passengers

Dans les années 50, les films de science fiction était souvent l'apanage de petites productions cinématographiques, certains réalisateurs en profitant surtout pour y glisser des messages, notamment sous forme de pamphlet sur la guerre froide.

Puis, le genre à évolué avec le temps, les gros films sont apparus, laissant progressivement apparaître deux façons d'aborder la science fiction, souvent lié à la personnalité de leurs metteurs en scènes.

 

Il y a, d'un coté, les réalisateurs voulant injecter de la profondeur à leur scénario quitte à laisser les amateurs de scènes spectaculaire sur la carreau, ou les metteurs en scènes voulant tout faire exploser au risque de froisser les adaptes du réflexif. 

Certains cinéastes sont parvenu à allier les deux formes pour n'en faire qu'une seule, mais, ils ne sont pas nombreux.

C'est ce que tente de faire le réalisateur Morten Tyldum lorsqu'il tourne, en 2016, Passengers. Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'en se risquant à adapter Le Voyageur Gelé, une nouvelle du célèbre auteur de science fiction Phillip K. Dick paru au début des années 80, le metteur en scène ne choisit pas la facilité.

Ce n'est pas la première fois qu'une oeuvre du romancier est transposé sur grand écran. Blade Runner, Total Recall, Impostor (réalisé en 2002 par Gary Fleder avec Gary Sinise), Paycheck, The Truman Show, Planète Hurlante, L'Agence, font notamment partie des films adapté de l'univers de Philip K. Dick.

Avant de tourner Passengers, Morten Tydlum se fait connaître en 2014, avec Imitation Game, un biopic sur la vie du mathématicien Alan Turing.

Pour son second film tourné en langue Anglaise, le réalisateur Suédois embarque, cette fois, Chris Pratt et Jennifer Laurence pour un voyage dans l'espace pas toujours idyllique.

A noter que figurent également, dans la distribution, Michael Sheen, Laurence Fishburne et une apparition éclair d'Andy Garcia lors de la scène finale.

Le point de départ de Passengers est plutôt intriguant. L'histoire se déroule dans un vaisseau spatial, le Starship Avalon. Ce dernier fait route vers la planète Homestead II avec, à son bord, 5000 passagers civils et 258 membres d'équipage. La terre étant surpeuplé, le but, pour tout ces gens, est de construire une nouvelle colonie ou vivre.

Au cours d'un voyage qui doit durer 120 ans, tout le monde doit rester endormit dans sa capsule et n’est censé se réveiller qu'à quelques jours de l'arrivée vers la destination finale. Le vaisseau étant équipé d'un ordinateur autonome, aucun problème ne doit survenir. Pourtant, lorsqu'une météorite heurte le vaisseau, l'un des modules est soudainement déconnecté.

James Preston, un responsable de l'électronique et de l'informatique, se réveille soudainement. Il pense d'abord n'être plus qu'à quelques jours de l'arrivée, malheureusement, il va découvrir qu'il lui reste encore 90 années d'un long voyage. Complètement seul et prit au piège dans ce vaisseau immense, il finit par découvrir, parmi les autres passages endormie, une jeune femme du nom d'Aurora Lane. Prit de remords, mais, se sentant si seul, il finit par la réveiller.

James choisit de cacher la vérité à sa nouvelle compagne de voyage, mais, évidemment, celle ci finit immanquablement par l'apprendre et ne le vit pas très bien.

Pendant ce temps, le vaisseau commence à donner des signes de faiblesses, d'abord anodins, puis, plus important jusqu'a révéler de gros soucis qui pourrait bien le faire exploser.   

La construction du film est divisé en trois parties. D'abord, celle ou James Preston se réveille et vit seul sur le vaisseau durant 1 an, puis, la partie ou il réveille Aurora Lane et finit par vivre avec elle une histoire d'amour...Qui se brise, évidemment, lorsqu'elle apprend la vérité. C'est la qu'intervient la dernière partie voyant se rajouter un personnage de capitaine incarné par Laurence Fishburne et le quota d'action nécessaire avec les avaries du vaisseau.

Si je vous dit que, parmi les producteurs se trouvent un certain Neal H Moritz, responsable, notamment, de la saga Fast And Furious, il est facile d'imaginer ce qui doit rester de l’univers de Philip K. Dick. Le film bénéficie d’un scénario simplifié à l'extrême et ceux qui aiment la science fiction dans ce qu'elle a de plus complexe risquent de déchanter. Passengers est fait pour un public large (et notamment les adolescents). Est ce que ça en fait un mauvais film ? Pas du tout. L'ensemble est vraiment bien réalisé et les deux comédiens principaux sont parfait, notamment Chris Pratt dans un rôle très éloigné de celui qu'il tient dans Les Gardiens De la Galaxie.

