veronica

En 2007, les réalisateurs Paco Plazza et Jaume Balagero s'associent pour tourner ensemble le film Rec. Les deux hommes s'en sont pas à leur premier long métrage et on peut même dire qu'à l'époque, ils font partit des jeunes espoirs du cinéma de genre.

Après le succès de leur oeuvre en commun, ils reformeront leur duo pour une suite, baptisé Rec 2, avant que Paco Plazza ne se charge seul, en 2012, du très décrié 3ème épisode de la franchise, tandis que son comparse Jaume Balaguero signera l'affreux Rec 4, deux ans plus tard.  

Puis, après ces deux faits d'armes pas franchement glorieux, les deux réalisateurs disparaîtront des radars, jusqu'en 2017 ou ils reviennent, chacun, avec un long métrage.

Commençons par Paco Plazza qui nous offre un film baptisé Verónica, tourné en langue Espagnol, avec un casting de comédiens locaux, parmi lesquels on retrouve notamment Ana Torrent, la petite fille de Cria Cuervos de Carlos Saura ou l'étudiante en cinéma du Tesis d'Alejandro Amenabar.

L'histoire s'inspire d'un fait divers survenu dans les années 90 et baptisé L'Affaire Vallecas. Tout commence à Madrid, lorsqu'une jeune fille, baptisé Estefania Gutierrez Lazaro, retrouve plusieurs de ses copines dans la cour de son école et décide d'invoquer l'ésprit d'un de ses camarades décédés récemment, à l'aide d'une planche Ouija. 

Si rien ne se produit dans l'instant, il ne faudra pas longtemps pour que la vie de la demoiselle et de sa famille soit transformé en cauchemar. Désormais possédée par une force démoniaque, Estefania sera vue par de nombreux médecins. De la même manière, et malgré une autopsie, personne ne sera en mesure d'expliquer son décès étrange au bout de quelques semaines.

Mais, les phénomènes ne cesseront pas pour autant et les parents de la demoiselle finiront par déménager, tandis que l'histoire sera révélé par un policier dépêché sur place.

Indéniablement, L'affaire Vallecas contient les ingrédients pouvant aboutir à une adaptation débouchant sur la plus classique des histoires de maison hanté. Mais, ce n'est pas ce que souhaite le réalisateur Paco Plazza, qui décide, dés le départ, de ne garder que certains éléments de cette histoire et d'en changer tout le rèste.

Le scénario se concentre sur une jeune fille prénommé Verónica. Adolescente timide, la jeune fille vit une existence pas franchement heureuse. Aînée de la famille, elle vit  coincé entre une mère souvent absente à cause de son travail qui lui laisse charge de s'occuper de son frère et de ses deux soeurs, et le regret d'un père récemment disparu.

C'est pour le contacter qu'elle profite d'une pause entre deux cours dans son lycée pour aller au sous sol et utiliser une planche Ouija. En compagnie de deux camarades, elle invoque les esprits, et finit par s'évanouir au bout de quelques minutes.

Si rien ne semble étrange à son réveil, Verónica va progressivement réaliser que quelque chose s'est passé durant la séance. Son amie, qui l'accompagnait, semble désormais vouloir l'éviter au maximum, et des ombres menaçantes, que seule l'adolescente semble être capable de voir, rôde dans l'appartement, menaçant sa vie et celle de ses proches.

Impossible de ne pas penser au premier Rec en voyant la première scène de Verónica, tant celle ci semble calqué dessus. Tandis qu'en fond sonore, on entend un appel au secours adressé à un service d'urgence, on suit la brigade, alors qu'elle arrive sur les lieux, accompagné de policiers, le tout filmé caméra à la main. 

La suite du film va s'averer plus classique, et même trop, pourrais je dire. Ayant sans doute entendu ceux qui lui reprochait d'en faire trop, à l'époque de Rec 3, Paco Plazza décide, cette fois, de rester extrêmement sage au niveau violence, ce qui ne joue pas franchement en sa faveur.

