la tour sombre

En 1970, alors qu’il est encore étudiant, Stephen King pose les bases, dans un court texte, de ce qui deviendra finalement, douze ans plus tard, le premier volume de La Tour Sombre, une saga au croisement de plusieurs genres, et comportant au finale huit volumes.

Fan de Tolkien et du poète Robert Browning, Stephen King s’inspire d’un des textes de son idole pour créer une histoire au croisement du western, de l’Heroïc Fantasy et du fantastique.

Une œuvre colossale couronné de succès à travers le monde, et qui, fatalement, devait finir par être porté au cinéma.  

Après plusieurs faux départs, un projet d’adaptation est finalement concrétisé en 2017. Il est question d’une trilogie de films, et d’une série comportant deux saisons, diffusé entre les sorties des longs métrages.

Un temps rattaché à la réalisation de cette adaptation, le cinéaste Ron Howard décide de laisser la place, mais, reste producteur avec son fidèle associé, Brian Grazer.

C’est finalement le metteur en scène Danois Nikolaj Arcel qui se charge de la réalisation. Déjà responsable de L’Ile Aux Sorciers, un film familiale tourné dans son pays, et Royal Affair, drame historique avec Mads Mikkelsen, l’homme se dit particulièrement heureux de travailler sur cette adaptation d’une œuvre de Stephen King, dont il avoue être un grand fan.

Dés les premières annonces, deux choses inquiètent les fans de la saga. D’abord, la volonté du réalisateur et de son scénariste Akiva Goldsman, de faire de ce premier film une œuvre assez courte. Ensuite, la présence, dans un des rôles principaux, d’Idris Elba, très bon comédien, mais, physiquement très éloigné du personnage comme il est décrit dans les bouquins, ou Le Pistolero évoque plus Clint Eastwood.

Concernant ce dernier point,  Stephen King répondra lui même au divers critiques : « Pour moi le personnage est toujours le personnage. C'est presque un héros à la Sergio Leone comme l'homme sans nom. Il peut être noir ou blanc, cela ne fait aucune différence à mes yeux. Je pense que cela ouvre beaucoup de possibilités pour l'histoire ».

Autour d’Idris Elba, on trouve également Katheryn Winnick, Matthew McConaughey, Jackie Earle Haley et la participation de Dennis Haysbert. Quant au héros, il est incarné par un jeune comédien du nom de Tom Taylor.

L’histoire est centré sur un garçon de 11 ans, Jake Chambers, dont la vie est perturbé par des visions incessantes ou lui apparaît un autre monde ou se trouve un homme en noir et un pistolero.

Jake ignore à quoi correspondent ses visions, mais, son comportement commence à inquiéter sa mère, Laurie.

Après avoir été renvoyé de l’école suite à une bagarre, Jake voit deux personnes arriver chez lui pour l’emmener dans un institut spécialisé.

Le garçon panique et s’enfuit, avant de se retrouver, par hasard, dans le fameux monde de ses rèves, poursuivit par l’homme en noir et protégé par Roland, Le Pistolero.

A peine le film sortit aux Etats Unis que les critiques négatives se sont multipliés. En France, l’accueil n’a guère été meilleur. 

Beaucoup ont reproché au film son manque d’ambition, un coté conventionnelle et une réalisation et un scénario assez plat.

Et, après visionnage, je dois bien dire que ces avis négatifs me paraissent plutôt justifiés. Le principal problème de cette adaptation viens du fait que le spectacle proposé s’avère plus proche des productions pour adolescents du type Numéro Quatre ou Les Portes Du Temps que de l’univers de Stephen King.

On en retrouve pourtant des bribes à travers certains éléments (Jake possède le fameux Shining, ce don déjà au cœur de deux romans de l’auteur), mais, les responsables ont commit l’erreur de vouloir simplifier à outrance l’intrigue,  alors que la matériaux d’origine était déjà réputé inadaptable. 

A cause de sa durée trop courte, décision à, semble t il, été prise de se focaliser sur les passages plus riches en action.

Le résultat de tout ça est un film creux, se contentant de copier ce qui a déja été fait (certains scènes d'actions se la jouent Matrix, et la seconde partie évoque Last Action Hero), et ou les personnages souffrent d’un manque de psychologie. Dommage pour Idris Elba, pourtant relativement bon dans le rôle de cet individu incapable de dépasser sa soif de vengeance envers l’homme en noir, qui lui a prit tout ses proches.

D’une œuvre ambitieuse, La Tour Sombre en devient un pilote de série télé tristement désincarné, ou seuls les comédiens ont l’air d’y croire (à l’exception de  Matthew McConaughey, dont le personnage est censé inspirer la peur, mais, qui cabotine tellement qu’il en devient juste pitoyable).

Un conseil : Si l’histoire et l’univers vous intéresse, mieux vaut se pencher sur la série de bouquins que sur ce long métrage pas loin du navet.