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Au début des années 50, en Amérique, la politique anti-communiste du sénateur Joseph McCarthy créé un bouleversement dans l'opinion public et dans le milieu artistique. Face à ce qu'il considère comme une hérésie injuste, L'auteur Arthur Miller décide d'écrire une version personnelle de l'histoire des Sorcières De Salem, dont certains détails renvoie aux évènements en cours dans le pays.

En France, Yves Montand et Simone Signoret font rapidement connaître leur intérêt pour la pièce, dans une version française. Déja responsable de plusieurs adaptation pour le théâtre, Raymond Rouleau est rapidement choisit pour la mettre en scène, tandis que l'écrivain Marcel Aymé se charge du texte.

Dés les premières représentations, c'est un véritable succès et il est rapidement question d'en tirer un long métrage. En 1956, le film est tourné dans un studio Allemand, à Berlin Est,  et l'oeuvre est financé avec des capitaux Français et communistes de la RDA.

La plupart des membres du casting de la pièce originale rempile dans cette adaptation, à l'exception de Nicole Courcel, jugé un peu trop âgé pour le rôle d'Abigail Williams.

Les producteurs reportent leur choix sur une jeune comédienne encore peu connue à l'époque, Mylène Demongeot.

Pour le reste du casting, on trouve, donc, Simone Signoret, Yves Montand, Pierre Larquey, Michel Piccoli, Pascale Petit et Raymond Rouleau, le réalisateur s'étant gardé un petit rôle dans le film.

A noter que c'est l'auteur Jean Paul Sartre qui succède à Marcel Aymé et se charge des dialogues et du scénario de cette adaptation, en partenariat avec Arthur Miller avec qui il correspond souvent par téléphone durant le tournage. A sa sortie, en 1957, le film connaîtra le même succès que la pièce original, mais, quelques années plus tard, son exploitation se verra bloqué et le film restera invisible durant soixante ans. Officieusement, la courte liaison entre Yves Montand et Marilyn Monroe, alors l'épouse d'Arthur Miller, durant le tournage du film le Milliardaire, en serait la cause. En effet, l'auteur, furieux, aurait agit ainsi pour se venger du comédien.

Quoi qu'il en soit, il faudra donc attendre 2017 pour la société Pathé ressorte le film, désormais disponible en DVD. Pour ma part, c'est vraiment grace au magazine Mad Movies, qui a consacré un article au long métrage, et à la chaîne Arte, qui l'a diffusé en seconde partie de soirée, que j'ai pu découvrir ce film.

L'histoire se situe en 1692, à Salem, petite bourgade dans la région du Massachusetts. C'est la que vit John Proctor, sa femme Elisabeth et leurs enfants. Depuis quelques temps, le couple héberge une jeune fille du nom d'Abigail Williams. Celle ci a rapidement jeté son dévolu sur le père de famille, dont elle est tombé amoureuse.

Usant de ses charmes, et bien aidée par une maîtresse de maison souvent malade, Abigail n'a pas eut grand mal à le faire céder. Mais, rongé par le remord, John Proctor tente désormais, de résister à la jeune fille.

Pourtant, un soir, alors qu'Elisabeth lui refuse une nouvelle fois un moment intime, il craque et sa femme le découvre dans le lit d'Abigail. Elle chasse rapidement la demoiselle, mais, celle ci ne compte pas en rester la.

Prête à tout pour être au coté de celui qu'elle aime, elle va déclencher, avec quelques autres jeunes filles du village, un véritable tourbillon dans le village. Profitant des superstitions locales, elle va parvenir à faire croire que des sorcières se cachent à Salem, ce qui conduit à de nombreuses condamnation, dont celle d'Elisabeth Proctor.

Le moins que l'on puisse dire, c'est que l'une des qualités du film ne se situe pas dans sa réalisation. Clairement, Raymond Rouleau signe une pièce de théâtre filmé en décors naturel et rien de plus.

Pourtant, Les Sorcières De Salem est un film qui mérite d'être vu. D'abord pour son scénario qui n'épargne absolument aucun personnage. Que ce soit le nouveau curé du village, qui compte profiter de la psychose général pour renforcer le pouvoir de l'église sur les habitants, les notables qui fichent de ce qui se passent tant que cela ne les touche pas, les adolescentes accusatrice, totalement inconsciente de leur attitude, ou mème le héros, John Proctor, homme naif et lache et qui ne fera preuve de courage qu'une seule fois, lors de la scène finale.

Mais, la pire de tous est incontestablement Abigail Williams. La jeune fille au visage innocent et aux formes avantageuses est une manipulatrice hors pair, dont le seul interet est John Proctor. Et, pour atteindre son but, c'est à dire finir avec lui, elle ne semble avoir aucune limite.

Face à elle, Elisabeth Proctor, femme rigide en apparence, mais qui ne cédera à son amour pour son mari que bien trop tard.

L'autre intérêt du film est, bien sur, son casting. Simone Signoret et Yves Montand sont tout deux parfaits, mais, la révélation vient de Mylène Démongeot. Perfide et sans scrupules autant qu'incapable de prendre conscience de ses actes, la jeune femme est aussi parfaite que démoniaque dans le rôle d'Abigail Williams.

Au final, Les Sorcières De Salem est un film que je conseille vivement, une oeuvre plus profonde qu'il n'y parait (Jean Paul Sartre et Arthur Miller profitent de cette histoire pour aborder de nombreux thèmes) et magnifié par un casting parfait.