contagion

Depuis la fin des années 80 et la sortie de son premier long métrage, le très primé Sexe Mensonges Et Vidéo, on peut vraiment dire que Steven Soderbergh à fait beaucoup de chemins.

En 2011, le cinéaste décide de réaliser un thriller sur fond de pandémie. Une idée qui provient du scénariste Scott Z. Burns, avec qui Steven Soderbergh vient de terminer The Informant !.  

Pour l'occasion, le réalisateur retrouve un des acteurs de son précédent film, Matt Damon, qu'il entoure d'une belle palette d'autres comédiens parmi lesquels Jude Law, Kate Winslet, Marion Cotillard, Laurence Fishburne, Bryan Cranston, et Gwyneth Paltrow, qui remplace la comédienne Jennifer Connelly, initialement prévue.

L'histoire est assez classique puisqu'on suit la vie de plusieurs personnages au moment ou un virus, ressemblant en apparence à celui de la grippe, se propage à grande vitesse et va causer de nombreux morts.

Parmi les personnages, on trouve un père de famille qui va perdre, dans la même journée, sa femme et son fils, de nombreux scientifiques, dont certains, vont périr, ou un journaliste arrogant.

Le film prend très vite l'allure d'une course contre la montre, puisque l'urgence est d'enrayer cette épidémie, tout en mettent fin à la panique grandissante, alimentée par de nombreuses rumeurs.

On apprendra, à la fin, que le patient zéro, celui qui propage la maladie, est une femme rentrée d'un voyage d'affaire en Asie.

L'un des problèmes de Contagion ne vient pas du fait qu'il y ait beaucoup de personnages, le soucis, c'est qu'ils ne sont pas tous ne sont pas traité de manière identique.

Le réalisateur s'attarde beaucoup sur le responsable de l'agence de sécurité, sur le journaliste ou sur le père de famille. Pour ma part, je me demande encore à quoi sert le médecin incarné par Marion Cottilard.

On la voit un peu au début, puis, elle est prise en otage à Hong Kong et libérée à la fin du film, ou elle semble s'être acclimatée à sa situation.

De leurs cotés, les autres personnages, ceux que l'on voit plus, ne sont guère plus intéressants, et pas toujours bien joué. Matt Damon à beau avoir prit des kilos pour entrer dans la peau de ce père de famille, je n'ai pas cru une seconde à son rôle.

Quant au journaliste fouineur, joué par Jude Law, il est particulièrement agaçant. Mais, l'autre soucis, avec le film de Steven Soderbergh, c'est le nombre d'incohérence qu'on peut y trouver. Une exemple : Deux personnes semblent contenir, dans leur sang, le vaccin à ce virus. Malgré le fait que cela soit connu dés le départ, il faudra attendre la fin du film (et de nombreux morts inutiles) pour quelqu'un pense à prélever l'hémoglobine de ces personnes.

Dans le genre, Contagion demeure un sacré ratage, montrant que le réalisateur ne semble absolument pas à l'aise avec le thème qu'il a choisit d'illustrer. Beaucoup de critiques ont souvent été formulés contre le Phénomènes de M Night Shyamalan, mais, pour moi, Contagion se montre beaucoup plus navrant et, malgré son propos qui aurait pu être intéressant, le film de Steven Soderbergh finit même par devenir ennuyeux et absolument pas sauvé par son casting de star. 

effets secondairesFaisons maintenant un bon en avant de deux années. Nous sommes en 2013 et Steven Soderbergh s'apprête à tourner son vingt-cinquième long métrage, baptisé Side Effects (ou Effets Secondaires en Français). 

Il s'agit, cette fois, d'un thriller, écrit par le scénariste de Contagion, Scott Z. Burns. Un projet que l'homme développe depuis une dizaine d'années. D'ailleurs, le scénariste envisageait, dans un premier temps, de le réaliser lui même avant que des responsables hollywoodiens ne lui propose le nom de Steven Soderbergh.

