image_8742Après le succès du premier Batman, Tim Burton peut se permettre de signer une oeuvre plus personnelle, sur de bénéficier de l'appui d'un grand studio.

Pour son quatrième long métrage, il choisit un projet sur lequel il avait commencé à travailler dés 1986, et engage la scénariste Caroline Thompson, également productrice (notamment du film Le Jardin Secret d'Agnezia Holland) et réalisatrice (elle signe le drame Prince Noir en 2001) dont il avait apprécié le premier roman, l'histoire d'un fœtus avorté qui revient à la vie.

Le scénario est basé sur un dessin fait par le réalisateur dans son enfance et représentant un homme dont les mains ont été remplacé par des ciseaux. Une illustration reflétant le sentiment d'isolement que ressentait alors le futur metteur en scène, comme il l'explique lui même : « Il y avait quelque chose d'étrange qui planait dans la ville de Burbank ou j'ai grandit. Les gens étaient amicaux, mais uniquement en surface. Comme s'ils étaient forcés de l'être ».

C'est donc un projet personnelle et auto biographique sur plusieurs points qu'il propose aux dirigeants de la Warner Bros, qui ont déjà produit ses deux précédents long métrages, à savoir Beetlejuice et le premier Batman.

Mais, ces derniers ne se montrent guère emballés et finissent par diriger Tim Burton vers un autre studio, en l'occurence 20Th Century Fox qui propose au metteur en scène un contrôlé créatif total.

Malgré tout, les responsables du studio ne peuvent s'empecher de "conseiller" le réalisateur lorsque vient le moment de choisir son casting.

C'est ainsi que Tim Burton finit par rencontrer Tom Cruise, pressentit par le studio pour le rôle principale. Mais, l'acteur exige une fin heureuse pour son personnage, ce que le réalisateur refuse catégoriquement.

De leur cotés, William Hurt et Robert Downey Jr manifestent leur intérêt pour le projet, tout comme Michael Jackson ou Tom Hanks qui finit malgré tout par abandonner au profit du film de Brian De Palma, Le Bucher Des Vanités.

Star de la série télé 21 Jump Street désireuse de casser son image de beau gosse, Johnny Deep demande à recevoir une copie du scénario, et se montre très ému à lecture de ce dernier.

Il se présente à l'audtition sans grand espoir, puisqu'il est persuadé de ne pas être retenu vu la concurrence importante. C'est pourtant lui que Tim Burton finit par choisir, offrant ainsi au jeune acteur son premier grand rôle au cinéma.

Par extension, il recrute également, comme premier rôle féminin, Winona Ryder, alors la petite ami de Johnny Deep, avec qui il avait déjà travaillé sur Beetlejuice. la comédienne est ainsi préféré à Drew Barrymore, qui postulait également pour le même rôle.

Pour l'anecdote, Johnny Deep s'inspirera de la démarche et du style de Charlie Chaplin pour son rôle. 

Quant au reste du casting, il se compose de Dianne West (au sujet de laquelle Tim Burton expliquera : « Elle a été la première à lire le script, elle l'a soutenu totalement et elle est tellement respectée qu'une fois son accord donné, d'autres acteurs ont très vite manifesté leur intérêt »), Anthony Michael Hall (qui remplace Crispin Glover), Kathy Baker (qui voit dans son personnage de voisine lesbienne l'occasion de casser son image d'actrice dramatique et de percer dans la comédie), Alan Arkin (qui avouera avoir été un peu perplexe à la première lecture du scénario : " Rien n'avait de sens pour moi jusqu'à ce que je voie les décors. L'imagination visuelle de Burton est extraordinaire").

Quant au rôle de l'inventaire, Tim Burton le confie, comme un hommage, à Vincent Price, acteur qu'il admire depuis toujours et avec lequel il est devenu ami après l'avoir fait participer à son premier court métrage.

Ce sera d'ailleurs le dernier long métrage auquel participera le comédien qui décédera en 1993, soit deux ans plus tard.

Il faut noter qu'à l'époque de sa sortie, les responsables de la Fox furent très inquiet en raison de l'apparence de Johnny Deep dans le long métrage et tentèrent de maintenir au maximum le secret avant l'arrivé du film en salle.

L'histoire se déroule dans une banlieue fictive, au sommet de laquelle trône un étrange château, habité par un inventeur un peu fou.

Un jour, Peggy Blogs, représentante en produit de beauté Avon, décide de s'y rendre pour vendre sa marchandise. Elle y trouve un endroit délabré, dans lequel vit un drôle de personnage nommé Edward.

Il s'agit de la dernière création de l'inventeur, malheureusement décédé avant d'avoir pu lui greffer des mains. Solitaire et ne connaissant rien au monde extérieur, Edward est affublé de lames de rasoirs en guise de prothèses définitives.

Sa rencontre avec Peggy Blogs va changer sa vie. La mère de famille l'emmène chez elle ou il fait rapidement la curiosité de tout le quartier.

Edward découvre ainsi l'existence des humains, mais, également la manipulation, et les sentiments comme l'amour qu'il ressent rapidement pour Kim Blogs, la fille de Peggy.

Si cette dernière le regarde d'abord avec dédain (elle est d'ailleurs la seule alors que tout le monde, en particulier les voisines, le vénèrent), elle finit par s'attacher à lui et, lorsque les choses tournent mal, n'hésitera pas à le défendre.

Car, Edward va également découvrir la méchanceté humaine est ses atours peu reluisants.

Avec son quatrième film, Tim Burton s'attaque au principe de la normalité et du handicap. Son personnage centrale, Edward, est, en premier lieu, un naïf qui ne connaît rien du monde et, surtout, vit dans ses rêves (comme Tim Burton dans son adolescence).

Mais, le réalisateur s'attache également à dépeindre des personnages cupides (en particulier les femmes, prete à tout les ragots et les méchanceté alors que leurs mari vont, tous en même temps, au travail). 

Au passage, Tim Burton règle son compte au personnage de la bigote avec une scène savoureuse et méchante ou Edward taille, dans son massif, un énorme diable à corne que le femme découvre en ouvrant sa fenêtre.

Enfin, dans ce monde cruel, le réalisateur installe une très jolie histoire d'amour faisant penser à celle de La Belle Et Bête, signe qu'il y encore de l'espoir pour le genre humain.

Dans le personnage d'Edward, Johnny Deep est tout simplement parfait en commence une longue collaboration avec un réalisateur qui lui offrira quelques uns de ses meilleurs rôles.

Si elle n'est pas aussi juste dans son jeu que pour Beetlejuice, Winona Ryder ne démérite pas pour autant, tout comme le reste du casting, en particulier une Kathy Baker totalement à contre emploi.

En 2005, Edward Aux Mains D'Argent s'était retrouvé dans un classement comme l'un des films qu'il fallait absolument voir avant d'avoir 14 ans. Pour ma part, j'aurais tendance à le considérer comme un film culte qu'il fait visionner absolument. Un des meilleurs long métrage de Tim Burton que tout cinéphile se doit de connaître.