catslevania, saison 1

Durant de nombreuses années, les adaptations de jeux vidéo se sont multipliés sur grand écran, avec plus ou moins de réussite. Si le phénomène a, temporairement, cessé dans les hautes sphères d'Hollywood, il perdure dans le domaine des séries.

En juillet 2017, la plateforme Netflix met en ligne une nouvelle adaptation, sous forme d'animé, de la saga Castlevania, une série de jeux vidéo démarré en 1986 et qui compte, à ce jour, plus d'une vingtaine d'épisodes, sans compter les jeux annexes et les reboot.

Inspiré du Dracula de Bram Stocker, l'univers de Castlevania nous plonge dans le château du célèbre vampire, dans la peau d'un héros qui doit arpenter la bâtisse et finit par affronter le fameux comte.

L'ambiance y est sombre, violente et sanglante. Dans ces conditions, difficile d'imaginer la même chose dans une série.

Pour cette adaptation, les responsables de Netflix engagent Warren Ellis, un nom loin d'être inconnu que ce soit dans le monde du comic book ( il est l'un des créateur de Red, adapté au cinéma avec Bruce Willis), dans le jeux vidéo (il a travaillé sur Dead Space), ou dans le monde de l'animation (il a participé aux dernières séries sur Wolverine ou les X-Men).

Plutôt que de vouloir à tout prix condenser l'intégrale de la saga vidéoludique en une saison, Warren Ellis décide de se concentrer uniquement sur deux épisodes sortit à la fin des années 80 et 90, Castlevania 3 - Dracula's Curse et Castlevania Symphonie Of Night.

L'histoire de cette adaptation commence au 15ème siècle, en Valachie, une province de Transylvanie. Lisa, une jeune étudiante en médecine, se rend au château de Dracula. Sur place, elle finit par le convaincre de lui livrer ses connaissances en matière de science. Lisa espère surtout y trouver de quoi aider son peuple mourant.  

Fasciné par la détermination de la jeune femme, qui parvient à lui faire renoncer au sang humain et à la chasse, Dracula finit par en tomber amoureux et l'épouse.

Dix ans plus tard, alors que les exécutions pour sorcelleries se multiplient, Lisa meurt sur le bûcher devant une foule en liesse. Furieux, le comte apparaît alors et menace de déchaîner sa vengeance sur le peuple.

Il promet, passé une année, de détruire toute vie humaine en envoyant des armées de monstres venus des enfers. Au début, personne ne le prend au sérieux, et surtout pas le prêtre qui a fait exécuter sa femme.

Pourtant, quand la sinistre prédiction se révèle exact, toute la Roumanie sombre dans la terreur. Le seul espoir semble résider en la personne de Trevor Belmont, dernier descendant d'une longue lignée de chasseur de vampire.

Autant le préciser tout de suite, cette adaptation des jeux Castlevania n'est absolument pas destiné aux enfants, et se révèle, finalement, très fidèle aux jeux. Le moins que l'on puisse dire, c'est que les responsables ne se sont absolument censurés. C'est violent, même souvent très gore (nombreuses giclées de sang et autres membres arrachés au programme), et sombre.

Mais, ce qui frappe surtout, c'est le côté anti cléricale totalement assumé. Clairement, l'église en prend pour son grade dans cette première saison.

Déjà responsable de la colère de Dracula, le prêtre est ici montré comme un véritable fanatique, prônant la mise à mort de toutes les personnes ne vivant pas selon les règles établit, comme les prêcheurs nomades qui sillonne les routes en tentant d'amener un message de paix. L'ecclésiastique n'hésite pas à manipuler le peuple, en désignant de faux responsables. De son propre aveu, ayant accédé au rang de Pape, il entend "nettoyer" la Roumanie de toutes personnes ne correspondant pas aux règles de l’église, ce qui en dit long sur sa mentalité.

Mais, les autres membres du clergé ne sont pas mieux lotis, puisque ce sont avant tout des lâches. En témoigne le sort réservé à la famille du héros, Trevor Belmont. Ces derniers étaient d'efficace chasseurs de vampire ouvrant pour l'Eglise avant d'être répudié et chassé par cette dernière. Dégoutté par tant d'injustice, le jeune homme a abandonné ses armes et s'est noyé dans l'alcool, ne croyant plus en rien.

