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Le début des années 80 est une période particulièrement faste pour le cinéma horrifique et fantastique. Un an après avoir prit dans la tronche des longs métrages comme The Shining de Stanley Kubrick ou Hurlements de Joe Dante, les amateurs de tripailles sanguinolente voit débouler un petit film tourné avec les moyens du bord par une poignée de véritables fans du genre. Son nom : Evil Dead.

Immédiatement, le succès est au rendez vous. Il ne faut pas longtemps pour qu’une suite soit lancée. Responsable du premier film, Sam Raimi en profite pour corriger ce qui ne lui plait pas. Résultat : il transforme ce second chapitre en remake du premier film, mais, échange le ton sérieux contre un humour macabre qui ne deviendra une sorte de marque de fabrique pour la saga.

Trente ans plus tard, alors qu’Evil Dead s’est enrichi d’un troisième épisode et d’un remake (auquel le réalisateur du premier film n’a participé qu’en tant que producteur), Sam Raimi, son frère Ivan, Robert Tapert et Bruce Campbell, soit la team gagnante incontournable de la franchise, offre enfin le Evil Dead 4 que les fans réclamaient depuis des années.

Sauf qu’il ne s’agit plus d’un long métrage, mais, d’une série télé. Refusé par la chaîne Netflix (qui démontre que, parfois, ses responsables n’ont pas forcement bon gout), le programme trouve refuge auprès d’une autre chaîne : Starz (autrefois diffuseur de l’anthologie Masters Of Horror).

Immédiatement, les responsable de la Network acceptent de laisser la liberté totale à Sam Raimi et son équipe, condition non négociable à la création de la série.

Rebaptisé Ash vs Evil Dead, l’histoire de la première saison reprend essentiellement ses racines dans la mythologie des deux premiers films, L’armée Des ténèbres, le troisième opus, n’étant mentionné que partiellement lors d’un épisode.

Toujours fidèle au poste, Bruce Campbell reprend son rôle le plue célèbre. Il est cette fois entouré de Ray Santiago, Dana DeLorenzo et surtout, Lucy Lawless, femme de Robert Tapert à la ville, et qui est devenu célèbre en incarnant l’éternelle princesse guerrière Xena dans la série du même nom.

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L’histoire d’Ash Vs Evil Dead se déroule tente ans après les évènements de la cabane maudite.  On retrouve donc Ash Williams vivant comme un ermite dans une caravane, dont il ne sort que pour aller bosser dans un magasin.

Un soir, alors qu’il est avec une fille en train de se défoncer, il cède aux demandes de la demoiselle et lui lit quelques lignes du Necronomicon qu’il possède toujours.

Résultat : les démons se réveillent et le foutoir recommence. Accompagné de Kelly Maxwell et Pablo Bolivar, deux de ses collègues de boulot, Ash va devoir à nouveau combattre le mal, ce qui passera notamment par un retour en direction de la cabane maudite. Pendant ce temps, Amanda Fisher, une jeune flic ayant vu son collègue se faire massacrer, se lance sur les traces d’Ash, persuadée qu’il est responsable de tout, qu’il est dangereux et, donc, qu’il lui faut l’arrêter. En chemin, elle croisera notamment Ruby Knowby, une femme étrange et une combattante redoutable qui semble en savoir beaucoup sur le Necronomicon et prétend vouloir se venger d’Ash. Une virée cauchemardesque commence ou tout ne se passera pas forcement comme prévu.

Comme il fallait s’y attendre, avec cette déclinaison en série, Sam Raimi et son équipe préfèrent persévérer dans le mélange horreur/humour noire qui à fait le succès de la franchise, plutôt que revenir au ton sérieux du premier film.

Réalisateur du pilote, le cinéaste lance d’emblée les hostilités. La première scène se déroule à la nuit tombée dans une maison plongé dans le noir, et montre deux flics face à une femme devenue un démon. Une scène d’anthologie qui démontre que, même après avoir réalisé quelques blockbusters, Sam Raimi est resté le même que dans les années 80.

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La première saison comporte plusieurs autres moments marquant comme le repas familiale qui  dégénère ou encore quand nos héros font une pause dans un resto et que les démons viennent leurs chercher des noises, transformant l’instant de tranquillité en bataille virant au bain de sang, l’occasion de voir un adolescent qui finira explosé contre un ventilateur.

La première saison finira en apothéose, prélude à une nouvelle fournée d’épisodes encore plus fous.

Sur la forme, l’une des particularité de la série tient à la durée des épisodes, dont la plupart n’excèdent pas 25 minutes. Un choix qui peut surprendre tant ça peut parfois sembler court.

Personnellement, même si j’ai prit beaucoup de plaisir à visionner cette première saison, j’aurais tout de même un léger reproche à faire. Malgré le fait qu’Ash soit un véritable idiot, souvent à coté de la plaque, et incapable de réussir quoi que ce soit (ce qu’il n’était pas dans le premier film, mais, qu’il est devenu à partir d’Evil Dead 2), il reste sympathique (et l’énergie déployé par Bruce Campbell pour incarner ce personnage y participe grandement). Mais, c’est moins le cas de ces deux acolytes qui ne sont guère plus doué que lui. Je trouve qu’il est plus difficile d’adhérer à la bêtise de Pablo et Kelly, deux personnages qui passe beaucoup de temps à se disputer, notamment au sujet de leurs sentiments mutuelles.

Heureusement, il y a Amanda, la femme flic, et surtout Ruby Knowby. Avec ce rôle aussi actif que mystérieux, les responsables de la série offre l’occasion à Lucy Lawless d’incarner un nouveau personnage fort.

En résumé, malgré ses défauts, cette première saison d’Ash Vs Evil Dead demeure un vrai bonheur et se doit d’être découvert par tout fan de la saga qui se respecte, ou simplement ceux qui veulent se taper un bon délire gore et, surtout, entièrement libre.