Ca va peut ètre surprendre, mais, je ne fait pas partie des grands admirateurs de Louis De Funès. Pourtant, je lui reconnais un certain talent et j'avoue particulièrement aimer certains de ses films. Hibernatus, qu'il tourne en 1969, en fait partie.

C'est la seconde fois que De Funès est dirigé par Edouard Molinaro. Leur première collaboration, Oscar, tourné deux ans auparavant, ne s'était pas vraiment faite dans la bonne humeur, le comédien reprochant au réalisateur de ne pas rire à ses mimiques, y comprit en dehors des prises. Louis De Funès ayant besoin d'avoir du public et d'ètre drôle en permanence, ce fut, pour lui, un véritable camouflet.

Pourtant, les deux hommes travaillent de nouveau ensemble sur Hibernatus, adapté d'une pièce de théatre. Avec ce nouveau long métrage, De Funès espére reiterer le succès d'Oscar, ce qui sera le cas.

Outre Louis De Funès, on retrouve au casting des fidèles du comédiens : Claude Gensac, Paul Preboist, Claude Piéplu, Michael Lonsdale, mais, également Olivier De Funès, le propre fils du comédien (dans le rôle de son fils) ainsi qu'Annick Alane et son enfant, Bernard Alane, comédien ayant fait également une jolie carrière dans le doublage (il est la voix régulière de Stanley Tucci, mais, a également doublé Ray Liotta, Kevin Spacey dans Seven ou Jonathan Hyde dans La Momie, sans oublier le personnage du chat Snowbell dans les Stuart Little, vous le connaissez également à cause de la pub pour Feu Vert, puisque c'est lui qui fait la voix du félin).

L'histoire tourne autour d'un industriel bourgeois, Hubert Barrière De Tartas et de sa famille. Alors mème que la télévision annonce la découverte d'un corps congelé retrouvé au Groenland, le chef d'entreprise attend avec ferveur de recevoir les Palmes Académiques.

Lorsqu'il reçoit enfin un courrier du ministère de l'interieur, il est aux anges. Sauf que c'est pour lui annoncer une tout autre nouvelle puisque l'hibérné à été identifié. Il s'agit du grand père d'Edmée, la femme d'Hubert.

Les médecins sont formelles : L'homme est réveillé et se croit toujours en 1905 et il ne faut, sous aucun prétexte, lui révéler la vérité.

Pressé par sa femme qui souhaite retrouver son grand père, Hubert décide de récupérer le corps. Si les médecins sont contre, ils devront finalement s'y résoudre, l'hibérné, en fait Paul Fournier, voulant rentrer chez lui.

C'est le début d'un véritable mensonge puisque tout le quartier est transformé comme au 19 ème siècle, tandis qu'Edmée va jouer le rôle de la mère de Paul et Hubert, l'amoureux voulant épouser cette dernière. Une véritable farce dans laquelle rien ne va se passer comme prévu.

Le moins que l'on puisse dire, c'est que cette comédie n'a pas prit une ride, grandement aidé par un Louis De Funès particulièrement en forme et malgré un coté très théâtre filmé (surtout à partir du moment ou l'action rèste uniquement dans la maison).

Il ne faut pas oublier non plus Paul Preboist, génial en sérviteur fidèle parfois un peu dépassé par les évènements (le début lorsqu'il fait des passages à répétitions devant Hubert qui tente de prononcer son discours est digne d'une séquence d'un bêtisier) et Claude Gensac, sans oublier l'excellent Claude Piéplu, dont le rôle est assez mineur, mais, tout de mème amusant.

Au final, Hibernatus fait partie des très bon crus de Louis De Funès. Une très bonne comédie, amusante et très réussi avec des acteurs très en forme.

Afficher l'image d'origineAutre long métrage du comédien pour lequel j'ai beaucoup d'affection, La Soupe Aux Choux. Certes, le film n'a rien d'un chez d'oeuvre et s'inscrit plus dans la tradition de la comédie franchouillarde à l'humour parfois gras (la scène de pets), mais, ça rèste une oeuvre pour laquelle je garde une certaine affection, sans doute incomprehensible pour certains.

A l'origine, il s'agit d'un roman de l'auteur René Fallet écrit en 1980. Ce n'est pas la seul adaptation des écrit de l'auteur pour le cinéma, on pourrait citer également Le Triporteur ou Les Vieux De La Vieille.