A ce titre, on peut remarquer le parallèle entre Trevor Belmont et Dracula, qui sont, tous deux, des personnages trahit par l'église. Quant aux villageois, ils sont désormais guidés par la peur et le fanatisme.

Cette première saison de Castlevania demeure vraiment réussie, le sang versé n'y empêchant pas la réflexion et la profondeur des personnages.

catslevania, saison 2

Place, maintenant, à la seconde saison, né du succès de la première. Pour l’occasion, les responsables doublent le nombre d’épisodes (on passe de 4 à 8) et une durée sensiblement rallongée (25 minutes, voir 30, au lieu de 20), tandis qu’en coulisse, Warren Ellis reste aux commandes du programme et piochent cette fois dans des jeux de la franchise vidéoludique comme Curse of Darkness.

On reprend avec une première scène qui nous montre les dernières heures de vie de Lisa, la compagne humaine de Dracula, avant son exécution.

Puis, on retrouve le trio de chasseurs de la saison 1, à savoir Trevor Belmont, Sypha, la prêtresse magicienne, et Alucard, le fils de Dracula, chassé par ce dernier après la mort de sa mère. Même si ils ont encore du mal à se faire confiance, l’humain et le vampire vont pourtant devoir s’unir dans leur quête pour tuer le comte.

Du coté de Dracula, ce dernier à rassemblé ses plus fidèles adeptes, comme Hector et Isaac. Ces derniers, bien qu’ils soient humains, partagent avec le vampire une haine sans borne pour cette race, car, tout les deux ont souffert de l’injustice barbare des hommes, le premier à cause de son don pour ramener les morts à la vie, et le second, parce qu’il est noir.

On trouve également, parmi les forces des ténèbres, Camilla, seigneur vampire venue d’une autre province pour exécuter les plans de Dracula. Du moins, en apparence, car, il apparaît vite que la perfide suceuse de sang à ses propres projets en tête.

Le fait d’avoir rajouté des épisodes est à la fois une bonne et une mauvaise chose. Bonne parce qu’elle permet de mieux développer les nouveaux personnages de cette saison (comme Hector et Isaac dont on découvre le passé et la façon dont Dracula les a recrutés), mais, aussi, mauvaise car l’histoire semble stagner durant une plombe pour nos héros.

Dans cette saison 2, ceux ci passent presque quatre épisodes dans une bibliothèque rassemblant toute la documentation amassée par la famille Belmont au cours des siècles, ceci afin de trouver le meilleur moyen de tuer le Comte Dracula.

Heureusement, l’action reprendra ses droits avec une bataille finale qui s’étendra sur trois épisodes.

En parlant du fameux vampire, c’est peut-être lui qui évolue le plus dans cette saison 2. Après l’avoir montré très en colère, on le découvre toujours aussi déterminer à tuer tous les humains de la planète, mais, également fatigué et, quelque part, attendant la mort comme une délivrance pour mieux rejoindre celle qui l’a changé à jamais.

Comme le lui fait remarque Camilla lors d’une scène, le vampire n’a jamais envisagé de transformer Lisa en créature de la nuit, ce qui dénote un énorme changement dans son attitude.

Le dernier épisode de cette saison 2 clôt l’histoire du Comte Dracula et de son fils Alucard sur une note tragique, tout en laissant la porte ouverte pour de nouvelles aventures qui attendent désormais Sypha et Trevor Belmont.

En bref, une saison 2 pas aussi convaincante que la première, malgré de nombreux bons moments, et des scènes toujours aussi gore qui demeure sympathique malgré une animation pas toujours à la hauteur (certains visages restent figés, comme celui de Sypha)

A l’heure actuelle, si une saison 3 a bien été annoncé, on ignore encore qu’elle en sera le scénario. Mais, ce qui est sûr, c’est qu’il s’agira d’un nouveau cycle, et vu le final de cette saison, les pistes sont nombreuses.