Seul véritable scène gore, et qui demeure si surprenante qu'on la dirait sortie d'un autre film, le moment ou la jeune héroïne est réveillé par ses soeurs et son frère qui réclament leur petit déjeuner. Au bout de quelques secondes, alors que Véronicà tarde à bouger, le réalisateur film rien de moins qu'un festin anthropophage, mais, avec des enfants, puisque ceux ci arrachent à pleines dents la peau des mains et des bras de leur ainée. Il ne s'agira finalement que d'un rêve fait pas Véronicà, mais, j'avoue avoir été marqué par ce passage assez osé.

Mais, pour le reste, le long métrage de Paco Plazza demeure un produit standard, assez mal joué, aux personnages transparents, et qui n'éffrayera que les spectateurs n'ayant jamais vu tout les nombreux films du genre déjà existant.

la muse

Pendant que son camarade filme une adolescente possédée, Jaume Balagueró, lui, décide se tourner vers une autre forme d'adaptation, celle du roman La Dame N°13, écrit en 2005 par l'auteur et psychiatre Espagnol, José Carlos Somoza.

Une oeuvre mélangeant fantastique et polar qui à connu un énorme succès dans son pays d'origine. Comme il l'a souvent fait par le passé, le réalisateur choisit de tourner son film en langue Anglaise, et opte pour casting cosmopolite.

Le personnage central est incarné par le comédien Britannique Elliot Cowan, dont la filmographie compte quelques apparition dans des longs métrages, notamment le Alexandre d'Oliver Stone, ou il incarne Ptolémée dans sa période jeune adulte, mais, qui surtout fait carrière au théâtre et à la télévision.

A ses cotés, quelques noms plus connus comme Christopher Lloyd, Franka Potente, ou encore Joanne Walley et Leonor Wattling. 

L'histoire est centré sur Samuel Solomon, un professeur de littérature, qui, après le suicide brutale de sa fiancée, s'est retranché dans son appartement, ou il demeure isolé et ne sortant que très rarement.

Depuis le drame, ses nuits sont régulièrement perturbé par le même cauchemars, dans lequel une femme est assassiné selon ce qui ressemble à un rituel macabre.

Tombant par hasard sur un article de journal, Samuel Salomon découvre que les faits viennent réellement de se produire. En se rendant sur les lieux du crime, il rencontre, par hasard, un femme prénommée Rachel, qui semble avoir fait les mêmes cauchemars que lui.

D'abord aidé par une ancienne collègue, puis, par Rachel, le professeur de littérature va plonger dans une sombre enquête, révélant un monde angoissant contrôle par des créatures terrifiantes.  

Le moins que l'on puisse dire, c'est que ce nouveau cru de Jaume Balagueró n'a pas vraiment fait l'unanimité dans la presse et au niveau du public. Certains trouveront sans doute, à raison, Muse, extrêmement bavard, ce qui s'éxplique par le fait que le long métrage soit avant tout une enquête avec des éléments fantastiques, en sachant que le premier élément à tendance à primer sur le second.

Un mélange des genres souvent risqué qui ne fonctionne pas toujours. Mais, le réalisateur Espagnol à du métier et parvient à rendre attachants son héros, un ancien professeur incapable de faire le deuil de celle qu'il a aimé et perdu, et qui se retrouver au coeur d'un conflit entre plusieurs sorcières millénaires. En parallèle se trouve un autre personnage, une femme vivant avec son petit garçon dans un appartement minable, et dont le destin va être lié à la vie du professeur.

Dire qu'avec Muse, Jaume Balagueró signe son meilleur film serait mentir. Car, autant le duo centrale est bien mise en valeur, autant les seconds rôles sont à la ramasse, tout comme leur comédiens d'ailleurs. Dommage pour Christopher Lloyd, qui doit se contenter de deux pauvres apparitions qui n'ont rien de mémorable. Quant à Franka Potente, son personnage est aussi inégale que superficiel, mais, sa mise à mort demeure bien cruel et constitue, à mon sens, l'une des meilleurs scènes du film.

Il est également regrettable que le réalisateur n'éxploite pas plus en profondeur un sujet pourtant passionnant, à savoir le pouvoir des mots utilisé pour influencer ou comme arme.

Muse n'est pas un film parfait, mais, je trouve que Jaume Balaguero à, au moins, le mérite d'essayer d'offrir un spectacle diffèrent et original. Et, pour moi, même si le résultat final n'est pas toujours à la hauteur, ça mérite malgré tout mon soutien.