De son coté, le cinéaste, fatigué de voir certains de ses projets ne jamais se concrétiser, envisage d'arrêter définitivement le cinéma. De ce fait, Effets Secondaires fut annoncé, à l'époque, comme l'ultime oeuvre du cinéaste, ce qui s'avéra faux par la suite puisque Soderbergh tournera quelques années plus tard un nouveau film, baptisé Logan Lucky. 

Ce vingt-cinquième long métrage lui permet de retrouver trois comédiens avec qui le réalisateur à déja tourné par le passé. D'abord Jude Law, qu'il avait dirigé dans contagion, mais, aussi Channing Tattum, vu en strip-teaseur dans Magic Mike, et Catherine Zéta Jones, déjà dirigée dans Traffic et Ocean Twelve.

Petite nouvelle dans ce groupe d'habitués, Rooney Mara, choisie au dépend de Blake Lively, Michelle Williams ou Amanda Seyfreid.

Pour ce nouveau film, Steven Soderbergh choisit de s'inspirer de longs métrages commes Liaison Fatale ou Klute, avec un tournage en extérieur, et non dans des décors : « J'ai décidé que l'important, c'était que les lieux semblent naturels dans le film. Il n'y a pas de montage. Je ne vais pas là où l'un de mes personnages n'a pas été. ».

L'histoire commence de manière assez classique. On suit une femme, Emily Taylor, qui prétend souffrir de dépression. Alors que son compagnon, Martin, vient de sortir de prison, après sa condamnation de quatre ans pour délit d'initié, la jeune femme semble s'enfoncer de plus en plus, jusqu'à faire une tentative de suicide.

Emmenée à l'hôpital, elle y rencontre le psychiatre Jonathan Banks, médecin réputé dans le milieu, souvent convoqué pour juger de l'état mentale de présumé coupable lors de procès.

A la demande de la jeune femme, des consultations sont organisés au cabinet du docteur Banks. Mais, malgré les efforts du psychiatre, Emily ne semble pas aller mieux et s'enfonce de plus en plus, au grand désespoir de ses proches.

Participant à une étude sur un nouveau médicament, le psychiatre finit par prescrire les petites pilules à Emily Taylor. Tout bascule lorsque la jeune femme poignarde soudainement Martin.

Immédiatement arrêtée par la police, elle se justifie en évoquant une amnésie, dont l'origine aurait été causé par le fameux médicament donné par Jonathan Banks. Aux yeux de l'opinion, le psychiatre devient rapidement aussi coupable que sa patiente. Conséquence direct : Son cabinet se vide, sa femme le quitte et ses associés le lâche.

L'histoire aurait pu se terminer la. Sauf que l’homme n'est pas du genre à se laisser faire, et découvre rapidement que plusieurs éléments ne semblent pas coller dans cette histoire, moins simple qu'il n'y parait.

Pour moi, c'est une évidence : Steven Soderbergh semble beaucoup plus à l'aise dans l'univers du thriller que dans celui du film de pandémie. Le réalisateur et son scénariste s'amuse à manipuler le spectateur avec jubilation, montrant a quel point les apparences peuvent, parfois, se montrer trompeuses.

Effets Secondaires est l'histoire d'une machination particulièrement bien préparé, et qui aurait pu fonctionner sans le coté combattant du psychiatre. Rooney Mara incarne un personnage trouble, face à un Jude Law tout simplement parfait dans la peau de ce psychiatre à qui tout réussit, et qui va voir sa vie basculer. Quant à Catherine Zéta Jones, elle incarne une psychiatre dont l'importance va s'accroître à mesure qu'on avance dans l'histoire.

Seul Channing Tattum semble assez effacé, mais, il faut dire que son rôle est assez réduit.

J'ai prit beaucoup de plaisir au visionnage de ce vingt-cinquième long métrage de Steven Soderbergh, qui m'a prouvé que le réalisateur, quand il s'en donne les moyens, en avait encore sous le pieds.