99333060Après avoir multiplié les expériences professionnelles durant presque quinze ans, notamment en tant qu'animateur sein de la prestigieuse Toeï, Hayao Miyazaki réalise son premier long métrage à la fin des années 70 avec Le Chateau De Cagliostro, puis, quelques années plus tard, c'est au tour de Nausacaa De la Vallée Du Vent. Le succès de ce second film va permettre au réalisateur de monter, en association avec son camarade Isao Takahata, le studio d'animation Ghibli, principalement axé, comme l'explique Myiazaki, sur la création de longs métrages.

Une décision d'importance dans un pays ou l'animation de l'époque se limite presque exclusivement aux séries et OAV.

Premier long métrage Gihbli à sortir en plein mois d'aout 1985, Le Château Dans Le Ciel est avant tout une oeuvre aux multiples influences, notamment littéraires, puisque Hayao Miyazaki souhaite s'inspirer de l'oeuvre d'un de ses auteurs préférés, Jules Verne, notamment Le Voyage De Gulliver, d'ou il reprend l'idée de l'ile volant dans le ciel, évoqué dans le livre.

Une autre influence provient de sa jeunesse, puisque le metteur en scène est resté fasciné par une bande dessinées de son enfance, qui  parlait d'un médaillon aux pouvoirs magiques. D'ailleurs, le premier titre envisagé pour le long métrage fut Le jeune Pazu et le mystère de la pierre volante avant que le réalisateur n'opte pour Le Château Dans Le Ciel.

Enfin, Hayao Miyazaki expliqua également s'ètre inspiré de sa propre mère pour le personnage de Dora, la chef des pirates. A noter que le film, malgré sa sortie au Japon en 1986, n'arriva véritablement en France qu'en 2003 ou il fut exploité pour la première fois en salle, après que les sorties consécutives de Princesse Mononoke et Le Voyage De Chihiro ait véritablement révélé le talent du metteur en scène à la face du monde.

Le Château Dans Le Ciel est d'abord l'histoire d'une rencontre, entre Pazu, un jeune garçon orphelin vivant dans un village de mineur, et une jeune fille, Sheeta, tombé un soir du ciel et atterrit dans les bras du garçon.

Dés lors, les deux enfants deviendront inséparables. Mais, Sheeta est la proie de nombreuses convoitises, en raison du médaillon magique qu'elle porte au cou et qui lui a été légué par sa famille.

Car, l'objet peut indiquer la direction d'une île volante dans le ciel. Une légende pour certains et une réalité pour d'autres, comme Muska, un agent secret, bien décidé à trouver cette endroit et en devenir le maître, ou Dora et sa bande, des pirates appâté par les richesses que recèleraient ce lieu.

Pazu et Sheeta vont devoir affronter de nombreux dangers, et leur amitié sera parfois mise à rude épreuve. Mais, leur voyage s'averera souvent inattendu et magique.

Autant le dire, si j'aime toutes les oeuvres réalisé par Hayao Miyazaki, j'ai une tendresse particulière pour Le Château Dans Le Ciel et pour son parfum d'aventure à l'ancienne renvoyant aux oeuvres de Jules Verne.

Il est certains que, sur la forme, Miyazaki ne cherche pas à révolutionner le genre. Le Château Dans Le Ciel contient tout les ingrédients connu sans chercher à en faire plus. On a ainsi un méchant très méchant, une pointe d'humour, beaucoup de péripéties et de bons sentiments, à l'image du lien unissant Sheeta et Pazu qu'on peut, à juste raison, assimiler à de l'amour.

Pourtant, si il y a bien une oeuvre ou la recette fonctionne parfaitement, c'est bien Le Château Dans Le Ciel qui reste un divertissement comme on en voit peu.

Un long métrage ou le réalisateur parvient à rendre immédiatement attachants et crédibles ces deux enfants, notamment Pazu, dont le père est mort dans la honte et le chagrin après avoir été traité de fou suite à ses affirmations concernant l'île volante, Laputa, et qui cherche à prouver qu'il disait vrai.

Le Château Dans Le Ciel contient la plupart des thèmes qu'Hayao Miyazaki développera par la suite, dont son amour pour l'aviation.

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Malgré ses qualités évidentes, Le Chateau Dans Le Ciel ne connaît qu'un succès très moyen à sa sortie en salle, pas suffisant en tout cas pour apporter la consécration au nouveau studio. C'est véritablement deux ans plus tard, avec Mon Voisin Totoro, que l'entreprise Ghibli prend son essor.

L'idée de ce nouveau long métrage traîne dans la tète du réalisateur depuis de nombreuses années, mais, jusqu'alors, Hayao Miyazaki n'avait jamais pu concretiser son rève, aucun responsable n'acceptant de le suivre.

Pour l'anecdote, Mon Voisin Totoro restera inédit chez nous jusqu'en 1992 ou il commencera à être projeté dans des festivals. Malgré tout, il faudra attendre 1999 pour que film soit, enfin, disponible en vidéo. Quant à la sortie DVD, elle se fera en 2006, soit 18 ans après la première projection du film au Japon.

A noter, également, qu'Hayao Miyazaki offrira une suite dérivé à son film, sous forme de court métrage, en 2003. Relatant une aventure entre la jeune Mei Kusakabe et le chat bus, cette fiction n'est, pour le moment, visible qu'au Japon, dans le musée Ghibli.

L'histoire suit un père de famille et ses deux filles, Satsuki et Mei, qui vient s'installer à la campagne pour se rapprocher de son épouse malade. En explorant le jardin, l'une des deux fillettes fait la connaissance d'une créature étrange, un Totoro, l'équivalent de nos lutins, en plus gros et imposant. le Totoro protège la foret, en compagnie d'une ribambelle d'autres petites créatures qui lui ressemble.

Les deux gamines vont alors faire la connaissance d'autres créatures fantastiques, tels que le Chat-Bus, et vivre une aventure hors norme, notamment quand l'une des fillettes disparaît.

Mon Voisin Totoro se détache de la filmographie d'Hayao Miyazaki par sa simplicité. Le réalisateur signe une oeuvre extrêmement légère, capable d'ètre apprécié par de très jeunes enfants, sans pour autant sombrer dans la niaiserie ou le débilité. 

Il s'agit également d'un film ou le maître de l'animation Nippone brode une fois de plus sur un thème qui lui est important : L'écologie, à la différence qu'ici, contrairement à beaucoup d'oeuvre du réalisateur, les humains et les créatures vivent en harmonie, et qu'il n'est jamais question de destruction de cette harmonie.

Sur un scénario ne ménageant pas forcement beaucoup de péripéties, Hayao Myiazaki parvient à tenir l'attention du  spectateurs en lui offrant un voyage. 

Proche de ses personnages et parfois auto biographique, notamment via les symptômes dont souffre la mère de Satsuki et Mei, cachant une tuberculose dont mourus la mère du réalisateur, Mon Voisin Totoro n'est pas le meilleur film du réalisateur, et on peut aisément préférer des oeuvres plus exigeantes.

C'est mon cas, mais, ce cru du réalisateur reste tout de même parfaitement recommandable et peut aisément s'apprecier si on a gardé une certaine âme d'enfant, ou plus simplement si on veut faire voir à son enfant un bon dessin animé.