American-Nightmare-Affiche-France

James DeMonaco démarre sa carrière au milieu des années 90, en tant que scénariste, sur des films comme Jack de Francis Ford Coppola, Négociateur de F. Gary Gray ou encore Assaut Sur Le Centrale 13 de Jean François Richet.

C'est sur ce dernier qu'il croise, pour la première fois, le comédien Ethan Hawke. Les deux hommes se lient d'amitié et, quelques années plus tard, lorsque James DeMonaco réalise son premier long métrage, Little New York, il en confie le premier rôle au comédien.  

En 2013, James DeMonaco revient avec un nouveau long métrage, baptisé The Purge, sortit chez nous sous le titre American Nightmare.

Un film dont l'idée est venu au réalisateur après un accident qui aurait pu avoir des conséquences dramatiques.

Ce dernier se trouve en voiture avec sa femme, lorsqu'un chauffard peu prudent manque de l'emboutir : "Quand nous sommes repartis, ma femme m’a dit : ‘Si seulement on avait droit à un meurtre, une fois par an, je l'éliminerais' Ça m’a choqué. Et ça n’est pas sorti de ma tête", raconte-t-il.  

James De Monaco rédige alors un script dépeignant le climat de violence dans lequel son pays semble s'enfoncer.

Le film est finalement produit par deux personnalités plutôt antagonistes, mais, qui, d'une certaines manière, ont chacun en commun d'avoir leur propre conception du cinéma d'horreur.

 En premier lieu, Jason Blum, un choix surprenant vu que le bonhomme et sa société, Blumhouse Pictures, se sont beaucoup plus spécialisé dans les histoires surnaturelles, genre Conjuring ou Sinister, sans oublier les films en found footage du type Paranormal Activity.

De l'autre coté, Michael Bay qui, via sa société Platinum Dunes, s'est surtout illustré dans les remakes du type Massacre A La Tronçonneuse ou Hitcher. Deux personnalité, donc, qui se retrouvent sur un film n'ayant rien de surnaturelle, et qui n'est pas un remake. Quand je disais que cela pouvait paraître bizarre.

Au niveau du casting d'American Nightmare, outre Ethan Hawke, on trouve également Lena Headey, Max Burkholder, Chris Mulkey, Adelaïde Kane ou encore Tony Oller.

Le point de départ du film est plutôt original : En 2022, aux États Unis, la criminalité à été quasiment réduite à néant et le chômage n'atteint plus que 1% de la population. Mais cette période de prospérité n'est pas due au hasard, mais, à la purge. Il s'agit d'un système voté par le gouvernement en place, surnommé Les Pères Fondateurs,  dans laquelle, 1 fois par an, la violence est permise durant 12h. Plus de service de police, de pompiers ou d'urgence. Chacun peut donner libre court à ses pulsions meurtrières en toute tranquillité.

L'occasion également de régler quelques comptes, avec votre patron, votre banquier, ou même vos voisins. A quelques heures du démarrage d'une nouvelle soirée de purge, James Sandin, un vendeur de système de protection high tech, rentre chez lui retrouver sa famille. Mais, il est loin de se douter que, cette année, la violence va également s'abattre sur lui et ses proches.

Au niveau du concept, il est plutôt bien exploité et même renforcé par un choix plutôt judicieux, celui de placer l'action uniquement dans l'immense demeure des Sandin. Le réalisateur parvient merveilleusement à maintenir la tension durant une bonne partie du film, tout en exploitant son décor.

Malheureusement, le film souffre également de plusieurs défauts, notamment certaines facilités scénaristique, tel ce gosse à baffer qui accumule les conneries au risque de mettre sa famille en danger, ou le petit ami venu régler des comptes avec le père de sa copine, élément pas franchement essentiel et qui n'influera pas sur la suite des évènements.

Enfin, il faut reconnaître que la dernière partie n'est guère à la hauteur, la soirée virant finalement au jeu de massacre un peu simpliste. En outre, le message martelé par le réalisateur, à savoir que la violence est en chacun de nous, n'est guère nouveau, tout comme cette parabole sur les riches.

American Nightmare n'en est pas moins un bon film, très bien joué, notamment par Ethan Hawke, et ce malgré quelques défauts évoqué plus haut, ainsi qu'un concept qui, je le répète, est original, mais, pas forcement novateur.   

American Nightmare 2 : Anarchy : Affiche

Peu après la sortie de ce premier opus, qui obtient un joli succès, une suite est rapidement envisagé, et baptisé American Nightmare 2 : Anarchy.

Trop heureux de pouvoir approfondir son idée de départ, James DeMonaco rempile à la réalisation, et annonce rapidement que cette suite se déroulera, cette fois, en pleine ville.

Pour le casting, il contacte le comédien Frank Grillo, déjà aperçu dans des films comme Warrior ou le Territoire Des Loups, et lui propose le premier rôle de cette suite. 

Tout comme pour Ethan Hawke sur le premier épisode, James DeMonaco à déjà croisé Frank Grillo, sur la série d'action Kill Point : Dans La Ligne De Mire, que le réalisateur à produit en 2005.

Le casting de cette suite est également composé de Kiele Sanchez, Justin Machado, John Beasley ou Zach Gildford.

L'histoire se déroule un an après les évenements du premier film. Alors qu'une nouvelle nuit de purge s'annonce,  Eva, une serveuse, se hate de rentrer chez elle retrouver sa fille et son père, malade. Pendant ce temps, Shane et Liz, un couple au bord de la rupture, roulent en voiture après avoir fait quelques courses. Ils tombent soudainement en panne et se retrouvent coincés au milieu du centre ville.

De son coté, Léo Barnes, un ancien militaire ayant perdu son fils dans un accident, s'apprette à prendre son véhicule et à profiter de la purge pour faire sa justice.

Tous ces personnages différents vont se rencontrer et devoir s'entraider pour ésperer survivre à la nuit la plus cauchemardesque de leurs vies.

Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'avec American Nightmare 2 : Anarchy, James DeMonaco développe considérablement son concept, laissant à penser qu'il n'avait finalement fait que l'éffleurer dans le premier opus.

On se retrouve donc au milieu des rues sombres d'une ville ou toute forme de violence est fortement encouragé. Mais, certaines règles ont changé. De plus en plus de gens se barricadent chez eux durant cette nuit meutrière et refusent de participer à la purge. Des unités militaires sont donc déployés et vont évacuer les personnes de chez elles pour les lacher en pleines rues.

On découvre également un système ou des pauvres sont monnayés et utilisés,ensuite, par des notables pour des chasses à l'homme. Ce second opus permets également de mesurer, encore plus, le coté fasciste qui se cache derrière la fameuse purge, qui vise surtout à éliminer les pauvres. Une population opprimé qui a, désormais, décidé de se rebeller.

American Nightmare 2 : Anarchy est donc une suite plus riche, scénaristiquement parlant, mème si la plupart des personnages ne s'éloignent guère des stéréotypes, hormis le héros, incarné par Frank Grillo, homme rongé part la vengeance et qui, malgré le fait qu'il sauve des individus innocent, n'en est pas pour autant un héros, comme le montre la scène final ou il effectue sa propre purge.

Malgré ses défauts et ses grosses ficelles (le couple qui va faire ses courses avant la purge se retrouve évidemment piégé), cette suite se montre à la hauteur et parvient à approfondir les thématiques du précèdent épisode.