death wish

En 1974 sort aux Etats Unis Death Wish, qui deviendra Un justicier Dans La Ville, chez nous. Le film de Michael Winner met en scène une histoire de vengeance de manière particulièrement sombre et brutale. Une oeuvre devenue un classique du genre, mais, qui enfermera son acteur principale, Charles Bronson, dans un genre lui collant à la peau jusqu’au bout.

Suivront quatre suites à la qualité inégale, mais, jamais aucune ne parviendra à également le premier film.

En 2006, Sylvester Stallone est le premier à évoquer la possibilité d’un remake, dans lequel il aimerait être, à la fois, réalisateur et acteur : « Alors que le personnage principale était un architecte, ma version en fera un très bon flic qui a un succès incroyable sans jamais utiliser son arme à feu. Ainsi quand l'attaque de sa famille survient, il est vraiment confronté à un dilemme moral dans la manière d'effectuer sa vengeance ».

Malheureusement, le comédien est rapidement contraint de renoncer, personne, à Hollywood, n’ayant envie de le suivre dans sa vision du projet.

Pour autant, cette idée de remake n’est pas abandonné. En 2012, le réalisateur Joe Carnahan annonce travailler sur une relecture, avec, d’abord, Liam Neeson, mais, le projet échoue, puis renait quatre ans plus tard, avec, cette fois, Eli Roth derrière la caméra.

Inutile de dire que de nombreux comédiens se sont battu pour obtenir le rôle autrefois joué par Charles Bronson. Mais, c’est finalement Bruce Willis qui emporte le morceau.

A ses cotés, on trouve, notamment, Elisabeth Shue, Vincent D’Onofrio, Kimberly Elise, Dean Norris ou Wendy Crewson.

Quant au scénario, il est toujours signé Joe Carnahan, même si celui ci émet quelques réserves :« Ils filment une version de mon scénario avec Bruce Willis à Montréal ou peut-être à Chicago, je ne suis pas sûr. J'ai aperçu ce script, qui devait être une ré-invention du mien, et je serais bien moins sympa si je le commentais. Je pense qu'ils ont exactement ce qu'ils voulaient, et ce n'était pas ce qui m'intéressait. ».

L’histoire de ce nouveau Death Wish reprend les grandes lignes du film original, avec quelques petits changements. Paul Kersey n’y est plus architecte, mais, chirurgien urgentiste. Il vit dans une belle maison, à Chicago, avec sa femme, Lucy, et sa fille adolescente, Jordan.

Un soir, alors qu’il s’apprête à fêter son anniversaire en famille, il est appelé en urgence à l’hôpital. Durant son absence, trois hommes s’introduisent dans la maison et prennent sa femme et sa fille en otage. Lucy est tuée et Jordan se retrouve dans le coma.

Face à des policiers totalement dépassé par le climat de violence grandissant dans la ville, et qui piétinent dans leur enquête, Paul Kersey décide de prendre les choses en main. Filmé par une spectatrice lors de la première nuit ou il abat un malfrat, l’homme devient, pour les habitants de Chicago, une sorte de justicier, qu'ils baptisent "Le Croque Mort" et dont les actes divisent l’opinion.

Il aurait été facile, pour Eli Roth, de réaliser un film mettant en avant l’action et la violence, mais, le réalisateur parvient à se situer dans l’optique du premier opus original, du moins dans la première partie de ce remake.

Le Paul Kersey version 2017 est donc un homme qui a renoncé à toute forme de violence, par amour pour sa femme. Lors d’un match de baseball, alors qu’un type s’en prend verbalement à lui, il parvient à rester calme. De la même manière, il s’attache à faire son metier de manière objective. Le début du film le voit tenter de sauver un policier qui a prit une balle, avant de se diriger vers le meurtrier, lui aussi blessé.

Mais, la mort de sa femme et le coma de sa fille vont bouleverser son existence. Si il est une erreur que le réalisateur ne commets jamais, c’est de transformer son personnage centrale en héros. D’ailleurs, Eli Roth ne manque pas une occasion de souligner que les actes de Paul Kersey ont des conséquence, notamment lorsqu’on apprend, dans un flash télévisé, qu’un modeste père de famille a été tué en voulant, lui aussi, jouer au justicier.

Durant la seconde partie, ou Paul Kersey commence à s’intéresser aux maniement des armes à feux (l’occasion, pour le metteur en scène, de rappeler que les flingues se vendent comme des paquets de lessives aux Etats Unis), le film bascule vers l’outrance des suites, notamment lorsque Paul Kersey dézingue un type à coup de mitrailleuse. Dommage, également, qu’Eli Roth cède au happy end lors des dernières minutes.

Au final, ce remake contient du bon (le climat de violence régnant sur la ville y est bien dépeint), et du moins bon ( tout le coté psychologique du personnage de Paul Kersey, à savoir le fait que ses actes le plonge dans une spirale de violence qui rejaillit sur sa santé mentale, est totalement absente ici). 

Dans le rôle titre, Bruce Willis n’est jamais à la hauteur de Charles Bronson, mais, s’en tire, malgré tout, plutôt bien. Dommage que ce soit moins le cas pour d’autres acteurs, comme Vincent D’Onofrio, mais, il faut dire que son personnage de frère n’a qu’un intérêt très limité.

Au final, il est évident que ce Death Witch n’égale jamais son modèle. Mais, ça reste une film honnête, parfois gore (le type à la cervelle écrabouillé sous une voiture) et qui se suit plutôt agréablement, pour peu que l’on soit client de ce genre d’histoires.