Mais, Le Soupe Aux Choux reste assurément la plus connu et c'est grace à son fils qui lui conseille de lire le roman tout en expliquant qu'il ferait un très bon film, que Louis De Funès, emballé par l'histoire, se met à l'écriture d'un scénario en compagnie de celui ci (qui officie sous le pseudonyme de Jean Halain).

Le projet lancé, Louis De Funès décide, pour lui donner la réplique, de contacter un des anciens membre de la troupe des Branquignoles, dont lui même fit partit : Jean Carmet. Celui ci accepta de jouer le rôle de Francis Cherasse, le meilleur ami de Claude Ratinier, le personnage joué par De Funès. Quand à l'extraterrestre, l'acteur choisit un jeune comédien pas vraiment remarqué jusqu'ici : Jacques Villeret.

Pour l'anecdote, Louis De Funès aurait confié au comédien juste après l'avoir engagé : « Cela peut être un très grand rôle pour vous, mais cela peut aussi être la fin de votre carrière ».

Heureusement pour l'interprète de l'extraterrestre, ce sera finalement la première solution. Pour le rèste de la distribution, on retrouve aussi Claude Gensac, grande complice de Louis De Funès dans de nombreux films et qui joue ici un petit rôle de voisine trop curieuse.

Enfin, pour réaliser le film, l'acteur choisit un de ses vieux ami, Jean Girault, avec qui il à déjà tourné les épisodes de la série des Gendarmes et qui décédera justement lors du tournage du dernier épisode : Le Gendarme Et Les Gendarmette qui sera aussi le dernier film de Louis De Funès.

A noter, pour finir, que la soucoupe volante du film a été créé par le responsable des décors de Krypton sur le film de Richard Donner : Superman.

Pour en revenir à La Soupe Aux Choux, l'histoire se déroule dans un petit village du Bourbonnais, ou vivent Claude Ratinier dit « Le Glaude » et Francis Cherasse dit « Le Bombé » ou « Cicisse », deux paysans qui passent leur journée entre menues travaux et grosse cuites.

Un soir, alors qu'il viennent de pèter joyeusement sous les étoiles et s'apprêtent à se coucher, un extraterrestre venu de la planète Oxo débarque. « Le Glaude » l'invite alors chez lui et lui fait découvrir sa fameuse soupe aux choux avant que l'invité ne reparte en emportant un peu de ce repas. Pendant ce temps, « Le Bombé » à été figé sur place.

Le lendemain, tandis que les gendarmes voient arriver deux personnes venant témoigner qu'ils ont vu un extraterrestre la veille au soir, « Le Glaude » se demande si il reverra un jour celui qu'il a surnommé affectueusement « La Denrée ».

Ce sera le cas plusieurs fois par la suite. Celui ci décidera même de faire un geste pour son ami en ressuscitant sa femme décédé, Francine. Mais, pour cela, il prendra modèle sur une photo ou la dame est âgé d'une vingtaine d'année. « Le Glaude » se retrouvera ainsi face à une jeune fille bien décidé à profiter de la vie et qui ne tardera pas à le quitter pour un plus jeune.

Un soir, l'extraterrestre débarque en proposant que les deux hommes viennent sur sa planète, ce que Claude Ratinier refuse catégoriquement. La suite des évènements va pourtant le faire changer d'avis lorsque des travaux sont entrepris prêt de leurs maisons et qu'ils se retrouvent entouré d'un grillage et face à un parc d'attraction.

C'est donc un film alternant le comique (les scènes de pets sous les étoiles, les enguelades entre « Le Glaude » et son ami « Le Bombé ») et le drame (lorsque Claude Ratinier parle de sa femme et que celle ci revient, le coup du grillage et des gosses jetant toute sorte de choses aux deux hommes).

Les acteurs sont tous absolument parfait et le film reste très fidèle au livre d'origine, reprenant même certains dialogues. Pour autant, La Soupe Aux Choux est loin d'être une comédie inoffensive. Car, au dela de la drôlerie de certaines situations, le film est aussi une critique sur le lien entre génération et surtout à quel point les personnes âgées peuvent être mal considéré dans notre société, et notamment par les plus jeunes (voir l'attitude du maire du village lors des scènes finale). Enfin, l'œuvre est un amère constat sur le temps qui passe.

Comme je l'ai dis plus haut, si ce n'est sans doute pas le meilleur film de Louis De Funès, mais, ça reste une œuvre pour laquelle j'ai une immense tendresse.