Afficher l'image d'origineOeuvre venu d'Autriche, Goodnight Mommy fait partie de ces longs métrages dont la réputation s'est essentiellement acquise grâce au buzz des festivals ou le long métrage à été projeté.

Un bouche à oreille extrêmement favorable qui incite à la méfiance, car, ce sont parfois les films survendus à outrance qui s'avèrent, au final, les plus décevants.

C'est en regardant une émission de télévision consacré à la chirurgie que Veronika Franz et son frère Severin Fiala ont l'idée du long métrage : "On est tombé sur une émission dédiée aux opérations de chirurgie esthétique. Celle-ci prévoyait des transformations totales : nez, cheveux, tout le visage...Les personnes opérées sont séparées quelque temps de leur famille, pendant l'opération. Ils ne la retrouvent qu'ensuite. Un jour, on a vu une fillette s'écrier : mais ce n'est pas ma mère ! C'était le point de départ de note film.

Munis d'un budget modeste, le duo s'attelle à l'histoire de la famille Trapp. Il y a les jumeaux, Lukas et Elias, deux gamins de dix ans qui viennent d'être confié à leur mère après une période difficile.

Tout commence lorsque cette dernière revient de l'hôpital. Très vite, le comportement de la jeune femme parait suspect aux enfants, et ces derniers se persuadent vite que la personne qui vit avec eux n'est pas leur mère. Une situation qui ne va faire que s'envenimer jusqu'a plonger toute la famille dans un véritable cauchemar.

Avec Goodnight Mommy, Veronika Franz et Severin Fiala ont d'abord pour ambition d'assener quelques coups de canif dans le mythe de la famille parfaite, ceci dés la première scène ou une fois passé l'extrait d'un vieux film ou une femme chante un air traditionnel Autrichien, on bascule dans une réalité beaucoup moins joyeuse.

Vivant dans une maison quelque peu isolée, Lukas et Elias semblent d'emblée, évoluer dans leur monde. Lorsque leur mère revient à la maison et établie de nouvelles règles qui peuvent sembler étrange (elle ne veut recevoir aucune visite et impose le silence absolu dans la demeure), les deux enfants commencent à douter, d'autant qu'elle semble vouloir tout tenter pour les séparer.

Les jours passent et les garçons acquièrent progressivement la certitude que la femme qui vit avec eux n’est pas leur mère. Ils tenteront bien de demander du secours à l’extérieur, mais, personne ne veux les croire. Jusqu'à ce qu’Elias se décide à agir en commettant l’irréparable.

Durant la première partie du film, les auteurs laissent planer le doute sur l’identité de cette femme étrange au visage bandé et au comportement mystérieux. On pénètre ainsi dans un univers à la lisière du fantastique et du suspense, le tout renforcé par une ambiance de plus en plus menaçante.

Malheureusement, tout se détraque dans la seconde partie, le climat angoissant disparaît et cède la place progressivement aux poncifs du torture porn, lorsque la femme est attaché par son fils, puis torturé afin de la faire avouer sur son identité.

Goodnight Mommy perd alors tout son intérêt, et il est franchement regrettable que les responsables ne soit pas parvenus à maintenir la cap sur la durée, cédant trop vite à la facilité. Reste la composition impeccable des acteurs, notamment les deux garçons incarnant les jumeaux.

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Tourné en 1972 par Robert Mulligan, L’autre est une œuvre particulièrement méconnu et qui, pourtant, demeure une véritable réussite.

Peu de comédien célèbres au casting, hormis, peut ètre, John Ritter dans un de ses premiers rôles.

Nous sommes en 1935, dans une ferme du Connecticut. Deux jumeaux, Niles et Holland Perry, semblent s’amuser ensemble innocemment. Malgré leur ressemblance, les enfants révèlent bien vite des caractères diamétralement opposé. Le premier est un garçon doux et calme, tandis que son frère semble beaucoup plus dominateur.

Dans ce bel été ensoleillé, au cœur de la campagne, la vie semble s’écouler paisiblement. Mais, bientôt, dans la ferme, une succession d’accident impliquant les membres de la famille, ainsi que le voisinage, se produisent, le tout sous le regard de Niles qui semble détenir un étrange secret.

Adapté d’un roman du comédien Tom Tryon par l’auteur lui même, L’autre est une œuvre étrange jouant plus sur la psychologie que les effets chocs.

Robert Mulligan nous fait penetrer dans le monde singulier des jumeaux, à travers la relation particulière, et parfois dangereuse, qu’ils entretiennent.

Personnage centrale de toute l’histoire, le jeune Niles est un enfant totalement soumis aux caprices de son frère, qui en fait parfois son souffre douleur. De son coté, Holland est un être manipulateur dont la présence, durant le film, semble quasi fantomatique.

Dans les rôles principaux, Chris et Martin Udnarvosky sont absolument parfaits et leur composition rèste en mémoire longtemps après le visionnage du film.

Même si le retournement de situation peut facilement se deviner bien avant qu’il ne soit dévoilé (le réalisateur parsème le film d’indices, comme cette chambre d’enfant qui ne contient qu’un seul lit, ou la mère des jumeaux qui refuse de parler d’Holland), le film oscille entre la fascination et le malaise progressif, à l'instar de ce jeu bizarre que la grand mère de Niles impose à son petit fils.

La scène finale, aussi effrayante que réussi, achève de faire de ce film un grand long métrage du genre. Une œuvre profonde, atypique et pleine de sens, à redecouvrir.