l'enfer des zombies

En 1978, le duo de cinéastes Georges Roméro / Dario Argento signent une oeuvre commune qui va rester dans les annales. Son titre : Zombie. Très rapidement, le film connaît un énorme succès. Un plébiscite qui suscite, évidemment, des envies. En Italie, le scénariste Dardano Sacchetti est rapidement chargé d'écrire un long métrage sur des mort vivants, aptes à concurrencer la version Américaine sur son propre terrain.

Mais, le vrai responsable du plagiat n'est autre que Gianfranco Couyoumdjian. Peu connu chez nous, l'homme est pourtant, dans les années 70 et 80, à l'origine de nombreuses productions opportunistes, comme Last Platoon, Les Aventuriers Du Cobra D'Or, ou encore Emanuelle Chez Les Cannibales.

C'est donc lui qui souffle l'idée de départ d'un scénario inspiré d'une BD à Dardano Sacchetti, en exigeant que le futur long métrage mélange horreur et aventure.

Pour mettre en scène ce "produit", Gianfranco Couyoumdjian recrute le réalisateur Lucio Fulci. Ce dernier y voit l'occasion de sortir de l'impasse dans laquelle se trouve sa carrière depuis quelques années, et, pourquoi pas, en cas de succès, la possibilité de se faire connaître à l'international.

Au final, L'Enfer Des Zombies (qui sortira dans certains pays sour le titre opportuniste Zombi 2) deviendra un long métrage très diffèrent de son modèle, et obtiendra un succès équivalent à ce dernier (ce qui rendra le réalisateur Dario Argento malade de jalousie).

Sachant très bien qu'il ne rivalisera pas avec Georges Roméro sur le terrain de la satire politique, Lucio Fulci choisit une autre option. Grâce aux maquillages de Giannetto De Rossi, Son film devient un monument du gore et du macabre, faisant s'éxtasier de joie les adeptes de la tripailles, tandis que les censeurs du monde entiers s'étoufferont devant une oeuvre montrant des gros plans sur des plaies en putréfaction, et des mise à morts plus horribles les unes que les autres.

Conséquence : De nombreux pays interdiront purement et simplement le film, tandis que d'autres, comme la France, le sortiront dans des versions expurgés de ses passages malsains.

Mettant en scène Ian Mc Cullough, Tisa Farrow (soeur cadette de la comédienne Mia Farrow, qui tournera quelques films, notamment en Italie, avant de stopper définitivement sa carrière au début das années 80), Richard Johnson, Olga Karlatos (actrice d'origine Grec qui fut une vedette du cinéma locale entre 1962 et 1984), Auretta Gay, et Lucio Fulci lui même, qui fait une petite apparition dans le rôle d'un rédacteur en chef.

L'Enfer Des Zombies raconte l'histoire commence à New York. Peter West, un journaliste, est envoyé faire un reportage au sujet d'un bateau abandonné qui vient d'acoster et d'un individu qui aurait tué un policier.

Sur place, il rencontre Anne Bowles, fille d'un éminent scientifique à qui appartient le bateau. La jeune femme ignore semble ignorer ce qui s'est passé, mais, une lettre est venu l'informer que son père se trouve sur une île baptisé Matoul.

Elle et le journaliste trouvent un bateau qui appartient à un couple qui part faire le tour du monde. En échange d'une grosse somme d'argent, ceux ci acceptent de les emmener, tout en les prévenant que l'endroit à la réputation d'ètre maudit.

Mais, les quatre personnes sont loin d'imaginer que Matoul abrite des morts vivants affamés, sortit de leur tombe grâce à des formules vaudous.

Certains estimeront sans doute que le film de Lucio Fulci pâtit d'un scénario prétexte et faiblard, et d'une direction d'acteurs approximative, et ce n'est pas moi qui leur donnerait tord.

Pour autant, impossible de ne pas reconnaître que L'Enfer Des Zombies dégage un parfum macabre indéniable. Sans aucune note d'humour pour venir contrebalancer le tout, Lucio Fulci nous plonge dans un véritable cauchemar contenant des accès de violence qui peuvent aisément encore surprendre aujourd'hui (la scène de l'oeil crevé par une écharde, la fameux repas des morts vivants, et j'en passe).

Le réalisateur, qui lisait l'auteur H.P Lovecraft durant le tournage, a du métier et ça se voit au niveau d'une réalisation qui ne trahit jamais le manque de budget.

