monsieur klein

En 1972, Alain Delon, alors au sommet de sa carrière, rencontre le réalisateur Joseph Losey, avec qui il tourne L'Assassinat De Trotsky. Le style cinématographique comme la personnalité du cinéaste divise, mais, les deux hommes s'entendent si bien durant le tournage que le comédien décide de produire, quatre ans plus tard, le nouveau long métrage de Joseph Losey, Mr Klein.

Pour l'occasion, le réalisateur retrouve également le scénariste et écrivain Franco Solinas. Ce sera leur dernière collaboration, puisque ce dernier décédera au début des années 80.

Au niveau du casting, et comme souvent dans la filmographie d'Alain Delon, le comédien se trouve, ici, entouré d'une belle distribution, parmi lequelles Jeanne Moreau, Jean Bouise, Suzanne Flon, Michael Lonsdale, ainsi que les apparitions de Michel Aumont et de Gerard Jugnot (dont la participation se limite à une scène, ou il explique le mécanisme d'un appareil photo au personnage incarné par Alain Delon)

L'histoire se déroule en 1942. Paris est sous occupation Allemande. Comme beaucoup, Mr Klein tente de s'en sortir, en rachetant des objets d'arts (souvent des tableaux) qu'il essaye, ensuite, de revendre.

Un jour, alors qu'un client vient de partir, le marchand découvre sous sa porte un exemplaire de L'Information Juive. Persuadé d'une erreur, il se rend aux bureau du journal. C'est la qu'il découvre qu'un homonyme semble se servir de son identité. En décidant d'enquêter pour comprendre ce qui se passe, Mr Klein va progressivement s'enfoncer dans une spirale de plus en plus nébuleuse, renforçant, du même coup, les soupçons des policiers à son encontre.

A sa sortie, le film de Joseph Losey se verra couronné de trois César, mais, dans le même temps, suscitera l'imcomprehension de la critique et du public.

Il faut dire que Mr Klein est une oeuvre assez complexe et déroutante. Le réalisateur signe un long métrage rappelant le cinéma de Roman Polanski ou les écrits de Frank Kafka.

Le personnage, incarné par Alain Delon, se retrouve dans une spirale qui vire à la paranoïa, aussi piégé par ce qui lui arrive que par les évènements en cours. L'occasion pour Joseph Losey de laisser divaguer sa caméra, façon documentaire, pour saisir certains moments de cette période trouble.

Le réalisateur n'utilise finalement son histoire que comme toile de fond pour dépeindre la montée du racisme et de l'antisémitisme, et ses effets sur la population, à l'instar de cette représentation d'un spectacle raciste qui donne une bonne idée de la façon dont une partie du peuple à pu se montrer complice de cet antisémitisme, tout le monde trouvant cela jubilatoire hormis le héros et sa compagne, qui commencent à avoir très peur.  

Encore une fois, Mr Klein est une oeuvre assez particulière, difficile à analyser, mais, qui mérite d'ètre vue. Un long métrage qui, malgré tout, ne manquera pas de diviser les opinions.

mort d'un pourri

Deux ans après le film de Joseph Losey, on retrouve Alain Delon à l'affiche d'un film très diffèrent : Mort D'Un Pourri, adapté d'un roman de Jean Laborde.

C'est la troisième fois que le comédien collabore avec le cinéaste Georges Lautner, après une apparition dans Il Était Une Fois Un Flic et Les Seins De Glace. 

Le long métrage porte la signature du célèbre Michel Audiard, qui retrouve l'univers du romancier Jean Laborde pour la seconde fois, neuf ans après Le Pacha.

Au casting, outre Alain Delon, on trouve également Mireille Darc, Ornella Muti, Stephane Audran, Maurice Ronet, Klaus Kinski, Julien Guiomar, Michel Aumont, Jean Bouise, Daniel Ceccaldi, ou encore Henry Guibet.

L'histoire commence dans l'appartement d'un homme nommé Xavier Maréchal. Un matin, ce dernier reçoit la visite soudaine de son ami, le député Philippe Dubaye. Celui ci prétend avoir assassiné Serrano, un de ses collègues du palais Bourbon qui le faisait chanter à cause d'un dossier mettant en cause bons nombres de responsables politiques.  Philippe Dubaye demande à son ami de lui fournir un alibi pour le soir du crime, et d'aller récupérer le fameux dossier.  

Par amitié, Xavier Maréchal accèpte. Mais, il va vite réaliser que les documents interessent énorméments de monde. L'homme est victime de menaces, de tentative de corruption et voit son appartement saccagé.

Après la mort de¨son ami Philippe Dubaye, Xavier Marechal rencontre la petite amie de dernier, elle aussi en danger. Bien décidé à faire la lumière sur cette affaire, l'homme va enquêter et remonter la filière d'un veritable trafic organisé.   

Mort D'un pourri, c'est d'abord le portrait d'un homme incorruptible au pays de la corruption. Malgré les tentatives de ceux qui lui propose de l'argent, quand ce ne sont pas des éxigeances plus direct, Xavier Marechal ne cède pas et reste droit dans ses bottes. Tout ce qu'il souhaite, c'est venger son ami, assassiné.

Le film de Georges Lautner contient sans doute un des scénario les plus cyniques et désabusé écrit par Michel Audiard, le scénariste s'étant alors tourné vers des sujets plus sombres suite à la mort de son fils, ce qui l'amenera également à travailler sur des longs métrages comme Garde A Vue ou Mortelle Randonnée.

Avec Mort d'un pourri, Michel Audiard n'épargne personne, que ce soit des politiciens ou des policiers. Encore une fois, seul le héros garde son innocence au milieu de cet océan de requins, même si la dernière scène montre qu'il n'est pas dupe de tout ce manége.

Ponctué de répliques cultes ("- autrefois, on appelait ça une vache à lait, aujourd'hui, on appelle ça l'Europe ; "les routiers sont sympa, non ?" balance un type à Xavier Maréchal après avoir tenté de l'écraser avec son camion) et porté par un casting totalement investit (la prestation de Klaus Kinski, en riche homme d'affaire aussi raffiné que cruel, est mémorable), Mort D'Un Pourri est typiquement le genre de film engagé et courageux qu'il ne serait plus possible de faire aujourd'hui, et ça, c'est franchement dommage.