Afficher l'image d'origineMine de rien, lorsque Old Boy sort en 2004, cela fait alors onze ans que son réalisateur, Park Chan Wook, accumule les moyens et longs métrages.

Mais, c'est véritablement avec ce qui reste d'abord comme le second opus d'une trilogie basé sur des histoires de vengeance (Old boy se situe après Sympathy For Mr Vengeance, tourné deux ans avant, et sera suivit de Lady Vengeance, en 2005) que le metteur en scène va connaître la reconnaissance, mais aussi, la polémique puisque le film s'inscrit comme une oeuvre extrêmement sombre et surtout violente.

Adapté d'un manga en huit volumes, l'histoire tourne autour d'un homme, Oh Dae-Soo, professeur de son état. Un soir de beuverie avec un de ses amis, il disparait subitement. Quelques temps plus tard, sa femme est assassinée et des preuves l'incrimine directement.

En vérité, Oh Dae-Soo est enfermé dans une petite pièce dont il ne sortira que quinze ans plus tard. L'homme ignore totalement les raisons de son incarcération forcée, ainsi que les noms des personnes responsable de cet acte. Tout ce qu'il ressens lorsqu'il se retrouve, par hasard, libéré, c'est l'envie de vengeance envers ceux ayant détruit sa vie. Mais, Oh Dae-Soo va vite se rendre compte que son emprisonnement n'était, en vérité, que le début de son calvaire.

A sa sortie, Old Boy provoque un véritable électrochoc, y comprit au festival de Cannes 2004 ou il obtient le grand prix des mains d'un Quentin Tarantino qui confira par la suite que le film faillit décrocher la palme d'or, attribué finalement par décision du jury à  Fahrenheit 9/11 de Michael Moore.

Que les choses soient clairs : Si vous attendez d'Old boy un pur film de vengeance sanglant dans la lignée d'oeuvre du type Un Justicier Dans La Ville, vous risquez fortement d'être déçus. Car, ici, la violence est finalement beaucoup plus psychologique que véritablement physique, même si il y a quelques passages sanglants. Le long métrage de Park Chan Wook possède un aspect assez unique, et c'est sans doute ce qui le rend aussi puissant.

Dans Old Boy, il n'y a aucun héros. Le personnage centrale, Oh Dae-Soo, est d'abord présenté d'entrée comme un véritable raté, un soûlard sans aucune envergure qu'on devine mauvais mari et père absent. Son incarcération forcée ne le transforme pas pour autant en sur homme, juste vivant dans l'espoir d'une libération. A sa sortie, Oh Dae-Soo est désormais ivre de vengeance. Sauf que ses commanditaires semblent à chaque fois plus malins que lui. Dés lors, l'ancien professeur est certes une créature forgé par la haine, mais, apparaît surtout tel un pantin dont de mystérieux individus tirent les ficelles à leurs guises.

Et lorsque Oh Dae-Soo en vient finalement à la confrontation finale avec le grand responsable de son cauchemar, Park Chan Wook choisit de déjouer l'attente du spectateur, qui, à ce moment la, voudrait que l'homme élimine sauvagement le méchant de l'histoire. Au lieu de ça, l'ancien professeur apparaît encore plus pitoyable et presque grotesque, face à un type certes, cruel, mais, surtout touchant. Le réalisateur manipule ainsi le spectateur et le pousse à haïr celui qui a été présenté jusque la comme le personnage centrale de l'histoire, au détriment de l'énnemi dont on regretterait presque la fin.

Old Boy n'est pas une oeuvre parfaite sur tout les points, et certains éléments ou personnage, comme le garde du corps, ou la scène du poulpe dans le restaurant, demeure totalement inutile. Mais, le film de Park Chan Wook, malgré un rythme parfois en dent de scie, demeure une oeuvre choc et singulière, abordant des thèmes généralement tabou dans le cinéma occidental.

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On retrouve d'ailleurs l'un de ses thèmes dans Stocker, premier film Américain du réalisateur. Ce dernier mets en image un scénario ultra convoité par le tout hollywood depuis un moment, et écrit par Wenworth Miller, l'acteur révélé par la série Prison Break et revu récemment dans une autre série, Flash.

Dés son arrivée sur le projet, Park Chan Wook s'approprie le projet en faisant remplacer le compositeur Philip Glass, initialement engagé, par Clint Mansell. Quant au casting, il est notamment composé de Mia Wasikowska, Nicole Kidman, Dermot Mulroney, la comédienne Française Judith Godrèche et enfin l'acteur Britanique Matthew Goode.

A noter également la participation du réalisateur et scénariste Harmony Korine, connu, entre autre, pour son film Spring Breakers sortit en 2012. Le titre du film est également le nom de la famille dépeinte dans le long métrage. India Stocker, une adolescente, vit paisiblement avec sa mère Evelyn et son père, qu'elle adore, Richard. Mais, le jour ou ce dernier meurt aussi subitement que mystérieusement, c'est le choc pour India. Comme si ça ne suffisait pas, voila qu'un supposé oncle que ni elle, ni sa mère, ne connaissait, se présente à l'enterrement.

L'homme prétend s'appeller Charlie et affiche dés la départ une attitude qui provoque la méfiance d'India. L'oncle providentiel ne compte pourtant pas se limiter à un simple passage lors de funérailles, et, bientôt, s'installe avec Evelyn et sa fille, au grand désarrois de cette dernière.

Commence alors une sorte de huit clos étrange entre Charlie, dont le comportement occille entre la manipulation et la violence, sous couvert de calme et de séduction et India dont les sentiments varient entre la méfiance et le trouble d'une certaine attirance purement sexuelle, sans parler de la mère qui ne mets guère de temps à oublier son défunt époux en succombant au charmes de l'oncle.

Stocker est le cas typique de l'oeuvre totalement transcendé par le talent de son metteur en scène, qui en profite pour rendre hommage à l'un de ses réalisateurs fétiches : Alfred Hitchcock.

Le film est également porté par le talents de comédiens totalement en états de grâce, en particulier Matthew Goode qui incarne un personnage totalement insaisissable jusqu'a la révélation finale, qu'on pourrait rapprocher de celle d'Old Boy.

N'oublions pas non plus Nicole Kidman, ici aussi belle que naïve, et Mia Wasikowska, dont le comportement parfois limite psychopathe, notamment lorsqu'elle blesse un camarade qui tentait de la serrer d'un peu trop prêt, rajoute encore au trouble ambiant.

Avec Stocker, Park Chan Wook démontre une nouvelle fois son talent en transformant ce qui n'aurait pu être qu'un simple commande aboutissant un thriller comme il en existe beaucoup, surtout dans le cinéma Américain, en film totalement prenant du début à la fin et dont la dernière image vous achève littéralement. Vous l'avez comprit, j'ai adoré ce film.