Certes, avec L'Enfer Des Zombies, Lucio Fulci ne réinvente rien et ne cherche d'ailleurs pas à le faire. Et le film paye indéniablement son tribu à Zombie (notamment lors d'un final imposé par le producteur Gianfranco Couyoumdjian), mais, ça reste une des oeuvres majeurs du genre. Et la sensation de malaise que dégage le film demeure unique.

l'au delà

Suite à ce succès, Lucio Fulci devient rapidement, pour les producteurs de films d'horreur, l'homme indispensable. Mais, le réalisateur aime varier les genres. Après une petite parenthèse vers le néo polar avec la Guerre Des Gangs, il revient à l'horreur via le très gore Frayeurs, puis Le Chat Noir, adapté d'Edgar Allan Poe.

En 1981, le producteur Fabrizio De Angelis fait dessiner une affiche avec le phrase E tu vivrai nel terrore - L'aldilà (traduisez "Et Tu Vivras Dans La Terreur - L'Au Delà"). Convaincu qu'il tient de quoi réaliser un bon film d'horreur, l'homme contacte Lucio Fulci et fait mettre son nom en haut de l'affiche, histoire d'amadouer les investisseurs.

C'est seulement lorsque le budget est suffisant que le scénariste Dardano Sacchetti, déja à l'oeuvre sur L'Enfer Des Zombies et Frayeurs, est contacté. De même, Lucio Fulci souhaite s'entourer de la mème équipe. Si la plupart des membres répondent présent, la comédienne Tisa Farrow fait savoir au réalisateur qu'elle ne souhaite plus continuer dans le métier.

Celui ci la remplace par la comédienne principale de Frayeurs, Catriona MacColl. De la même manière, Lucio Fulci engage David Warbeck, avec il vient de travailler sur Le Chat Noir.

On notera également la participation de la comédienne Veronica Lazar, aperçu dans le Inferno de Dario Argento, un an auparavant.

L'histoire du film de Lucio Fulci se déroule en Louisiane, dans un hôtel abandonné dont hérite Liza Merill. Un endroit que la jeune femme compte faire ouvrir, après plusieurs travaux nécessaires. Malheureusement, rien ne se passe comme prévu. L'un des ouvriers travaillant sur la façade du bâtiment est victime d'un accident, le plombier venu vérifier l'installation de l'hôtel est retrouvé mort et plusieurs évènements étranges se produisent, comme cet interphone de la chambre 36, pourtant inoccupé, qui sonne constamment. Mais, la jeune femme va bientôt découvrir l'horrible vérité : l'hôtel à été bâtit à l'endroit ou se trouve une porte donnant sur l'enfer. Pour elle comme pour les habitants de la ville, le cauchemar ne fait que commencer.  

Le moins que l'on puisse dire, c'est que Dardano Sacchetti n'est pas allé chercher très loin ses idées, se contentant de piocher dans les grands succès du moments.

Une pincée de Shining pour cet hotel abandonné, un soupçons d'Amytiville ou d'Inferno, avec la présence de cette porte de l'enfer, et, puisque L'enfer Des Zombies à semblé réussir à Lucio Fulci, des morts revenus à la vie, plus quelques éléments piqués à Dario Argento, comme la mort de cette jeune aveugle, égorgé par son chien, et qui renvoi à une scène similaire dans Suspiria.  

Pourtant, malgré ses emprunts scénaristiques flagrants, le film demeure une réussite. Contraint d'oeuvrer avec un budget réduit, Lucio Fulci déploie tout son savoir faire, dépeignant l'arrivée des forces des ténèbres de façon aussi minimaliste que crédible.

A l'aide de scènes ultra gore qui n'ont rien perdu de leur impact aujourd'hui (un homme est cloué sur un mur dés la scène d'ouverture, une femme à le visage brûlé à l'acide sous le regard de sa fille, et j'en passe) et saupoudre d'une ambiance sombre ou le mal semble pret à surgir à tout moment, le réalisateur Italien parvient à signer une oeuvre qui n'a rien perdu de sa puissance malsaine, et dont les apparents défauts (notamment des comédiens pas toujours juste) ne font que renforcer l'impression de terreur que dégage le film.

Avec L'Au Delà, Lucio Fulci signe un nouveau sommet du genre, à déconseiller aux âmes sensibles, mais, qui nous permet d'approcher l'enfer comme rarement un film ne l'aura fait.