Pour ma part, ce qui m'a le plus gêné avec le film de Morten Tyldum, c'est l'impression tenace que Passengers ne proposait finalement rien d'inédit. En gros, tout à déjà été fait et le scénario du long métrage se contente de recycler. Un exemple : Le personnage seul durant le premier tiers du film renvoie à Gravity (ou il s'agissait d'une femme), mais, surtout, à Je Suis Une Légende. D'ailleurs, dans cette partie, tout repose sur les épaules de Chris Pratt comme dans le long métrage de Francis Laurence avec Will Smith.

Bref, Passengers est une oeuvre particulièrement soignée à tout les niveaux, mais, qui manque d'originalité et s'oublie assez rapidement après visionnage. 

premier contact

Faisons maintenant un grand écart avec un autre film sortit en 2016, et classé, lui aussi, dans le genre science fiction, Premier Contact.

Cette fois, nous sommes à un autre niveau puisque le réalisateur Denis Villeneuve, à qui l'on doit notamment Prisonners ou Sicario, entend signer une oeuvre ambitieuse et quasi métaphysique.

Au casting, on trouve, notamment, Amy Adams, Jeremy Renner ou encore Forest Whitaker.

Le film est adapté d'une nouvelle de Ted Chiang, L'Histoire De ta Vie, écrite en 2015, par le scénariste Eric Heisserer, producteur et scénariste derrière des longs métrages comme Destination Finale 5 ou le remake/ prequelle de The Thing, daté de 2011.

Bref, pas forcement de quoi rassurer même si le réalisateur Denis Villeneuve n’est pas un novice derrière une caméra.

L'histoire tourne essentiellement autour d'une jeune experte en traduction, le Dr Louise Banks. Femme solitaire et célibataire enseignant dans un lycée, elle voit son quotidien bouleversé lorsque des militaires, travaillant pour le Colonel Weber, viennent lui demander de l'aide.

Douze vaisseaux extraterrestres viennent de se poser dans différents pays de la planète. Ils restent stationnés à quelques mètres du sol et personne ne connaît la raison de leur présence. le Dr Louise Banks, assisté d'un physicien théoricien nommé Ian Donnelly,  est donc chargée de le découvrir.

Elle se rend dans une base du Montana pour y commencer son travail, mais, découvre bien vite que l'ambiance générale est particulièrement houleuse, des émeutes ont déjà éclaté dans divers endroits et certains dirigeants commencent à parler de chasser les envahisseurs à coup de mitraillettes.

La jeune experte en traduction est loin d'imaginer jusqu'ou ses découvertes vont la mener, et à quel point certaines réponses vont la toucher de prêt.

Lors de la sortie de Premier Contact, le réalisateur Denis Villeneuve avait expliqué se foutre complètement de cette histoire d'aliens. Ce qui l'intéressait, c'était de faire un drame humain sur l'art du langage et la compréhension entre les civilisations.

Et, le moins que l'on puisse dire, c'est que cette déclaration prend véritablement tout son sens à la vision du long métrage. Si votre came, ce sont les films ou des extraterrestres vilains/pas beaux et des humains tout gentils se bombardent dans tout les sens façon Independance Day, alors, mieux vaut passer votre chemin.

Premier Contact est un film extrêmement contemplatif, au rythme très lent, calme et bardé de longs plans magnifiques et comme suspendu à travers le temps. Dans ce film, le personnage le plus important, celui qui est omniprésent et que le cinéaste ne lâche jamais, c'est celui jouée par Amy Adams, le Dr Louise Banks.

Sans trop en révéler, on peut dire que le film entier se déroule de son point de vue. Une femme qui va découvrir plus de choses sur elle même que ce qu'elle aurait pu imaginer et, surtout, découvrir quel est le sens de sa propre vie, sa destinée.

Dans la peau de ce personnage très loin des stéréotypes de ce genre de rôles (vous savez, le ou la spécialiste qu'on appelle en cas de problèmes et qui les résous trop rapidemment), Amy Adams démontre énormément de talent, bien plus que dans n'importe quel film qu'elle a pu tourner jusqu'ici, et se révèle souvent bouleversante.

De son coté, Jeremy Renner semble particulièrement heureux de jouer autre chose que le héros de service. Dommage que son personnage, si il a son importance, soit quelque peu relégué en second plan, puisque encore une fois, c'est celui incarné par Amy Adams qui prime.

Si le film reste assez compréhensible sur la durée, il est dommage que la dernière partie demeure aussi confuse. Malgré tout, le déroulement parait finalement logique (j'avais deviné qui était le père du bébé avant qu'il apparaisse).

Malgré tout, même si, en général, je préfère la science fiction beaucoup plus explosive, il m'est difficile de ne pas reconnaître les qualités évidentes de Premier Contact, un film ou l'émotion la plus pure prime sur le spectaculaire.